Critique de film

Ponyo sur la falaise

"Gake no ue no Ponyo"
affiche du film

Le petit Sosuke, cinq ans, habite un village construit au sommet d'une falaise qui surplombe la Mer Intérieure. Un beau matin, alors qu'il joue sur la plage en contrebas, il découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve, et décide de la garder avec lui dans un seau. Ponyo est aussi fascinée par Sosuke que ce dernier l'est par elle. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s'occuper d'elle, mais le père de Ponyo, un sorcier autrefois humain qui vit tout au fond de la mer, la force à revenir avec lui dans les profondeurs. Bien décidée à devenir humaine, Ponyo s'échappe pour retrouver Sosuke. Mais avant de prendre la fuite, elle répand l'élixir magique de Fujimoto, l'Eau de la Vie, dans l'océan. Le niveau de la mer s'élève, et les sœurs de Ponyo sont transformées en vagues gigantesques qui montent jusqu'à la maison de Sosuke sur la falaise, et engloutissent le village...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ponyo - La petite fille de l’eau
Par : Samuel Tubez
Tags : Asiatique, Animation

Le nouveau bijou du maître Hayao Miyazaki émerge sur nos écrans pour le plaisir des tous petits et des très grands (enfants). S’inspirant très librement de La petite sirène d’Andersen, Miyazaki-san revient avec Ponyo à un spectacle plus « simple » mais toujours aussi intelligent et merveilleux. Ne cherchez pas plus loin, pour le top du top en matière d’animation 2D, c’est ici, au pays du soleil levant, que ça se passe et pas ailleurs.

Un beau matin, Sosuke, cinq ans, découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, coincée dans un bocal. Le petit garçon la délivre et lui promet de s’occuper d’elle, mais le père de celle-ci la force à revenir avec lui dans les profondeurs. Bien décidée à devenir humaine, Ponyo s’échappe et retrouve son ami terrien. Mais avant de prendre la fuite, elle répand dans l’océan l’élixir magique de son père, bouleversant ainsi le monde marin…

En fervent défenseur de l’animation 2D, le réalisateur du Voyage de Chihiro et son équipe (plus de 350 personnes tout de même !) ont essentiellement travaillé sur base d’aquarelles (logique, pour un film qui se déroule dans un cadre insulaire). Dès les premières minutes, la magie opère : un balais sous-marin où fourmillent mille et un détails et couleurs s’offre à nos yeux, bercés par la merveilleuse symphonie de Joe Hisaishi. Délicatement, et sans une once de résistance, nous voilà plongé dans l’univers du nouveau Miyazaki. Depuis Le Château ambulant, dont le succès public fut étonnamment médiocre par chez-nous, on attendait impatiemment que l’artiste nous reprenne par la main pour nous emmener au cœur d’un univers féerique dont il est le seul à avoir les clefs. Mais Ponyo est à ranger du côté de Mon voisin Totoro plutôt que de Princesse Mononoke. Ici, la bestialité des hommes fait place à la candeur de l’enfance tandis que la violence fait place à l’amour. Car entre le petit Sosuke et Ponyo, c’est une véritable histoire d’amour qui se dessine, c’est la rencontre de deux univers antagonistes qui vont se transformer et fusionner (les eaux recouvrent les terres, Ponyo se change en petite fille). Trop mignon. Mais comme toujours avec Miyazaki, la notion de « mignon » s’accompagne d’intelligence et de clairvoyance. Hors de question de tomber dans une naïveté propre à la trop grande majorité des productions animées enfantines, Ponyo refoule tout manichéisme et invite, dans la grande tradition Miyazakienne, à la solidarité entre les êtres et leur environnement. Le spectacle est donc incroyablement accessible et parvient à enchanter les plus petits tout en faisant retomber en enfance les adultes. Le refrain est peut être connu mais parvenir à chacun de ses nouveaux films à nous envoûter de la sorte, cela ne tient plus du génie, c’est carrément divin !

Ponyo est un spectacle à la fois beau, drôle, fou, émouvant et accessible à tous, qui parvient à renouer avec les thématiques chères à l’artiste (univers féerique, respect de l’environnement et des êtres,…) tout en les actualisant habilement. Les plus âgés lui préféreront certainement le plus adulte Princesse Mononoke (son chef d’œuvre ultime), mais peu importe puisque le plaisir est toutefois bel et bien présent, et ce quel que soit l’âge de vos artères.


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