Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un dentiste misanthrope meurt pendant sept minutes lors d’une coloscopie. Après sa rémission, il découvre qu’il peut désormais voir les morts et va être harcelé par le fantôme d’un homme d’affaires qui veut que le dentiste fasse tout pour ruiner le remariage de sa femme.
Le dentiste Bertram Pincus, être rabougri et bougon, subit une bénigne coloscopie en milieu hospitalier. Peu flatté à l’idée qu’on vienne lui renifler le colon alors qu’il est encore conscient, il réclame une anesthésie générale qui tourne mal. Sur le billard, Pincus passe durant sept minutes dans l’au-delà avant de revenir dans le monde des vivants avec un handicap certain, puisqu’il peut désormais entendre les fantômes qui hantent sa ville.
Essentiellement connu pour ses scénarii de blockbusters spielbergiens (Jurassic park, Le monde perdu, La guerre des mondes, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal), David Koepp réalise avec La ville fantôme
son cinquième long-métrage. De ses précédents efforts émergent surtout deux œuvres fantastiques : Hypnose, très honorable effort paranoiaque, et Fenêtre secrète, énième adaptation de Stephen King dont le seul intérêt résidait dans l’interprétation convaincante de Johnny Depp en romancier dépressif. La ville fantôme constitue donc un retour aux sources pour le cinéaste qui renoue avec le genre, sur un mode légèrement plus édulcoré. Le ton est à la comédie romantique et le récit, filiforme à souhait, capitalise uniquement sur l’opposition « buddy movie » de ses deux acteurs principaux. Frank Herlihy, cadre infidèle et pète-sec, se voit épaulé par le misanthropique Pincus qui voit en la veuve qu’il doit sauver une proie attirante qu’il convient d’amadouer pour mieux la conquérir. Greg Kinnear, le bien fade paternel de Godsend, livre à nouveau une interprétation insipide tandis que Rick Gervais (le docteur Mc Phee d’Une nuit au musée, plus célèbre pour son rôle dans The Office) rayonne en tant que dentiste atrabilaire.
Sur une partition très proche de l’infâme Hanté par ses ex et des autres comédies romantiques spectrales, genre très en vogue ces dernières années, La ville fantôme déroule, sans prétention aucune, son histoire fleur bleue, empreinte d’un sentimentalisme fiévreux et entaché de l’habituelle morale maussade à la sauce Hollywood. Modeste dans sa forme comme dans son intrigue, le dernier film de David Koepp constitue un nouvel appariement romantico-fantastique inodore qui louche autant sur le prodigieux cinéma de Frank Capra (la sentimentalisation des a-sentimentaux) que sur les romans mièvres de Marc Levy. Le croisement est conforme aux attentes, indigeste…
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