Critique de film

Thaw (The)

"The Thaw"
affiche du film

Alors qu'ils découvrent le cadavre d'un mammouth lors d'une expédition en Arctique, des étudiants libèrent un parasite préhistorique hautement mortel. Leur devoir est maintenant d'empêcher le danger de menacer notre civilisation.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Thaw - Dégel meurtrier
Par : Fred Pizzoferrato

Il est souvent surprenant, pour ne pas dire un peu triste, de retrouver certains acteurs populaires voici une dizaine d’années au sein de petites productions destinées à échouer sur les étagères de vidéoclubs. A 50 ans tout pile, Val Kilmer (jadis Batman et Le Saint quand même !) incarne donc le Dr David Kruipen, un scientifique effectuant des recherches sur le réchauffement climatique au cœur des étendues glaciales du Canada. Là, le savant et sa petite équipe déterrent les restes d’un mammouth, lequel libère des insectes redoutables dont la particularité est de pondre leurs œufs à l’intérieur des corps humains. Une infection qui finit, à terme, par tuer l’hôte des parasites. Le Dr Kruipen tente de circoncire l’épidémie et demande instamment à sa fille, censée le rejoindre avec trois étudiants en science, de rester à l’écart. Mais la demoiselle n’écoute pas son papa et tous se retrouvent dans la station, menacés par les insectes, et privés de tout secours possible.

Second long métrage du réalisateur et scénariste Mark A. Lewis, The thaw utilise adéquatement la crainte du réchauffement climatique et les dangers liés à la pollution, à la manière des films de science-fiction des années 50 traitant du péril nucléaire. Le métrage s’inscrit donc dans une tradition quelque peu « rétro » et s’inspire bien évidemment de The thing, pour le cadre polaire et la paranoïa grandissante des « héros ». Notons aussi l’influence évidente d’un des meilleurs épisodes de la première saison de X files (« Ice ») mais aussi, plus lointainement, de certains films de monstres des seventies comme Prophecy ou L’invasion des profanateurs.

En dépit de ces références, appuyées et évidentes sans toutefois être écrasantes, The thaw se révèle efficace et plutôt bien écrit. L’action, confinée dans une station scientifique isolée, joue la carte de l’isolement et de la paranoïa tandis que les personnages, plutôt convaincants et joués avec conviction, commencent à se suspecter les uns les autres de porter en eux les redoutables œufs parasites. Une fois encore, The thing s’impose comme l’inspiration principale du cinéaste mais le scénario ménage néanmoins quelques surprises pour capter l’intérêt. Le twist final, par contre, semble attendu et plutôt prévisible, mais Mark A. Lewis parvient à l’amener avec une certaine fluidité et à lui conférer une belle efficacité.

Les relations entre les différents personnages constituent le point fort de The thaw, lequel s’intéresse aux réactions extrêmes dans un contexte de quarantaine imposée. Très vite, la peur d’autrui, supposé infecté, et la crainte de la contagion surpassent toutes autres considérations, dans une vision peut être pessimiste mais probablement réaliste des rapports humains en situation de crise. L’amputation improvisée d’un bras ou l’exécution sommaire d’une victime potentiellement contagieuse prouvent que les insectes ne sont pas la seule menace mortelle dans cet environnement claustrophobe et anxiogène. Dommage que l’un des protagonistes, Federico (joué avec peu de discernement par Kyle Schmid), ne se conforte un peu trop aux stéréotypes attendus en jouant du cliché du « type qui a peur des insectes, refuse de montrer aux autres qu’il est contaminé et se comporte donc en salaud tyrannique ». Les autres personnages, pour leur part, sont nettement plus crédibles et interprétés avec davantage de conviction, en particulier par Martha McIsaac vue dernièrement dans le remake de Dernière maison sur la gauche. Bien sur, certaines des réactions des protagonistes sont assez peu crédibles (essentiellement, une fois encore, celles de Federico) mais, dans l’ensemble, The thaw reste plus convaincant à ce niveau qu’une grande majorité des films d’épouvantes récents. Val Kilmer, pour sa part, proclamé star du métrage, n’apparaît que durant une petite partie du temps de projection (essentiellement durant le premier tiers) mais effectue un boulot tout à fait honnête.

