Critique de film

Homme au masque de cire (L')

"House of wax"
affiche du film

Le conservateur d'un musée de cire conçoit une vengeance apocalyptique en rétorsion de la déstruction de sa collection.

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’homme au masque de cire - Honorable remake
Par : Gilles Penso

Remake fidèle du magistral Masques de Cire de Michael Curtiz, cet autre classique du cinéma d’épouvante pousse l’analogie jusqu’à reproduire intégralement des portions de dialogues, des cadrages, des décors et des accessoires de son modèle. Pourtant, L’Homme au Masque de Cire possède une identité tout à fait autonome, notamment grâce à la prestation de Vincent Price qui, comme à son habitude, crève l’écran par son charisme, son élégance et son inimitable prestance. Succédant à Lionel Atwill, il reprend le rôle du sculpteur de figurines de cire laissé pour mort dans l’incendie de son musée.

Ici, il se nomme Henry Jarrod, et sa folie n’a rien à envier à celle de son prédécesseur, même s’il compose sur un registre doucereux et bienveillant, au lieu de la noirceur aigrie que campait Atwill. Quant au visage défiguré de Jarrod, œuvre du maquilleur Gordon Bau, il est moins impressionnant que celui de 1933 mais vaut lui aussi son pesant de grand-guignol. Pour se distinguer du chef-d’œuvre de Curtiz, l’intrigue a ici été transposée au début du siècle, le personnage de la journaliste a été éliminé, et la structure du récit initial a été légèrement modifiée par le scénariste Crane Wilbur afin de fluidifier le récit. Le résultat, il faut l’avouer, est des plus heureux.

On note au passage la prestation d’un tout jeune Charles Bronson, dans le rôle d’Igor, un serviteur sourd-muet et patibulaire qui n’aurait pas dépareillé dans le château du docteur Frankenstein. La scène où une réplique de son visage buriné, posée sur une étagère aux côtés d’autres figures en cire, s’anime pour s’avérer être sa vraie tête, est d’une redoutable efficacité. D’une manière générale, le travail de mise en scène d’André de Toth (signataire de nombreux westerns et films noirs des années 50) est tout à fait prodigieux, composant des atmosphères oppressantes et des moments franchement spectaculaires, notamment le fameux incendie rongeant de ses hautes flammes le créateur et ses œuvres. Comme beaucoup de films fantastiques du milieu des années 50, L’Homme au Masque de Cire fut tourné et projeté en relief, marquant là les premiers pas de la Warner dans cette innovation technique vite muée en argument marketing imparable.

D’où certaines séquences un peu gratuites qui s’amusent à projeter toutes sortes de choses en direction des spectateurs, notamment le french cancan auquel assistent les deux jeunes héros du film, ou le bateleur qui attire le public dans le musée de cire en tapant sur des balles avec ses raquettes de ping-pong. Mais au-delà du gadget, le procédé crée un intéressant phénomène de mise en abîme, notamment lorsque le saltimbanque susnommé s’adresse directement à la caméra pour inciter le public à venir visiter la galerie des horreurs. Par une cruelle ironie du sort, André de Toth, privé de l’usage d’un de ses yeux, n’eut jamais la possibilité d’admirer son chef-d’œuvre en relief. Vincent Price, quant à lui, acquit définitivement ici son statut de star de l’épouvante, et multiplia dès lors les mémorables prestations en ce domaine, notamment pour Roger Corman à partir de 1960.

Pour découvrir les critiques d’Herbert West, cliquez ici


Critique de L’Homme au Masque de Cire - Price, tout feu tout flamme
Par : Quentin Meignant

A l’image d’Universal qui, petit à petit, recycle ses monstres phares tout en créant de nouveaux dans les 50’s, Warner Bros. décide d’exploiter ses plus franches réussites. Ainsi, André De Toth (Dark Waters) se retrouve à la tête du remake du film de Michael Curtiz, Le Masque de Cire, aka Mystery of the Wax Museum. L’homme au Masque de Cire, House of Wax, voit donc le jour en 1953 avec, à sa tête le légendaire Vincent Price, véritable fer de lance de la production. Celui-ci incarne un sculpteur, Henry Jarrod, qui reproduit dans la cire des personnages célèbres. Suite à un incendie qui réduit son travail à néant et le défigure totalement, Jarrod décide de se venger et conçoit un plan qui le mènera tout droit vers un univers fait de meurtres. Recyclant les cadavres en statues de cire, muni d’un masque, Jarrod voit enfin aboutir ses rêves de gloire mais sombre totalement dans la folie…

Reprenant des pans entiers de l’œuvre de Curtiz, De Toth parvient dès les premiers instants à légitimer la nécessité de ce remake par le biais de mouvement de caméra réellement impressionnants. Fluides, ces derniers offrent une mise en lumière particulière à un des acteurs les plus doués de sa génération, voir même de tous les temps. Vincent Price excelle en effet dès les premières secondes grâce à un charisme exceptionnel. Evoquant les plus grands vengeurs de l’histoire d’un cinéma passé et futur, l’acteur parvient à tirer la quintessence de son personnage. Qu’il soit pris dans l’incendie de départ, qu’il échafaude machiavéliquement son plan de vengeance ou qu’il entreprenne de tuer ses ennemis (ou de modestes inconnus), le Professeur Jarrod excelle, se transformant petit à petit en l’un des plus grands savants-fous de l’histoire du cinéma.

Aidé par un serviteur sourd-muet défiguré (un certain Charles Bronson) esthétiquement assez proche de la créature de Frankenstein, le héros va se livrer à des exactions filmées avec un brio certain par De Toth. Spectacle de tous les instants, la mise en scène de L’Homme au Masque de cire s’appuie aussi sur des décors impeccables et sur un maquillage appréciable (même si l’on ne peut que regretter que le faciès défiguré de Jarrod ne soit pas plus impressionnant) ainsi que sur l’interprétation irréprochable de seconds rôles très convaincants. Ces derniers évoluent lors de séquences angoissantes à souhait, encore renforcées par un score majestueux, le tout étant parsemés de dialogues du plus bel effet (scène anthologique de Jarrod qui parle au second degré de ses meurtres).

Jusqu’à un final tout simplement grandiose, lorgnant à nouveau fortement vers l’œuvre de Michael Curtiz, la caméra de De Toth virevolte et consacre définitivement Vincent Price au rang de star. Réussite tant sur le fond que sur la forme, L’Homme au Masque de Cire fait partie de ces chefs-d’œuvre indétrônables et inoubliables qui nous font regretter les temps passés.

Commentaires sur le film

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

L’Homme au Masque de Cire (André de Toth 1953). Très jolie réussite d’un film d’épouvante - et non pas d’horreur - tourné avec des moyens réduits, en 30 Jours, il cache une idée digne d’Oscar Wilde sous des allures de film "gothique" : un astiste défiguré et devenu fou est obligé de tuer ses victimes pour les recréer en mannequins de cire. La musique, épatante est de David Buttolph, et l’une des stars d’u film était le relief. Le relief REEL, pas l’actuelle 3D tripatouillée à partir de prises de vues "plates". Mais cela, hélàs, n’apparait pas sur le DVD qui n’a préservé que les couleurs. A voir et à revoir !

14 septembre 2010 à 17:09 | Par Quentin30
0 etoiles

a quand la reedition d un DVD en 3D de tous les films en relief tourné dans les annees 50 maintenant que la tv nous permet cela housse of xax excellent film

9 octobre 2011 à 10:10 | Par jean guy

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