Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Walter Stevens, un riche homme d’affaires, a reçu des lettres de menace de mort signées par le terrible « Gorille ». Pour assurer sa sécurité et découvrir l’identité de celui qui veut sa mort , Stevens fait appel à un trio de détectives privés. Mulligan, Harrigan et Garrity se lancent alors sur les traces du mystérieux «Gorille ».
Walter Stevens, un homme d’affaire, vient de recevoir par l’intermédiaire de sa gouvernante affolée une lettre du terrifiant Gorille. Cette missive lui précise qu’il ne lui reste que vingt-quatre heures avant de connaître une fin atroce. Voyant l’heure de sa mort approcher à grands pas, Walter fait appel à un trio de détectives censés le protéger. Lâchés dans le manoir, les gugusses multiplient les interrogatoires, accumulent les fausses preuves et tentent par tous les moyens de démasquer le fameux meurtrier…
Fin des années 30. La machine hollywoodienne toussote et éprouve toutes les difficultés du monde à renouveler son répertoire. Dans ce contexte, les majors se lancent à l’assaut des pièces de théâtre qui connurent le succès dans les premières années du siècle, quitte à les recycler pour la énième fois. Un genre nouveau naît : celui des Old Dark house qui recourent continuellement à des ingrédients similaires qui constituent indéniablement un genre reconnaissable entre mille, à savoir une énorme bâtisse aux recoins sombres, une tribu de personnages atypiques, un meurtrier masqué comme seule menace et un ou plusieurs détectives manchots incapables de mener une enquête. Inspirée de la pièce de théâtre de Ralph Spence, Le gorille se pose avant tout comme un refaisage des adaptations précédentes qui connurent les faveurs des salles obscures (sous l’ère muette en 1927 et aux prémisses du parlant en 1931) remodelé sur le schéma comico-policier de The Cat and the Canary de Nugent qui assoit définitivement les codes de ces récits à suspense baignés dans la comédie légère.
A l’instar du contemporain The bat whispers, remodelage parlant de The bat de Roland West remis au goût du jour par le même auteur, Le Gorille emprunte donc des sentiers déjà largement rebattus, mettant en exergue une histoire alambiquée composée d’une pluralité de personnages difficilement identifiables en les cloisonnant dans un lieu aussi gigantesque que macabre. D’autant que le remodelage référentiel se voit amplifié par une retouche peu providentielle visant à faire émerger du scénario les frères Ritz, trio de comiques qui relèvent le défi de constituer de bénins et crétins adversaires aux Marx brothers. Centralisé sur cette association d’abrutis dont les « jokes » ne sont pas si « private » que ça (au regret du spectateur), le métrage perd en consistance au fil des minutes, ne devenant plus qu’une pièce de théâtre filmée assez rébarbative qui se contente de compiler les situations burlesques au gré des disparitions et autres
rebondissements ambigus. En résulte une intrigue aussi labyrinthique que les couloirs aux multiples déviations et passages dérobés au profit des amuseurs Jimmy, Harry et Al Ritz (campant respectivement Garrity, Harrigan et Mulligan) qui se démènent, gesticulent dans tous les sens, courent d’un bout à l’autre du manoir, s’évanouissent à l’envi et grimacent à l’excès afin d’édulcorer l’amertume d’une histoire réduite à son plus simple appareil et, le tour est de force, dans le même temps dénué de la moindre limpidité.
Les présences honorifiques de Lionel Atwill dans la peau du présumé millionnaire menacé et de Bela Lugosi qui incarne son étrange serviteur constituent d’indigestes gageures qui ne suffisent nullement à égayer cette œuvre aux élucubrations narratives aussi épileptiques (un rebondissement abscons toutes les cinq minutes) que sa mise en scène ne s’avère profondément arythmique et académique de bout en bout. Le cinéaste Allan Dwan qui compte à son tableau la réalisation de plus de quatre-cents œuvres (dont la plupart sous l’ère muette) ne rivalise aucunement avec la maestria filmique d’un Roland West (revoir The bat whispers pour s’en convaincre). L’ultime preuve que quantité n’équivaut pas à qualité.
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