Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Deux loosers. Un village maudit. Un minibus rempli d’étudiantes. Et, une armée de vampires lesbiennes… très vicieuses ! Jimmy et Fletch décident de fuir leurs problèmes en passant un week-end de débauche dans la campagne anglaise. Mais, les choses ne vont pas se passer comme prévu et ils se retrouvent coincés dans un village où une mystérieuse malédiction transforme les jeunes filles de 18 ans en vampires. Au cours de la nuit, ils devront mettre de côté leurs peurs (et leurs fantasmes !) pour devenir des tueurs de vampires lesbiennes…
Les britanniques prouvent depuis quelques années, qu’ils savent faire du drôle avec du vieux. Les zombies recyclés dans Shaun of the Dead, le survival trash dans Severance et aujourd’hui (enfin en juillet sauf si la date de sortie est encore repoussée) Lesbian Vampire Killers. Dans la plus pure tradition seventies (Vampyros Lesbos ou Vampyres), le réal Phil Claydon dégage l’éternel vampire testostéroné pour le remplacer par des bombes anatomiques suceuses de sang. Des geeks, des jolies filles, du sang et de l’humour, c’est parti.
Il était une fois, deux amis, loosers patentés. L’un, Fletch, vient de se
faire virer de son boulot de clown (il a mordu un enfant) et l’autre, Jimmy, de se faire larguer (pour la quarante quatrième fois) par sa copine, absolument détestable. Ayant besoin de réfléchir, ils se retrouvent fatalement au pub (qui n’est pas sans faire penser au Winchester de Shaun) où, après moult bières et un concours de fléchettes, le hasard décide du lieu de leurs vacances. Loin de la Transylvanie, la villégiature sera Cragwich, un trou paumé de l’Angleterre profonde. Sacs sur le dos et bibines à la main, ils arrivent enfin dans le lieu dit, qu’ils soupçonnent vide. Stupéfaction. Un van Volkswagen (très Scoubidou) est garé devant l’unique pub (les débits de boissons comme fil rouge). Sur le morceau Woman de Wolfmother, déboule alors un quatuor ultra racé. Mini jupes, balconnets, chevelures de lionnes (le spectateur mâle sera ravi), quatre étudiantes viennent perturber nos geeks. Le van chargé de sa cargaison dynamique démarre, laissant Fletch et Jimmy pantelants. Une visite au pub (ambiance délétère façon le Loup-garou de Londres), leur apprend que les demoiselles se dirigent vers un cottage en pleine forêt pour passer la nuit. Quelques péripéties plus tard, les geeks et les bombasses se retrouvent à partager le cottage. Bières, musique, lascivité (car évidemment les donzelles trouvent les loosers à leur goût), mais minuit approche et avec lui la malédiction : les vierges de Cragwich (et elles sont nombreuses, en même temps avec qui pourraient-elles bien coïter dans ce bled ?) ont les dents qui poussent, le désir saphique qui se réveille et l’appétit qui s’ouvre. La nuit va être longue.
Lesbian Vampire Killers se veut une comédie horrifique. Soyons clair, c’est amusant mais pas à hurler de rire. James Corden et Mathew Horne (Fletch et Jimmy), connus du public anglais pour la série Gavin et Stacey, font le boulot, même si dans le genre duo (un gros un peu dégueulasse et un gentil naïf), Shaun of the Dead, étant passé par là, ils ne font pas le poids. Les séances londoniennes au pub, par le montage syncopé et les chutes abruptes, font toutefois ricaner. Malheureusement, des blagues pas subtiles (tendance American Pie) viennent encombrer des scènes qui auraient pu allier érotisme et horreur (ainsi une bimbo vampire dénudée mise à mort sous une
douche d’eau bénite dont il ne restera que les seins en silicone). L’humour anglais est-il soluble dans la régression à l’américaine ? Oui, plus que soluble, il y disparaît. Plus de « fuck » que de « bloody ». Plus de gags que de finesse. La causticité anglaise prend l’eau et c’est dommage. Côté horreur, des séquences vampiriques de ces lesbiennes diaphanes, flottant dans les airs (syndrome Van Helsing) se dégagent une certaine poésie, proche de l’esthétique du Bram Stocker’s Dracula de Coppola. Mais les trouvailles visuelles sont rares. Le rythme loin d’être haletant. Le scénario faiblard. Et l’horreur finalement abandonnée en cours de route. Reste un final bien fun avec un étrange loup-garou (en espérant qu’il ne servira pas de pitch pour la suite des aventures des « tueurs »).
Pas de peur, pas de sursaut et quelques éclats de rire, maigre compensation pour le spectateur venu s’encanailler dans une salle obscure. Comédie moyennement horrifique, Lesbian Vampire Killers se regarde avec un gros paquet de pop-corn, sans attendre autre chose qu’un gentil divertissement.
