Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
L'histoire de Matilda, jeune prodige, flanquée de parents abrutis et d'une directrice d'école terroriste, qui s'épanouira grâce à son institutrice.
Petite fille modèle et très éveillée, Matilda se sent comme une étrangère au sein de sa propre famille. Son père, arnaqueur professionnel, amasse l’argent en revendant de vieilles carlingues trafiquées, sa mère passe le plus clair de son temps devant la télévision et dépense sans compter au bingo tandis que son frère, petite crapule en culottes courtes, ne cesse de s’empiffrer et de prendre sa sœur pour cible. Le lieu de refuge par excellence pour la petite surdouée est la classe de Mademoiselle Candy, une institutrice dévouée à la solde de mademoiselle Legourdin, la féroce
directrice de l’école et, comble de malchance, sa grand-tante.
Roald Dahl, le célèbre romancier pour enfants, voit en durant le millésime 1996 deux de ses œuvres adaptées sur grand écran. Après la transposition animée de James et la pêche géante par Henry Selick vient le temps de Matilda, l’un de ses romans les plus réputés avec Charlie et la chocolaterie qui tombera près d’une décennie plus tard dans l’escarcelle de Tim Burton. Pour l’heure, Danny DeVito cumule les postes de réalisateur, de producteur et d’acteur dans cette version édulcorée et infantilisée (un comble !) du livre originel. Peu fidèle à l’humour noir finement distillé dans le roman de Dahl, DeVito, qui a pourtant signé Balance maman hors du train et La Guerre des Rose, deux œuvres grinçantes et impertinentes, épure son film de toute équivocité et préfère à l’inverse déverser une tonne d’effets cartoonesques, proches de l’univers Tex Avery (les gamins qui volent par la fenêtre et atterrissent dans des champs fleuris).
Plus inconvenant (tout en restant sage), le matériau d’origine, à l’instar de Charlie et la chocolaterie, mène à la rêverie après que les personnages ont vécu des aventures sombres et ténébreuses et rencontré quelques vilains excentriques et égocentriques mais néanmoins attachants. Vidé de toute terreur, le récit s’apparente sous la caméra de DeVito à une vaste mascarade au sein de laquelle les camps sont préalablement établis et les traits grossièrement soulignés à l’indélébile. Forcée et exagérée, la caractérisation ne facilite jamais l’identification et l’œuvre se cantonne
finalement à n’être qu’une fable enfantine crétine où morale et éthique sont prémâchés pour un public incapable de la moindre abstraction. A tel point que les clins d’œil à Roald Dahl, parsemés çà et là, passent presque inaperçus et que la description abusive d’une société américaine boursouflée par la télévision et l’argent facile fonctionne a contrario des excellents dessins animés satiriques South Park et Les Simpson.
Anti-exemple dans la filmographie du metteur en scène DeVito, Matilda s’éloigne considérablement de l’esprit de Roald Dahl pour n’être plus qu’une historiette vaguement puérile. Reste que l’ensemble reste étonnamment agréable à suivre pour son ambiance rose bonbon, ses sentiments caramélisés et les excellentes interprétations cabotines de DeVito et de Pam Ferris.
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