Critique de film

Excalibur

"Excalibur"
affiche du film

Le roi Uther Pendragon reçoit de Merlin l'Enchanteur l'épée Excalibur, avec laquelle il doit unifier la terre. Mais sa passion pour Ygraine, l'épouse du duc de Cornouailles, ruine les espoirs de paix de Merlin. L'Enchanteur accède à la demande d'Uther de lui offrir une nuit avec l'objet de son désir, mais réclame en échange le fruit de leurs amours. Il espère trouver en cet enfant l'Élu capable d'unifier la terre, au contraire d'Uther, qui a perdu la confiance de ses vassaux. Avant de mourir lors d'un traquenard, Uther fiche Excalibur dans un roc. L'épée ne pourra être libérée que par la main de l'Élu. Bien des années plus tard, Arthur, l'enfant d'Uther et d'Ygraine, élevé dans une famille d'adoption, participe au tournoi devant désigner le champion digne de tenter de l'épreuve. Le fils illégitime d'Uther parvient à extraire Excalibur de son rocher et à la brandir : il devient ainsi le nouveau roi de Grande-Bretagne, destiné à mettre fin à de longues années de guerre. Mais les seigneurs de guerre ne veulent pas d'un simple écuyer comme roi, et une bataille s'ensuit. Arthur, grâce à sa grandeur d'âme, réussit à créer une alliance autour de lui, et avec le soutien de ses chevaliers et de Merlin, le royaume est de nouveau unifié.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Excalibur - Finement aiguisée
Par : Gilles Penso

Après Délivrance, L’Exorciste 2 et Zardoz, John Boorman se mit en tête d’adapter « Le Seigneur des Anneaux ». Dans l’incapacité d’en récupérer les droits, il se tourna vers les légendes arthuriennes, et si son Excalibur est une adaptation fidèle du classique « La Morte Darthur » de Sir Thomas Malory, l’influence de Tolkien y est palpable. Somptueux d’un bout à l’autre, magnifiquement mis en lumière par Alex Thomson et en musique par Trevor Jones, le huitième long-métrage de Boorman choisit comme pivot le personnage de Merlin (Nicol Williamson), un magicien qui fait alterner les discours sentencieux et le cynisme désabusé. Au service du roi Uther Pendragon (Gabriel Byrne), il lui remet la mythique épée Excalibur et lui permet de prendre l’apparence du duc de Cornouailles pour abuser de son épouse Igraine (Katrine Boorman).

De cette union naît Arthur, que Merlin enlève en déclarant : « l’avenir a pris racine dans le présent ». Pris dans une embuscade, Uther plante Excalibur dans un rocher avant de mourir. Dès lors, la prophétie annonce que celui qui retirera l’épée de la pierre deviendra roi. Des années plus tard, des tournois s’organisent pour que le vainqueur gagne le droit d’essayer d’arracher Excalibur à son socle naturel. Nul n’y parvient, jusqu’au jour où le jeune écuyer Arthur (Nigel Terry) ne la retire accidentellement du rocher. Proclamé roi, Arthur épouse Guenièvre (Cherie Lunghi) et fait bâtir le château Camelot avec sa fameuse table ronde. La paix et l’harmonie reviennent dans le royaume, mais Merlin recommande une certaine prudence : « Le bien est indissociable du mal », dit-il. Le trouble couve en effet sous l’apparat de la sérénité.

Tandis que Guenièvre tombe amoureuse du chevalier Lancelot (Nicholas Clay), Morgane (Helen Mirren), demi-sœur d’Arthur, s’intéresse de près à la magie de Merlin et rêve de « trouver un homme pour enfanter un dieu ». Utilisant la même ruse qu’Uther, elle s’accouple avec Arthur et donne naissance à un fils, Mordred. Arthur en ressort affaibli, et donne à ses chevaliers comme ordre ultime de retrouver le Graal. Tous échouent, sauf Perceval (Paul Geoffrey) qui continue la quête coûte que coûte. Entre-temps, Mordred (Robert Addie) devient un homme et réclame le trône, tandis que la terreur et la misère s’emparent du royaume. Lorsque Perceval trouve enfin le Graal et le porte aux lèvres de son roi, l’espoir revient, et la dernière bataille se prépare…

On ne compte plus les séquences de pure magie qui émaillent Excalibur : l’épée étincelante qui surgit des eaux, le cheval d’Uther qui galope sur une mer de brume, l’apparition de la Dame du Lac, Lancelot affrontant son double, Morgan et Merlin pénétrant dans la caverne du dragon, l’arbre aux pendus, le duel final devant la lune rouge sang… Quant à la chevauchée d’Arthur aux accents emphatiques du Carmina Burana, c’est une de ces fusions sublimes entre la musique classique et le spectacle cinématographique comme il en existe peu, comparable au « Zaratoustra » de 2001 ou aux Valkyries d’Apocalypse Now.

« Je ne suis pas né pour être un homme mais pour être le tissu de la mémoire future » déclare Arthur au cours du dénouement. On pourrait en dire autant du film tout entier, tant il marqua les mémoires.

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