Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Madeline Matheson, une femme enceinte de huit mois est déterminée à accoucher naturellement. Après un grave accident, elle décide de mener sa grossesse à terme, malgré la mort de l’enfant...
« Alors que j’avais 19 ans, ma mère m’a appris que j’avais eu un frère jumeau mort-né », nous raconte Paul Solet, dont il s’agit du premier long-métrage. « C’est un sujet qui m’a touché d’un point de vue très personnel, et j’ai décidé d’en faire un film ». (1) Pour prouver ses capacités de metteur en scène, Solet tourne d’abord un court-métrage en 35 mm et en Cinémascope, prélude d’une version longue qu’il baptisera Grace. Enceinte de huit mois, Madeline Matheson (Jordan Ladd) est déterminée à accoucher par voie naturelle chez une sage-femme adepte de la culture bio et du végétalisme. Son époux n’y voit pas d’inconvénient, mais sa belle mère, dont le métier de juge a visiblement forgé un caractère autoritaire et directif, voit cette initiative d’un très mauvais œil, ne jurant que par les hôpitaux traditionnels et par son médecin personnel. Suite à un accident de voiture qui coûte la vie à son mari, Madeline perd le bébé qu’elle porte. Elle décide cependant de mener sa grossesse à terme, et après un douloureux accouchement, le bébé revient à la
vie, comme par miracle. Mais ce miracle va bientôt se transformer en cauchemar…
« Dans un film de genre, je veux simplement avoir peur, avoir peur comme quand j’étais petit », déclare Paul Solet. « Et c’est très difficile à obtenir ». (2) La vision que le film donne des institutions est assez cauchemardesque : l’hôpital est un univers kafkaïen, les parents sont des monstres phagocyteurs et le mariage n’est qu’une mascarade. Grace ressemble donc à un plaidoyer vivace pour la marginalité, la différence. Ce que confirme ouvertement le look du réalisateur, arborant sa casquette et ses tatouages comme un adolescent qui aurait refusé de grandir. Par ailleurs, Grace donne tout pouvoir aux femmes, l’homme s’y révélant faible, manipulé, voire inexistant. Ce que confirme cet époux dont la disparition passe presque inaperçue, ce beau-père écrasé par son épouse ou ce médecin que l’on agite comme une marionnette. La femme, au contraire, s’y exprime avec force, qu’elle soit grand-mère possessive, mère opiniâtre, amante hétérodoxe ou bébé luttant contre sa propre mort.
L’isolation de Madeline, sa rupture avec le monde réel et son basculement progressif vers la folie renvoient immanquablement à Répulsion, tandis que les cris lancinants du bébé dans cet appartement clos et décrépit évoquent régulièrement Eraserhead. Le film entretient d’ailleurs longtemps l’ambiguïté sur la nature réelle de la petite Grace. S’agit-il
vraiment d’un bébé zombie avide d’hémoglobine, ou tout se passe-t-il dans la tête malade de sa mère ? S’il retrouve par moments le climat oppressant et le malaise diffus des œuvres de Roman Polanski et David Lynch, Paul Solet n’en imite jamais les effets de style, composant une mise en scène personnelle et un univers propre. « Lorsque j’étais enfant, mes deux héros étaient David Cronenberg et Roman Polanski », avoue le réalisateur. « J’adore Répulsion et Le Locataire. La manière dont ces films sont racontés est très mature. » (3) Une maturité qu’on retrouve dans Grace, une excellente surprise, hargneuse et sans concession, signée par un jeune cinéaste à suivre de très près. Le film remporta le prix du jury lors de sa présentation au 16ème Festival du Film de Gérardmer.
(1), (2) et (3) Propos recueillis par Herbert West à Gerardmer en janvier 2009
Pour découvrir les critiques d’Herbert West, cliquez ici
Par The Creeper
Madeline est une jeune femme qui a mis toutes les chances de son côté pour tomber enceinte et elle est bien décidée à accoucher, même si son enfant décède in utero suite à un grave accident de voiture. Et contre toute attente, le bébé reprend vie. Un « miracle » qui aura de lourdes conséquences…
Paul Solet signe ici son premier film qui aura acquis une certaine renommée dans les festivals où il aura été présenté (et notamment Sundance) et repart même de Gérardmer avec le prix du Jury. Certains diront que c’est un prix par défaut tant la qualité des œuvres en compétition était disons inégale mais ce serait amoindrir ses qualités. A l’instar de James Wan avec Saw ou Sean Ellis avec Cashback, Solet s’est appuyé sur un court-métrage, le développant pour donner naissance à ce premier long. Encore une fois, les grincheux diront qu’il n’avait pas forcément assez de matière et que le film se traîne en longueur et ne raconte pas grand-chose. Si la trame narrative est certes resserrée, le rythme langoureux permet d’instiller une atmosphère limite poisseuse mais surtout instaure un sentiment de malaise grandissant à mesure que Madeline prend en compte les besoins vitaux de sa petite Grace.
Première approche étonnante, le mâle ici représenté par le mari de Madeline est montré comme ayant pour seul but d’assouvir des fonctions de reproducteur. Il sera vite évacué de la fiction en périssant dans le carambolage. Ou alors, il apparaît comme quantité négligeable, complètement dominé par la femelle (le beau-père est une véritable serpillière devant sa femme) ou comme entité menaçante (le docteur envoyé par la belle-doche). Nous ne sommes pourtant pas dans un film-tract militant pour un féminisme forcené, les personnages féminins gravitant autour de Maddy et du bébé étant loin de tout reproche et surtout habités par la jalousie. Que ce soit la belle-mère qui se voit remplacer sa belle-fille qu’elle juge incapable, ou l’assistante de son ancien amour lesbien.
Solet construit peu à peu son film sur des non-dit et laisse travailler l’imagination de ses spectateurs en montrant très peu d’images explicites, autrement dit gore. Il laisse se propager un fantastique contaminant jusque ses personnages. Questionnant sans cesse les ressources mentales de son héroïne se rendant compte de la nature autre de son bébé. Madeline acceptant peu à peu que Grace n’est pas comme les autres et devant répondre à ses besoins nutritifs singuliers. Très pudique les trois quart du film, le dernier quart d’heure surprend par un traitement plus graphique et qui rappelle la lutte sans merci des deux jeunes femmes de A l’intérieur, sans les débordements outranciers toutefois.
Difficile d’en dire plus sans trop en dévoiler mais Grace utilise avec intelligence le fantastique pour nourrir son récit et l’évolution de ses personnages. Un prix du Jury lors du 16ème festival Fantastic’ Arts loin d’être usurpé.

