Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Le Reeker reprend sa boîte à outils et torture à nouveau des pauvres victimes peu consentantes en plein désert...
Dans la Vallée de la mort, un serial killer surnommé le Vagabond entasse les cadavres afin de satisfaire l’appétit insatiable des charognards qui l’entourent. Arrêté par un policier dans sa bicoque aux relents mortuaires, le meurtrier est condamné à la chambre à gaz mais revient bientôt sous la forme du Reeker hanter les plaines désertiques. Emissaire du démon, témoin de Satan, le Reeker détruit tout sur son passage au grand dam des cloportes qui se sont aventurés dans la région…
Heureux du succès obtenu par Reeker, Dunn et Illman (l’épouse du cinéaste) permettent
à Dave Payne d’accoucher d’une suite au flick qui reposait uniquement sur son twist niais déjà emprunté par nombre d’œuvres précédemment. Devant l’impossibilité de fournir une sequelle digne de ce nom, Payne, qui cumule à nouveau les postes de scénariste et de réal, opte pour un antépisode révélateur, imitant ainsi le récent exemple de l’imbuvable Motel 2. Centrée sur les exactions de son boogeyman, l’entame de l’œuvre laisse augurer un retour aux sources jubilatoire sous forme de parcours initiatique de ce malade qui prétend être tributaire d’une mission dictée par des voix inaudibles. Leurre de courte durée puisque Reeker 2 : No man’s land reprend à la virgule près la trame du premier opus et s’adonne de surcroît à une surenchère rébarbative. En guise de réjouissance, le Reeker aura donc la joie de démembrer, désosser et dépiauter un shérif préretraité et son rejeton, un Cocheese aventureux, une serveuse peroxydée, trois braqueurs à la petite semaine et une doctoresse aux formes avantageuses. Une faune hétéroclite comme autant d’archétypes dont le cinéaste peine à se détacher, parant même son métrage de quelques instants prétendument émouvants lors d’une discussion entre le shérif-escroc et son gamin désabusé.
A ces personnages qui ne constituent en fin de compte qu’un nouveau troupeau de cobayes pour les crochets aiguisés de son monstre nauséabond, Reeker 2 préfère les dissections, les destructions de masse et les effusions sanglantes. L’attirail entier des
effets sanglants qu’il affectionnait déjà dans sa livraison précédente est réutilisé pour le coup via le savoir-faire de Graham Denman (Starship trooper 3, Alien raiders) qui s’échine à composer quelques moments de boucherie assez mémorables pas toujours convaincants (le bandit étêté fait pâle figure) que des situations rigolardes (à défaut d’être rigolotes) viennent fréquemment désamorcer. Le cinéaste, conscient de l’impossibilité de jouer pour la deuxième fois le même coup, fait amende honorable et offre un spectacle sinon réjouissant au moins supposément drôle, empruntant aux splatter eighties quelques effets tantôt cradingues (des jambes courent toutes seules) tantôt acméiques (le mur invisible à la Bip-Bip et Coyote).
Reeker 2 : No man’s land ne parvient jamais à se distancer des sentiers déjà rebattus par le premier opus. Au point de s’engouffrer dans une répétition dénuée de la moindre originalité et de réemballer dans un accès de dédain un twist analogue à celui qui bâtit la réputation du métrage de Payne. Navrant comme un Snickers sans cacahuètes…

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