Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un timide professeur décide de ramener à la vie l'inquiétant poète et occultiste britannique Aleister Crowley.
Étrange film que ce Chemical Wedding (Le Diable dans le Sang) qui commence comme un énième film présentant des savants fous expérimentant avec des cobayes humains leurs projets scientifiques sur les théories du chaos le tout avec des effets spéciaux dignes d’un Re-Animator de la grande époque et se terminant dans un pamphlet nihiliste et délicieusement provocateur. C’est que derrière le scénario se cache ( ?) Bruce Dickinson, leader incontesté d’Iron Maiden, qui cherchait depuis un bon bout de temps à adapter son scénario rock’n roll qui s’articule autour de la personnalité controversée d’Aleister Crowley. Cet alchimiste narcissique du XXème siècle qui pratiquait la magie noire, qui fut amateur de drogues diverses et qui affichait sa bissexualité est devenu de nos jours une obscure icône que vénèrent les amateurs gothiques et certains romantiques passionnés de l’occultisme.
Et quand lors d’une expérience qui se déroule mal Crowley prend enfin possession du corps de Haddo, professeur émérite de l’université de Cambridge, le film prend un tournant aussi étonnant que malsain. Très vite, l’homme prend un malin plaisir à offusquer le corps enseignant en urinant par exemple sur ses élèves devant un auditoire comble et médusé. Sous les traits du charismatique Simon Callow, il tente d’enseigner les bienfaits de l’occultisme en pratiquant ses cérémonies fétichistes dans le but de convertir un maximum. « Fais ce que tu veux, sera le tout de la loi »
s’excuse-t-il comme pour s’expliquer auprès de sa direction qui ne veut pas croire en cette réincarnation maléfique. Si comme selon Crowley l’acte sexuel est le seul chemin vers nos émotions primitives autant y mettre toute la sauce se dit Dickinson. Et avec l’aide du réalisateur Julian Doyle, les deux comparses nous offre une œuvre irrévérencieuse et volontairement choquante comme pour donner un coup de pied salvateur dans ce conservatisme affiché au cœur de cette université prestigieuse. Orgies, répliques croustillantes et perverses, érotisme sulfureux (nombre impressionnant de jolies pépées), SM satanique voire pornographie assumée, Le Diable dans le Sang est un véritable recueil de pensées salaces et philosophiques selon l’alchimiste disparu remarquablement interprété par l’acteur britannique. Les autres acteurs ne sont pas en reste non plus d’ailleurs et notamment la délicieuse rousse Lucy Cudden menant son enquête innocemment (dommage !).
Mais le film est d’abord et avant tout un scénario bien écrit qui inviterait plus à une deuxième lecture plutôt que de se replonger dans une nouvelle vision du film. Celui-ci pêche un peu en efficacité par manque de rythme (pourtant bien soutenu au début) et se perd en chemin en privilégiant par facilité les scènes très agréables de partouze ou autres visions explicites (dont une masturbation forcée hilarante !) au détriment de l’histoire pourtant originale et aux dialogues savoureux. Au final un sentiment désagréable de trop peu pour une histoire sans doute sous-évaluée qui méritait mieux…
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