Fletch et Jimmy, deux amis vivant une mauvaise passe, décident de s’octroyer un petit week-end de randonnée pour oublier leur souci. Le premier a en effet été viré de son emploi de clown pour enfant après avoir frappé une gamine, le second a été largué une énième fois par son insupportable copine. Après une beuverie dans un pub, les deux amis prennent la décision de partir en vacances mais les destinations exotiques étant hors de portée de leur maigre budget, Jimmy trouve une solution en laissant le hasard, symbolisé par un lancer de fléchette sur une carte, décider de leur villégiature. Voilà donc Fletch et Jimmy en route pour Cragwich, un bled perdu au cœur de l’Angleterre tout droit sorti d’une production de la Hammer. Alors que le week-end s’annonce ennuyeux au possible, nos deux losers repèrent un van peuplé de très sexy étudiantes venues étudier le folklore local et, en particulier, la légende de Carmilla, la reine vampire lesbienne. Alors que Jimmy et Fletch, réfugiés dans un cottage isolé, finissent par sympathiser avec les jeunes demoiselles autour d’une bière, la nuit tombe et la malédiction de Cragwich se manifeste, transformant les étudiantes en vampires. Jimmy et Fletch pourront ils sauver le monde en devenant d’authentiques « tueurs de vampires lesbiennes » ?
Exemple typique du métrage destiné aux geeks misant tout sur son
titre aussi attractif que racoleur, Lesbian vampire killers tente la jonction entre l’humour anglais absurde et la comédie potache américaine. Un cocktail pas toujours convaincant mais qui donne toutefois le sourire et maintient l’intérêt. Le personnage du pasteur, survolté et grossier, constitue ainsi une bonne idée, donnant au métrage ses meilleurs moments humoristiques, même si, la comédie ne vole pas très haut. La plupart des blagues se situent, en effet, résolument au dessous de la ceinture et Phil Claydon n’hésite jamais à se vautrer dans la vulgarité mais sans devenir antipathique pour autant, l’aspect divertissement « pop corn » assumé faisant accepter les nombreux défauts du film.
Le cinéaste joue donc la carte de la comédie horrifique, une recette récemment remise au gout du jour par l’excellent Shaun of the dead mais qui trouve ses racines dans les classiques des années ’80 comme Le retour des morts-vivants ou Génération perdue. Notons aussi l’influence manifeste, du moins dans les séquences se déroulant au pub de Cragwich, du Loup-garou de Londres de John Landis. Le duo d’acteurs principaux, pour sa part, s’inscrit volontiers dans la lignée de Shaun of the dead en jouant sur les oppositions entre le rondouillard obsédé et le naïf au grand cœur. Si Phil Claydon ne perd guère de temps en caractérisation, il laisse toutefois une certaine liberté aux deux interprètes qui offrent des compositions agréables et un minimum crédibles. Le côté « amitié virile » de nos deux héros est ainsi mis en avant au gré de péripéties absolument stupides mais souvent divertissantes. Si les éclats de rire sont rares (seuls quelques gags font vraiment mouche), l’humour constant se révèle efficace et donne au spectateur un sourire satisfait.
Niveau horreur pure, le métrage se montre toutefois, et c’est regrettable, assez timoré et reste largement en deçà de Shaun of the dead ou du similaire Doghouse. Le gore est donc quasiment absent et les décompositions des vampires se montrent un peu décevantes (même le personnage de Fletch en fait la remarque !), en dépit de quelques jolies éclaboussures blanchâtres. Un choix curieux, rappelant les délires colorés de Sam Raimi sur Evil dead 2 mais dont l’intérêt reste discutable.
L’aspect érotique, lui aussi, est franchement gentillet. Excepté quelques bisous et l’une ou l’autre caresse, le côté lesbien reste un simple gimmick finalement peu exploité. Le métrage comporte en outre peu de nudité, en dépit de la plastique irréprochable de toutes les comédiennes choisies. Si les vampires lesbiennes furent populaires dans le cinéma des années ’70 (la trilogie consacrée aux Karnstein, produite par la Hammer et débutée par The vampire lovers constituant le haut du panier aux côtés de titres davantage axés sur l’exploitation comme le Vampyros lesbos de Jess Franco), Phil Claydon ne se soucie guère de répondre aux attentes des fans et l’aspect parodique du film reste donc, malheureusement, sous exploité.
En dépit d’un budget sans doute très restreint (particulièrement
flagrant au vu des décors qui paraissent interchangeables, comme si les héros parcouraient sans fin les mêmes 50 mètres carrés de forêt), Phil Claydon assure toutefois une bonne tenue visuelle à l’ensemble, en particulier lors des passages mettant en scène les femmes vampires surgissant de la nuit. Des instants très iconiques n’ayant rien à envier à des productions plus fortunées comme le Dracula de Francis Ford Coppola.
Attendu par beaucoup puis massacré par la critique, Lesbian vampire killers demeure, finalement, assez réjouissant. Si l’horreur est rare et le sexe réduit au minimum syndical, l’abattage des principaux protagonistes sauve la mise au niveau de la comédie pure, laquelle s’avère plutôt lourdingue mais finalement assez divertissante. Les quelques clins d’œil purement « série B » (comme le générique d’inspiration rétro fort sympathique) et la musique entrainante, associée à une durée adéquate (à peine plus d’une heure et vingt minutes) font de Lesbian vampire killers un produit sans prétention ni génie mais agréable à suivre.
Bien sûr il ne faut pas attendre beaucoup de subtilité d’un tel métrage mais qui espère d’un titre comme Lesbian vampire killers autre chose qu’une gaudriole horrifique assumée ? En dépit d’un manque criant de gore, d’érotisme ou de vraie rigolade, cette petite production reste suffisamment amusante pour mériter une vision.
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