Critique de film

Planète hurlante

"Screamers"
affiche du film

2078, les armes sont de plus en plus sophistiquées et la guerre fait rage aux confins de l'univers. Une nouvelle arme a été créée : le screamer. Tellement perfectionnées cette machine à tuer finit par devenir totalement incontrôlable...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Planète hurlante - Beaucoup de bruit pour rien
Par : Damien Taymans

Comme l’avait prédit Al Gore avec son très beau Powerpoint, la Terre du futur éprouve des carences énergétiques importantes. Au point que les hommes ont colonisé la planète Sirius 6B pour y puiser un minerai énergétique providentiel, le Berynium qui s’avérera par la suite être une merdasse radioactive létale. S’ensuit un affrontement entre l’Alliance et le NBE (Nouveau bloc Economique) qui contraint les scientifiques de l’Alliance à mettre au point une méthode de défense infaillible. Les Screamers, gadgets robotisés enfouis sous le sol, déchiquètent quiconque tente d’approcher de la base. Problème majeur : ceux-ci se développent désormais seuls et s’attaquent à tout être vivant, quel qu’il soit…

Adaptation d’une œuvre de jeunesse du romancier science-fictionnel Philip K. Dick intitulée Second variety opérée par le brillant Dan O’Bannon (Alien, Total Recall), Planète hurlante adopte de nombreux poncifs propres à une science-fiction délavée. Posant ses bases en 2078, le métrage ne parvient pourtant jamais à s’extirper de son contexte filmique réel, offrant une rasade d’effets spéciaux souvent foireux et agrémentant son intrigue de quelques vagues évocations sociopolitiques floues afin de légitimer le monde dystopique dans lequel elle prend place. Sirius 6B, planète désertique aux étendues tantôt neigeuses tantôt ensablées qui se déroulent à l’infini et ne sont parsemées çà et là que de rares ruines aux façades lézardées, se transforme en un camp d’entrainement grandeur nature pour des snipeurs avisés qui ont tout le loisir de dégommer des Hurleurs (nom francisé des Screamers) véloces et meurtriers. Cloisonnés dans leur bunker où ils subsistent désespérément en se berçant d’illusions quant à leur prétendue utilité, interdits de sortie par les casse-bonbons mécanisés qui sévissent jour et nuit, les quelques individus sombrent dans l’oisiveté totale et attendent impatiemment un retour terrestre bien mérité. Allusion faiblarde à la situation géopolitique contemporaine (Irak pour l’heure, la guerre froide pour la nouvelle pour qui ose le rapprochement entre les espions communistes et les Screamers), le cadre n’en constitue pas moins un intéressant point de départ pour une éventuelle métaphore défaitiste.

Pourtant, régurgitant l’essentiel des conventions futuristes (la planète Terre en désarroi, la colonisation des autres étoiles, les éternelles résistances face à une mainmise omnipotente), le script remodelé par O’Bannon prouve d’emblée toute la fébrilité de l’entreprise via les caractérisations simplettes de ses personnages principaux brillamment soulignées par l’amateurisme d’un casting qui, hormis l’impeccable Peter Weller, balbutie exécrablement et surjoue à l’envi. Dès lors, le changement de ton n’étonne que peu, les larmoiements de l’équipée cernée par ces mini-robots sanguinaires laissant place à un pèlerinage qui tourne rapidement à la paranoïa suite à la découverte de l’anthropomorphisme des Hurleurs nouvelle génération. Sous les traits de l’innocence enfantine ou d’un soldat en phase terminale, ces « Epées mobiles autonomes » apitoient les rares badauds égarés avant de leur dévorer la chair en toute impunité. Une cinglante réalité qui élargit le champ des possibles et contraint à une atmosphère anxiogène … jamais palpable. Peu aidé par la mise en scène du canadien Christian Duguay, tâcheron coupable des deux séquelles de Scanners, qui rend illisible chaque scène d’attaque en incorporant de multiples points de vue et étouffe par extension toute inquiétude potentielle, le métrage souffre incontestablement de son scénar’ débridé miné par de nombreuses incohérences avant de perdre tout intérêt lors d’un dénouement hollywoodien, peu en phase avec le pessimisme ambiant dans lequel baignait l’œuvre.

Planète hurlante, énième oeuvrette fustigeant les dérives potentielles de l’high-tech, ne parvient jamais à s’affranchir des clichés du genre qu’elle phagocyte pour recracher mécaniquement. Reste que cette entreprise fauchée, sans jamais atteindre les ambitions qu’elle s’est fixée, parvient tout de même à distancer ses homologues dans une première partie convaincante.


Commentaires sur le film

Planète attachante
3 etoiles

J’ai de bon souvenir de ce film, non dénué de défaut et pourvu d’une ambiance particulière assez pessimiste.

Sinon oui, le final est un peu raté.

P.S : J’avoue que la critique est plutôt lucide.

26 mars 2009 à 12:03 | Par Isokilla

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