Pour respecter la tradition de ce style de film (ou les clichés du genre diront les mauvaises langues), le final laisse la porte ouverte à une séquelle à plus grande échelle. Les commentaires sentencieux des dernières images sonnent, eux, comme un avertissement écologique asséné sans nuance. Encore une fois, on peut y voir une certaine facilité scénaristique ou simplement le souci de se plier aux règles d’un cinéma codifié en reprenant certains éléments attendus de manière très référentielle. Les ultimes minutes renvoient, pour leur part, directement aux classiques de la science-fiction paranoïaque, comme au bon vieux temps de la guerre froide et des alarmistes « surveillez le ciel ! ».

En dépit de quelques défauts plus ou moins gênants et d’un personnage un peu trop irritant, The thaw constitue une surprise plutôt plaisante. Bien filmé et photographié avec un certain talent, efficace et parfois stressant, le long métrage de Mark A. Lewis se suit donc sans le moindre ennui et procure une heure et trente minutes de divertissement horrifique de qualité. A découvrir.


Critique de The thaw - Y fait thaw...
Par : Damien Taymans

On ne le sait que trop : le climat se détériore de jour en jour au point de faire péter un jour notre belle planète bleue. Les Powerpoints d’Al Gore, les colloques de Kyoto et les remontrances de Nicolas Hulot et consorts ne nous ont que trop échaudé les oreilles. Et pourtant, il reste encore sur cette Terre d’indécrottables crétins pour bivouaquer en région arctique et y déterrer des mammouths congelés. Résultat : l’ancêtre, en dégelant, libère un parasite emprisonné dans sa chair suite à une glaciation impromptue, parasite qui désire, après des millénaires d’abstinence, se reproduire à l’envi et contaminer le tas de fumier qu’est devenue notre globe.

Edité aux States dans une collection de huit films par Ghost House productions sous l’intitulé "Ghost House Underground" (à la manière des mi-figue mi-raisin "8 films to die for"), The thaw (traduisible par "le dégel") ne présente a priori qu’un seul avantage : rappeler au bon souvenir du spectateur la trogne de Val Kilmer qui végète depuis quelques années dans le registre bis. En l’occurrence, Kilmer interprète le docteur Kruipen, celui-là même qui exhume le mammouth et risque la peau de milliards de Terriens, entraînant même dans sa folie trois étudiants et sa propre fille, venus le rejoindre en hélico. Dans de magnifiques paysages de Colombie britannique, Mark A. Lewis, réalisateur et scénariste, nous livre une version lointaine du The thing de Carpenter. Cloisonnement, étendues neigeuses à perte de vue, bêbêtes à éviter quoi qu’il en coûte et surtout, une lente dépravation du groupe d’hommes enfermés avec les choses. Par économie de moyens, Lewis se centre davantage sur les relations tendues entre les différents protagonistes et rappelle que, outre le danger que pourrait constituer une menace biologique comme celle décrite, l’homme reste toujours un loup pour lui-même.

De là à incriminer l’homo sapiens de tous les maux qui rongent la planète, il y a un pas que l’on serait tenté de franchir. Bien que, au vu des courbes rafraichissantes de la jeunette Martha MacIsaac (la Becca de Superbad), il serait totalement malvenu de faire de telles suppositions tant le Divin créateur n’a pu placer au sein de cette enveloppe si charmante qu’un être délicat. Bref, je m’égare et j’en oublie de parler du film. Divertissant de bout en bout, The thaw se voit pourtant bien vite rattrapé par les multiples clichés qu’il cultive grossièrement (le vilain qui sacrifie sa copine et veut sauver sa peau, le gentil qui devient méchant !) qu’il calfeutre tant bien que mal en proposant une variété de rebondissements (pour la plupart attendus) à un rythme soutenu.

Au final, malgré la présence en guest-star de Val Kilmer et une tentative d’instauration d’un véritable climat anxiogène (qui capote trop souvent), The thaw finit par ressembler à un long épisode d’X-files, la qualité en moins. Néanmoins, ce premier long de Mark A. Lewis a le mérite de se soucier du spectateur et atteste du savoir-faire du bonhomme.


Commentaires sur le film

bien
4 etoiles

"le long métrage de Mark A. Lewis se suit donc sans le moindre ennui et procure une heure et trente minutes de divertissement horrifique de qualité. A découvrir."

je plussoie

31 octobre 2010 à 00:10 | Par Pink

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