Critique de film

Quand la Marabunta gronde

"The Naked Jungle"
affiche du film

En 1901, Joanna arrive en Amazonie dans les terres de Christopher Leiningen qu'elle a épousé par correspondance sans jamais l'avoir rencontré. Christopher est un homme dur et orgueilleux qui règne en tyran sur sa plantation en pleine forêt vierge. Joanna a du mal à s'imposer à lui. Lorsque Christopher apprend que Joanna a été mariée et que son mari est mort, il décide de rompre. Joanna va quitter la propriété lorsque le commissaire de la région vient prévenir de la terrible nouvelle : la région va subir une nouvelle invasion de la marabunta, une fourmi rouge d'une taille au-dessus de la moyenne. Nul ne peut rien contre ce fléau dévastateur de 30 kilomètres de long et de 3 kilomètres de large qui dévore tout, hommes et bêtes, sur son passage.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Quand la Marabunta gronde - 1001 pattes
Par : Damien Taymans

Ancien spécialiste de l’animation en stop-motion et réalisateur, George Pal a offert aux 50’s, en tant que producteur, ses plus belles pièces en matière de science-fiction. A l’origine du Choc des mondes et de La Guerre des mondes, Pal s’écarte quelque peu du genre pour Quand la Marabunta gronde, pur film de jungle réalisé par Byron Haskin déjà derrière la caméra pour La Guerre des mondes un an plus tôt.

Joanna, beauté hors pair, quitte la Nouvelle-Orléans pour la forêt amazonienne où elle doit rencontre lord Leningen, l’homme qu’elle vient d’épouser par procuration. Celui-ci possède une des plus importantes plantations de la région et règne en maître sur de vastes territoires sauvages. La confrontation entre les époux est glaciale, Leningen ne supportant pas que sa promise ait appartenu auparavant à un autre homme. Mais leurs préoccupations quotidiennes sont bientôt bouleversées par l’imminence d’un terrible danger : des milliers de fourmis se bousculent à la porte des plantations et risquent de tout détruire sur leur passage…

Au lendemain de l’adaptation du plus célèbre des romans de SF, Haskin et Pal délaissent le faste des effets spéciaux et chevauchent un projet financièrement plus humble. Libre transposition de la nouvelle Leningen vs the Ants de Carl Stephenson, le métrage n’en reprend les grandes lignes (la lutte entre Leningen et les fourmis) que lors de son dernier tiers et conte dans un premier temps les amourettes houleuses entre deux êtres issus de mondes différents. Véritable « choc des mondes », Quand la Marabunta gronde oppose continuellement deux modèles de vie en mettant en exergue les échanges tumultueux des deux époux. Lord Lenningen (Charlton Heston), endurci par un travail de longue haleine et les délicats principes d’une loi de la jungle très contraignante entre constamment en collision avec la douce et sublime Joanna (Eleanor Parker) aux préoccupations plus éthérées. Loin de s’enfoncer dans la peinture sociologique qui deviendra l’apanage principal des « jungle holocaust » des 80’s, le métrage s’appuie plutôt sur une esquisse acerbe des rapports homme-femme et des relations entre le monde occidental et celui des sauvages.

Guère passionnante, la « guerre des sexes » laisse bientôt place à celle, plus attrayante, qui oppose l’homme à la bête. En l’occurrence, ce sont des milliers de fourmis organisées qui se déversent sur les remparts humains et rappellent ainsi aux domestiqueurs que la nature est capable de reprendre ses droits. Peu utilisées durant la décennie, les invasions animalières (fussent-ils dotés de 6 ou 8 pattes) se voient généralement reléguées au gigantisme post-atomique dont les plus célèbres exemples sont Des monstres attaquent la ville et Tarantula. La menace conserve pour l’heure sa taille normale et effraie à l’inverse par l’ampleur kilométrique qu’elle représente et la virulence de ses invasions. Ce qui donne lieu à quelques séquences impressionnantes (malheureusement trop rares), plutôt bien réussies, que viennent gâter de temps en temps des stock-shots qui ne font pas illusion.

Ennuyeux dans sa première partie, Quand la Marabunta gronde parvient néanmoins à réveiller l’intérêt du spectateur dans son dernier tiers. La tension, efficacement soutenue par les percussions du score et un montage plus vivace, monte alors progressivement et redonne au film le panache qui lui faisait défaut jusque-là.

Commentaires sur le film

0 etoiles

Globalement, la critique est pertinente... Mais, malheureusement, ce texte a été mal traduit et cela altère sa compréhension... N’a-t-on pas trouvé d’équivalent en français pour "stock-shots" et "score" ?... ou bien est-ce encore un jargon destiné à éloigner le quidam ?

9 septembre 2010 à 15:09 | Par Bibi Frocotin

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