Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un jeune garçon, âgé de dix ans vit seul avec sa mère dans une ferme, au coeur d’une forêt profonde dans la campagne finlandaise. Il rend régulièrement visite en prison à son père, un homme violent. Son seul autre compagnon est un cheval indomptable, retenu dans une étable. Leur quotidien monotone est interrompu par l’apparition d’un étranger…
Dans la campagne finlandaise, un petit garçon vit avec sa mère dans une maison encerclée par une forêt profonde. Quotidiennement, le jeune homme rend visite à son père, enfermé dans une geôle à quelques lieues de là. Un quotidien réglé comme du papier à musique, en somme. L’arrivée inopinée d’un étranger au sein de la demeure familiale change les habitudes des résidents…
Jukka-Pekka Valkeapää, après une transition dans le domaine du court (Eyes Closed No Hands en 2000 et The Fall en 2003), s’attache avec The stranger (Muukalainen pour reprendre le terme finnois) à sa première réalisation en long format. Pour sa première tentative, le cinéaste se confine dans l’art et essais et délivre un produit étrange qui rappelle les chefs-d’œuvre du cinéma soviétique composés par Tarkovski
dont il épouse certaines thématiques comme le basculement dans la folie subi ici par l’ensemble des personnages bouleversés par l’arrivée de l’étranger. Sur un rythme lancinant, Valkeapää fait se succéder des images extrêmement esthétisées comme autant de situations non-décryptées. Les personnages claudiquent, se déchirent et se rejoignent dans cet ensemble fabriqué avec un soin d’orfèvre.
Seulement, à force d’établir une sémiologie complexe au gré de séquences difficilement compréhensibles, le métrage pèche par excès. Trop aérien, trop abstrait, trop multiple. The stranger joue sur la pluralité des interprétations et le cinéaste prend un malin plaisir à ouvrir une série de pistes qu’il rechigne ensuite à explorer, préférant laisser le spectateur dans le vague absolu et lui offrir le soin d’échafauder sa propre vision des choses. Une kyrielle d’interrogations émergent alors (Pourquoi le père est-il incarcéré ? Qui est cet étranger ?), des questions qui ne trouvent aucune réponse. Et, à force d’abuser de cette libre interprétation instrumentalisée (la scène de la fameuse boîte au contenu invisible), le cinéaste provoque une certaine frustration qu’il s’ingénie à conserver en éludant certaines interrogations d’après projection.
The stranger, pellicule expérimentale qui se complaît dans son traitement nébuleux et entretient doute et incompréhension du spectateur à mauvais escient, contient quand même dans ses rangs une jolie révélation en la personne de Vitali Bobrov qui incarne ici le jeune garçon.
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