Critique de film

Last house in the woods (The)

"Il Bosco fuori"
affiche du film

Une jeune femme, après avoir échappé à un viol collectif, trouve refuge avec son fiancé chez un couple apparemment sans histoire dans leur maison perdue en pleine forêt. Ils s’aperçoivent alors que leurs hôtes ont un adorable petit garçon dont les dents sont taillées en pointes…

Les critiques à propos de ce film

Critique de The last house on the woods - Gigots d’humains
Par : Chroniqueurs
Tags : Gore

Par Nicore

Alors que le cinéma italien était la terre promise pour le cinéma de genre dans les années soixante-dix/ quatre-vingts, depuis, c’est quasiment la traversée du désert, qu’on pense à un Dario Argento désespérément décevant ou à la disparition de Bruno Mattei. Pourtant, le jeune réalisateur Gabriele Albanesi semble vouloir prouver avec ce The last house in the woods, réalisé il y a trois ans, qu’il se passe quand même quelque chose en terre transalpine. Le film est le premier long métrage de ce jeune auteur ayant jusque-là signé quelques courts-métrages (dont l’amusant et déviant L’armadio) avant de collaborer ici avec Sergio Stivaletti, figure transalpine des effets spéciaux bien souvent sanglants et à l’occasion réalisateur. Le script suit la descente aux enfers d’un couple recueilli après une agression par un homme et une femme qui les emmènent dans leur maison (au fond des bois…) dans un but sinistre.

Hélas, le résultat est mitigé, le métrage souffrant quand même de son manque d’originalité au niveau d’une intrigue déjà vue et revue, malgré les quelques innovations graphiques impactantes (et notamment ce bambin cannibale forçant ses parents à le ravitailler en chair humaine). En lieu et place, le métrage multiplie les hommages souvent bien faciles (comme cette séquence de repas directement héritée du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper et revendiquée comme telle, mais la folie visuelle du texan barbu en moins) et les situations très "bis" ou orientées vers le "giallo", le réalisateur s’attardant même dans une séquence à la photographie bleue et rouge tranchant carrément avec le reste du film pour assurer son héritage envers l’œuvre de Dario Argento. Mais surtout, les personnages ont une influence grandement mitigée sur l’ensemble, puisque si le couple formé par Rino et Aurora parvient à gagner un minimum la sympathie du spectateur en se montrant naturels et crédibles, ce qui rend leur calvaire à venir un peu plus percutant, le couple de tortionnaires et leurs enfants difformes paraissent quant à eux bien mal assortis et ternes lors de leurs apparitions pour ne laisser qu’un peu d’ampleur à Clara, la mère des « monstres » lors du final. Mais ce manque de charisme n’est encore rien comparé à la stupidité crétine des trois voyous qui vient énerver davantage qu’elle ne représente une menace potentielle eu égard de leurs singeries ridicules et de leur comportement stupide, laissant encore une fois seul le final venir contrecarrer ce sentiment ersistant, au point de laisser le spectateur dans l’expectative quant à l’instabilité volontaire ou involontaire de cette direction d’acteur qui ne prent de l’envergure que lors du dernier acte.

Mais heureusement, la volonté graphique débordante de l’ensemble compense en grande partie cette facilité scénaristique pour accumuler les scènes gores franches, entre ces membres sectionnés à la tronçonneuse (cela ne s’invente pas…), ces coups de couteau meurtriers qui ouvrent également les gorges, entres autres abominations visuelles purulentes et jouissives largement étalées devant la caméra. Surtout qu’une fois l’intrigue véritablement lancée, le rythme global reste vif, avançant des situations dynamiques certes bien souvent prévisibles mais parfois aussi audacieuses en n’hésitant pas par exemple à utiliser ce gamin cannibale dans des séquences sanglantes appuyées, et même si le petit "twist" final peut paraître bien simpliste et même carrément inutile.

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