Non, mais il est passé à Gerardmer et au BIFFF ainsi qu’au NIFFF. Le film fait le tour des festivals mais a de grandes chances de finir en DVD un de ces jours.

Ok, je ne suis pas un grand habitué des films de genre, je l’avoue. Mais j’ai tout de même bien aimé le film pour son niveau intellectuel, ce n’est pas que du sang, le suspence est bien ficelé et la trame dramatique est toujours à mi-chemin entre la réalité et la fiction, ce qui nous laisse scotché sur notre banc. Or, j’avoue n’être pas très expérimenté dans le film de genre, ce qui a pour effet que les 30 premières minutes ont été éprouvante ! Mais bon, excellent film, merci au Festival Fantasia de Montréal pour l’avoir présenté.

Coup de coeur !Bonjour, Je viens de le regarder ,alors première chose il est très bien fait.Pourtant pas trop pour ce genre de film mais la j’en ai même eu des frissons est ne veut pas d’enfant :)

Coup de coeur !visuellement magnifique , l’histoire est surprenante ! j’adore.

Coup de coeur !Je viens de le voir. Je suis un adepte des films de genre. Et...j’avoue que je n’avais pas été effrayer autant depuis peut être Lost Highway - pour le ton du film -. La réalisation est impeccable, tant par la lumière, les cadrages, les sons ou encore le montage et tout ceci sert à maintenir un ton, une ambiance désagréable, une tension, alors que le film est plutôt sur un rythme lent. Le film se permet en plus d’avoir du fond. Divers sujets sont abordés en passant de la féminité à une certaine vision de l’amérique (des images colorées, des intérieurs propres presque sans vie confrontés à l’horreur intérieur etc).
Brillant cinéaste à suivre.

Vu le nombre de bonnes critiques je m’attendais à un excellent film, résultat ça se regarde mais sans plus, pas de suspense, encore moins d’explications, on reste sur sa faim. Au final c’est plutôt décevant.

Coup de coeur !je voudrais savoir où peut-on acheter un bébé semblable à celui du tout début lorqu’il est mort (est-ce un reborn ou pas ? j’aimerais en trouver un pareil) Merci

S’il vous plaît , quelqu’un voudrait t’il m’expliquer , ou bien me donner une adresse , car j’ai vu tous les trailers , toutes les bandes annonces , TOUT quoi ! Mais mes parents refusent que je mle vois , je ne verrais donc jamais le film ... :’( :’( SVP Ca m’agace !!

En pleine post adolescence, Mr Solet apprend qu’il a eu un jumeau mort-né. On imagine le traumatisme : cela fait de lui un jumeau mort-né-vivant. De cette souffrance, il tire un film vampirique, sordide, malsain, où mélangeant différents thèmes, c’est manifestement et surtout sa propre douleur qu’il défoule. Si ce lyrisme dérange, il ne nous attaque que physiquement. Pour le reste, l’auteur, malgré son humour noir, semble se perdre dans son propos, avant de clore dans une chute cannibale de ses obsessions. Et alors ? Des ambiances à la Polanski et à la Lynch. Certains plans à la Kubrick. L’effort est louable. Formellement surtout. Reste un problème : Grace, qui prétend jouer sur le registre de la métaphore vampirique, souffre une comparaison qu’il ne soutient pas : Morse. Souhaitons à Mr Solet de persévérer.
Pas de news associées � ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
Bonjour tout le monde, je voulais savoir si quelqu’un l’a deja vu et comment ? Il est en dvd ou quoi ?
Cordialement, Thai