Pris au piège dans une station service par un parasite qui transforme ses hôtes en d’horribles créatures épineuses, un jeune couple et un prisonnier en cavale doivent trouver un terrain d’entente pour échapper à une mort atroce…
Après prés d’un siècle de 7 ème art et presque autant de cinéma fantastique, il devient fort difficile de proposer quelque chose de novateur, surtout quand les cinéastes du monde entier ont exploité les trois quarts des concepts possibles et inimaginables et ce jusqu’à l’os. Des Vampires aux Zombies, en passant par les Frankenstein, démons, rednecks violeurs, aliens et autres momies, sans compter les croquemitaines de tous poils trucidant des adolescents tous à poil et les fantômes de Hong Kong ayant sérieusement besoin d’une crème
démêlante dans leur noire tignasse. On aura pratiquement tout vu et tout fait. Maintenant on mélange, on mixe, on fait fait des concepts hybrides visant à renouveler le genre, preuve de l’incapacité de certains à trouver une nouvelle entité symbolisant la peur. Bien sûr, il y a bien le blob, les yaourts assassins de The Stuff ou encore les plantes vertes tueuses du récent et excellent The Ruins. De trop rares exemples à vrai dire. C’est sans compter sur le jeune réalisateur anglais (et oui encore eux !) venu des effets spéciaux, Toby Wilkins qui a récemment réalisé le troisième opus de la franchise US The Grudge (qui au passage est pas mal du tout) et qui, avec son Splinter, nous met face à une nouvelle menace d’origine inconnue. Et autant dire que son film décoiffe sérieusement. Le pitch est simple mais d’une redoutable efficacité : Pris au piège dans une station service par un parasite qui transforme ses hôtes en d’horribles créatures épineuses, un jeune couple et un prisonnier en cavale doivent trouver un terrain d’entente pour échapper à une mort atroce…
Que ceux qui s’attendaient a un spin-off des Tortues Ninjas, centré sur la jeunesse du célèbre maître Splinter, ne soient pas trop déçus, car ce Splinter-là n’a certes rien à voir avec le rat virevoltant, mais reste une excellente surprise. Que dire si ce n’est que le métrage est une véritable petite bombe de B. Sa créature, qui pourrait légèrement rappeler la nappe noire et visqueuse de Creepshow 2, est une
véritable abomination, une machine à tuer sans motivations ni états d’âme, car non seulement elle contamine celui qui entre en contact avec elle, s’insurge dans son corps et le brise progressivement de l’intérieur, provoquant déchirement des muscles, cassage des os et autres joyeusetés, mais elle se sert de ce qui reste de son hôte ou plutôt de sa carcasse afin de se déplacer plus rapidement. Ce qui donne de véritables marionnettes de chair désarticulées qui tentent de vous agripper par tous les moyens. En découle un véritable festival de gore, mais pas un gore rigolo mais d’abominables charcutages douloureux éminemment graphiques.
Si le concept du groupe de survivants assiégés par une créature d’origine inconnue n’est pas novateur, la créature elle-même suffit à hisser cet efficace petit film, bien au-dessus de certaines autres productions du genre. Et ses effets spéciaux de fort bonne qualité offrent au film une indéniable crédibilité. Rares sont les films de ce type à se démarquer du lot, Splinter est de ceux-là et autant dire que c’est fort rafraichissant dans une industrie cinématographique en proie à la systématique remakisation de ses classiques.
Un couple parti se donner du plaisir lors d’un week-end à la campagne est pris en otage par un autre couple en cavale. Attirée par l’odeur du sang, une créature tapie dans les bois se met à courser les quatre hères qui ne trouvent rien de mieux que de se cloîtrer dans une station-service…
Artisan des effets numériques, Toby Wilkins s’exerce tout d’abord à la mise en scène avec plusieurs courts-métrages qui effectuent de jolis
parcours en festivals (Staring at the Sun, couronné au Screamfest après un passage à Sundance). Ce qui lui permet d’être remarqué par Sam Raimi et sa boîte de production Ghost House Pictures et d’embrayer directement avec Tales from the Grudge, une série de courts destinés à assurer la promotion du second opus de The Grudge. En attendant de s’atteler à fournir un dernier tome à cette saga avec laquelle il a forcément eu le loisir de se familiariser, Wilkins s’immisce dans la cour des films de drive-in bisseux avec Splinter abordant un thème largement vu et revu (une poignée de personnages caricaturaux enfermés dans une station-service est la proie d’un alien vénère). Adaptation du scénario original de Ian Shorr intitulé à la base Tooth and Nail, le récit n’en conserve que le huis clos claustrophobique et le nombre restreint de personnages favorisant l’identification. La menace initiale se voit troquée par une créature singulière, d’origine extraterrestre, qui parasite les corps qui l’entourent, à l’image de celles de The Thing ou du Blob dans le genre plus zédeux. Un parasitisme progressif qui consiste en une première approche et une contamination à l’aide des nombreuses échardes qui la composent avant que le cadavre ne soit entièrement phagocyté de l’intérieur et que la bête ne s’intègre complètement au morceau de chair qu’elle attaque.
Extrêmement original sur papier, l’ennemi s’avère plutôt décevant à l’écran. Non pas que les effets de plateau créés s’avèrent médiocres mais ladite créature n’est jamais clairement et explicitement montrée. La mise en scène de Wilkins relève de la gageure devant l’entêtement du cinéaste de ne dévoiler que quelques légères bribes de son monstre prétendument iconique, de surcroît rendu invisible par une shaky cam omniprésente lors des scènes d’attaque. Résultat : l’inaction bavante prend le pas sur l’action épileptique par défaut de lisibilité, le tout sur fond de poncifs élagués de tout intérêt. Plus gênant, les seules escarmouches un tant soit peu décalées tombent littéralement à plat dû
au décalage par rapport à un ensemble pitoyablement sérieux. La tentative de fuite de l’un des rescapés qui s’est volontairement mis en hypothermie (la créature aux échardes est attirée par la chaleur corporelle) tourne au ridicule, entraînant l’assistance à se contrefoutre du sort de ce zozo dépeint à la louche comme un crétin fini. Il en est de même pour les autres victimes, toutes plus ringardes et insignifiantes les unes que les autres, qui multiplient les prises de risque éhontées (un bras démoli aux parpaings, c’est cool mais inutile) pour échapper aux picots de la créature Findus.
Doté d’une mise en scène aussi minimaliste et étriquée que le budget mis à sa disposition, Splinter est un foirage pur et simple. Censé renvoyer aux classiques bisseux des seventies et des eighties, le métrage n’est au final qu’une reprise lourdaude d’un canevas simpliste, dénué de toute innovation si ce n’est sa créature... invisible.
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Aprés revoyure c’est sympa mais pas si térrible +