Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Voulant à tout prix sauver sa récolte, un fermier installe un mystérieux épouvantail dans ses champs, mais se rend compte qu'avec le diable en personne...on récolte ce que l'on sème. Comme le nombre de victimes augmente autour de lui et que sa famille s'interroge sur sa santé mentale, il devra se défendre contre une force meurtrière sans limites.
Ghost House productions persévère dans le créneau horrifique en proposant une énième séquelle aux franchises qu’elle a enfantées. Au moment même où The Grudge 3 s’apprête à débarquer en DVD surgit The Messengers 2, préquelle au médiocre film des frères Pang de 2007. Prémisse foireuse et approximative aux événements de la maudite ferme, The Messengers 2 : the Scarecrow tente d’expliquer le massacre
liminaire à la malédiction en incorporant l’habituel boogeyman campagnard de l’épouvantail comme source de terreur.
John Rollins tente en vain de nourrir sa petite famille et d’honorer des factures qui ne cessent de s’amonceler sur la table du salon. A la tête d’une récolte de maïs constituée uniquement d’ivraie que des corbeaux affamés terminent de dévorer, le fermier décide d’enrayer l’invasion des volatiles en plantant un épouvantail trouvé dans un coin de la grange. Une entreprise qui paie puisque le fantoche est à peine installé au milieu des champs de blé que la chance semble avoir tourné en faveur de John. Mais l’épouvantail semble receler également des pouvoirs maléfiques…
Croisement improbable entre Les démons du maïs et Une vie inachevée, Messengers 2 capte d’emblée l’essence rurale au gré de quelques jolis panoramiques agraires avant de s’imbiber progressivement d’une atmosphère aussi lourde que la chape de soleil qui s’abat sur les corps transpirants des locataires de la bicoque. Mais le scénario de Todd Farmer, auteur de ceux du délirant Jason X et du médiocre remake My bloody Valentine 3D, s’enfonce rapidement dans la reprise d’un canevas obsolète, jouant constamment sur le doute entre l’aliénation du personnage principal ou les prétendus pouvoirs maléfiques du croque-mitaine de service. Une intrigue convenue qui s’avère de surcroit être une copie ratée du Shining de Kubrick dont chaque élément est repris à la virgule près : le père de famille qui perd les pédales et se met à boire, le fils doté d’un sixième sens, l’être fantomatique qui prodigue ses conseils et préconise au héros de dézinguer sa petite famille, une bombasse spectrale qui fait du charme.
Décalque quasi intégrale du chef-d’œuvre de Kubrick, Messengers 2 surpasse pourtant le film des frères Pang en termes de terreur. Des rouages mieux huilés (sans uniquement capitaliser sur les effets sonores), une mise en scène correcte (le choix de Martin Barnewitz, cinéaste danois auteur de Room 205 comme nouveau transfuge s’avère payant) et une pluie d’exécutions hautement graphiques (le glissement du PG-13 au R rated y est pour quelque chose) finissent de rendre ce direct-to-video plus appréciable que le rebut dont il découle.
Messengers 2 convoque la figure de l’épouvantail et la reverse dans un script largement pompé sur Shining. Une resucée honteuse que Barnewitz réussit à contrebalancer en offrant quelques séquences sanglantes jubilatoires et en maîtrisant la tension de bout en bout.
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