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Remake de The Lodger, Man in the Attic met en scène un étrange locataire qu'on désigne comme étant Jack l'éventreur.
Londres, 1888 : alors que Jack l’éventreur fait des ravages et égorge filles après filles, le mystérieux pathologiste Slade emménage dans une pension où il loue une chambre et le grenier (d’où l’intitulé "in the attic"). Mrs. Harley, sa logeuse, n’est pas dupe et reste convaincue que cet homme amène n’est autre que le tueur de Whitechapel.
Publié en 1912, le roman The Lodger de Marie Belloc Lowndes connaît très tôt les grâces de l’écran de cinéma et ce, par l’entremise d’Alfred Hitchcock qui signe avec The Lodger : A Story of the London Fog, son cinquième long métrage. Extrêmement fidèle au roman d’origine, cette adaptation muette est considérée comme l’une des premières réussites du cinéaste qui essaie une à une chacune des composantes de ses futurs récits à suspense. Nimbée de mystères, cette première transposition cultive habilement le doute quant à la personnalité réelle de l’étrange hôte, incarné par Ivor Novello. Apparemment attaché à l’œuvre, Novello rempile cinq ans plus tard, pour un remake « parlant » du thriller hitchcockien qu’il co-scénarise et dans lequel il campe le rôle-titre.
Si le film de Maurice Elvey contient déjà, sous forme de germes, quelques ressemblances avec la légende de Jack l’éventreur, c’est le film de John Brahm en 1944 qui substitue définitivement l’Eventreur (le Ripper) au vengeur original (l’Avenger). La version de 1953 reprend trait pour trait le script échafaudé par Barré Lyndon, qui profite de cette énième version pour affiner au maximum le scénario qu’il avait lui-même érigé quelques années auparavant. Le personnage de Slade, pathologiste reclus, acquiert ici une vraie dimension psychologique et ses actes, aussi abjects soient-ils, prennent sens grâce à l’éclairage nouveau de Lyndon. Plus crédible que dans la précédente version (Slade déteste les potiches parce que l’une d’elles a ruiné son frère), la légitimation se veut désormais freudienne et prend racine dans la petite enfance du meurtrier, bouleversé par l’attitude méprisante de sa mère qui est à l’origine de la déchéance paternelle. Moins riche visuellement que le film de Brahm, Man in the attic gagne en profondeur psychologique ce qu’il perd au niveau de son atmosphère, très surfaite de bout en bout, et de son rythme, carrément inexistant. L’Argentin Hugo Fregonese annonce avec cette relecture fébrile une
filmographie qui ne le sera pas moins puisqu’il fournira quelques années plus tard deux incontestables nanars avec Les rayons de la mort du docteur Mabuse et Dracula versus Frankenstein (co-réalisé avec Tulio Demicheli).
Engoncé dans un registre burlesque qui sied assez mal au récit, Man in the attic prend des airs de « old dark house » dont il n’épouse au final que l’amour des caricatures et la lourdeur des rebondissements. Dispensable, la pellicule constitue néanmoins le berceau de l’une des plus éminentes figures du cinéma américain, à savoir Jack Palance qui endosse sous les traits de l’énigmatique Mr. Slade l’un de ses premiers rôles quelque quarante années avant de recevoir un Oscar pour son interprétation dans City Slickers.
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