Critique de film

Blood: The Last Vampire

"Blood: The Last Vampire"
affiche du film

Tokyo, 1970. Saya, une jeune chasseuse de vampires à la solde d’une unité spéciale du gouvernement, infiltre le lycée d’une base aérienne américaine.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Blood : The Last Vampire - Il ne doit en rester qu’un
Par : Ursula Von Trash

Blood, the last vampire est une adaptation du manga animé éponyme sorti en 2000 dont la création revient à Mamoru Oshii (Ghost in the shell, Avalon). C’est Chris Nahon qui se colle à la réalisation, après une première incursion dans l’univers du fight asiatique avec Le Baiser mortel du Dragon.

Japon, 1970. Sur fond de guerre du Viêt-Nam et de Flower-Power (toute la schizophrénie de l’époque nous explose à la gueule), on s’attache au destin d’une jeune nippone, Saya (Ji-Huyn Jun, excellente dans le rôle). Visage fermé, son katana toujours à portée de main. Et pour cause, Saya est une tueuse de vampires. Si elle parvient à les traquer inlassablement, et sans doute depuis des siècles, c’est qu’elle est elle-même une représentante de l’espèce. L’agence gouvernementale américaine, le Conseil, qui l’embauche pour dézinguer les suceurs de sang, lui fournit en échange sa dose d’hémoglobine, et des informations pour localiser et exterminer la chef des créatures maléfiques, Onigen. Car Blood est avant tout une histoire de vengeance. Celle d’une fille, guidée par sa soif de justice, dont le père, un guerrier valeureux, fut assassiné par Onigen quelques siècles plus tôt. Infiltrée sous l’identité d’une lycéenne, sur une base américaine où sont perpétrés des crimes sanglants, épaulée par Alice, la fille du général de la base, Saya va livrer l’ultime bataille contre son ennemie de toujours.

Les références sont légion dans ce long métrage. Buffy pour le côté teen, Tigres et Dragons (il s’agit d’ailleurs du même producteur) pour les chorégraphies de combats au sabre, Kill Bill pour le rite d’initiation (Kato, le vieux sage qui enseigne à Saya le maniement de la lame n’est pas sans rappeler Pei Mei l’instructeur de la Mariée). Loin de crouler sous ces nombreuses « sources », le film dégage une originalité inattendue. A la croisée du film d’action nerveux, de l’horreur, et du « revenge » movie. Chris Nahon pose, dès la scène inaugurale dans le métro de Tokyo, une tension et une brutalité étonnante. Exit la vision romantique version Morse ou le baroque musclé d’un Blade. Les combats, sel du film, alternent entre des fights ultra stylisés contre des dizaines de vampires (jouissif) et des têtes à tête (malheureusement moins convaincants). L’esthétique aérienne des affrontements dégage une poésie qui contraste avec la violence affichée. Si les effets spéciaux, maîtrisés lors des séquences de baston, se révèlent un peu cheap quand les créatures reprennent leurs formes originelles (des espèces de gargouilles répugnantes), le spectacle est tout de même au rendez-vous.

Sorte de conte mi-ancestral (l’immersion dans le Japon médiéval lors des flashbacks nimbe d’onirisme la narration) mi-moderne, Blood évite tous les ingrédients attendus. Pas de cercueil, pas d’ail, pas de crucifix. La japonisation du mythe (minimalisme et épuration), loin de dénaturer le vampirisme, lui insuffle une vigueur nouvelle. En ces temps où le vampire est mis à toutes les sauces (comédie, bluette ado, séries tv, je ne cite aucun titre vous trouverez vous-même), Blood est une excellente surprise. Seule la fin du film, la confrontation Saya/ Onigen, pêche un peu. Le scénario s’enlise dans un twist prévisible (c’est con pour un twist) aux enjeux psychanalytiques un peu téléphonés.

Bémol donc, mais Blood, the last vampire reste un métrage sincère, graphiquement léché et original. Nahon signe là une réalisation soignée, au service d’un scénar’ accrocheur. On n’en attendait pas tant.


Critique de Blood : the last vampire - Na-honte !
Par : Samuel Tubez

Quand Chris Nahon (L’empire des loups, Le baiser mortel du dragon, vous pouvez déjà sortir les mouchoirs !) adapte l’anime culte réalisé par Hiroyuki Kitakubo (Roujin Z) dans une version live aussi inerte et mal foutue qu’un épisode des Power Rangers, ça ne déçoit plus, ça désespère.

Dans le Japon de l’après seconde guerre mondiale, Saya, une jeune vampire travaillant pour une agence secrète du gouvernement américain, est chargée d’éliminer les démons qui se cachent au sein de la population afin de remonter jusqu’à Onigen, la maîtresse de ses créatures maléfiques qui est aussi responsable de la mort du père de Saya.

Voilà une adaptation qui ne possède aucune originalité, aucun souffle ni la moindre énergie. Le genre de portage qui vous fait clairement regretter l’original, quoi. Dans Blood : the last vampire version Nahon, le scénario ne se foule pas, les combats illisibles s’enchaînent sans aucune ampleur entre quelques flash-back ridicules à souhait (éclats de rire assurés lors des échanges entre Saya et son maître) et les SFX sont bien souvent nullissimes. Gianna Jun (My Sassy girl) fait ce qu’elle peut dans la peau de Saya mais malheureusement, le traitement réservé au personnage ne possède aucune véritable ambiguïté, renvoyant toute part obscure du personnage ad patres. Il faudra à ce titre expliquer à Nahon que ce n’est pas une paire de lentilles rouges qui suffisent à rendre un personnage menaçant et redoutable. Les créatures que Saya doit affronter durant ce périple ennuyant à mourir (dont la durée n’excède pourtant pas 1h30) ne possèdent guère de meilleur traitement car elles sont tout bonnement ridicules. Avec un aspect se situant entre le ghoulies et la gargouille numérique, vous risquez bien de mourir de rire dès la première transformation ! Le seul mérite de ce long métrage est, il est vrai, d’éviter les écueils habituels du film de vampire et d’afficher une certaine férocité durant les scènes de combats mais cela est vite balayé par un emploi excessif d’hémoglobine de synthèse du plus mauvais effet ainsi que d’un montage effroyablement cut. Plus que décevant, le spectacle en devient totalement navrant.

Perdu quelque part entre Blade et Buffy contre les vampires, Chris Nahon signe l’un des plus beau foirage de l’année avec cette belle bouse 24 cacas. Mieux vaut se revoir l’anime original qui dure 50min plutôt que de s’infliger les 89 minutes infâmes qui nous sont ici proposées.


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