Critique de film

Alligator 2: La Mutation

"Alligator II: The Mutation"
affiche du film

Un entrepreneur ambitieux, Vincent Brown, veut chasser la population hispanique d'un paisible quartier populaire qu'il compte transformer en un luxueux complexe immobilier. Mais les latinos refusent de se laisser faire. Pendant ce temps-là, des personnes disparaissent mystérieusement dans un lac et dans les égouts. David Hodges, un policier irascible, est chargé de l'enquête. Il comprend qu'un terrible alligator, géant et carnivore, est la cause de ces morts violentes. Le maire, corrompu par Brown, veut résoudre l'affaire rapidement, sans faire trop de bruit : plutôt que d'avoir recours à l'armée et à la police, il engage des mercenaires spécialisés dans la chasse à l'alligator...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Alligator II : La Mutation - Onze ans en arrière
Par : Quentin Meignant
Tags : Animaux-tueurs

Onze ans après le certain succès de L’incroyable Alligator de Lewis Teague, le producteur Brandon Chase décide de remettre le couvert et de donner une nouvelle chance à un sous-genre, les animaux tueurs, tombé en désuétude suite aux multiples productions miteuses telles que les séquelles des Dents de la Mer. Hormis quelques œuvres fauchées transalpines telles que Killer Crocodile, le terrain de jeu des sauriens reste désespérément désert et Chase compte sur Jon Hess, un autre ancien des productions Corman (Watchers), pour raviver un vivier pourtant attrayant. Ce dernier se retrouve donc aux commandes d’un métrage entrant pleinement dans la veine de celui de Lewis Teague. Suite aux agissements d’un entrepreneur véreux voulant chasser la communauté hispanique des abords d’un lac, un alligator mutant et meurtrier voit le jour. Plus grand, plus intelligent et plus féroce que n’importe lequel de ses congénères, le saurien tue de nombreuses personnes. David Hodges, un policier aux méthodes particulières, va se mêler de l’affaire et se frotter à la puissance des décideurs d’une ville en pleine urbanisation ainsi qu’au gigantesque alligator.

Comme toute séquelle, Alligator 2 reprend purement et simplement les recettes de l’œuvre qui l’a précédé et pioche sans vergogne dans la richesse scénaristique certaine de l’œuvre de Lewis Teague. Ainsi, le spectateur peut retrouver dès les premiers instants les ingrédients présents dans L’incroyable Alligator : la critique écologiste d’une société en pleine expansion, la mutation extrême d’un saurien pas forcément habitué à des eaux si paisibles et, surtout, le héros, membre de la police, forte tête et doté d’un certain sex-appeal. Dès les premières secondes, c’est donc à un certain copier-coller que l’on assiste, Jon Hess se bornant à mettre en scène de manière assez sobre les attaques de son animal malfaisant. Ce dernier, cadré assez discrètement, cache de nouveau à merveille les défauts inhérents au faible budget de l’œuvre.

L’aventure se déroule dès lors sans trop d’accro, éblouissant parfois par un certain génie du montage mais énervant aussi par l’omniscience et la relative puissance du héros dont l’assistant se livre de plus, sans vergogne, à une love story à deux sous. Néanmoins, les clichés de l’œuvre sont souvent mis sous l’éteignoir par un traitement ultra-référentiel et hommageant envers les aînés de l’œuvre. A ce titre, Hess et son scénariste Curt Allen lorgnent assez rapidement vers les chefs-d’œuvre du sous-genre que sont Les Dents de la Mer et Piranhas. Ceci donne lieu à la sacro-sainte fête foraine au bord de l’eau et aux âpres discussions avec les décideurs pour faire annuler la manifestation et éloigner les civils du lac. Sans être spécialement dérangeant et tout en étant parfaitement respectueux de ses exemples, la référentialité d’Alligator 2 démontre assez rapidement le manque d’imagination globale de l’œuvre, dommageable jusqu’à un final tout aussi convenu.

Sans jamais sombrer dans les travers de la série B animalière fauchée et irréfléchie, Alligator 2 : La Mutation ne parvient tout de même pas à égaler L’incroyable Alligator. Jon Hess se bornant à reprendre le canevas de l’œuvre de Teague, le parsemant d’un soupçon de Dents de la Mer et de Piranhas, son métrage ne dépasse jamais le statut de film déjà vu.


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