Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Amy, une petite fille solitaire et rêveuse, fuit la réalité familiale trop contraignante à son goût. Grâce à un anneau magique, elle trouve une amie qui ressemble étrangement à la première épouse défunte de son père. Le rêve et la réalité se rejoindront pendant une nuit de Noël.
Amy, la fille des Reed, incapable de se lier d’amitié avec ses camarades de classe, se voit obligée de s’inventer des amis imaginaires pour ne pas s’ennuyer, au grand désarroi de son père. Alors qu’elle décide de braver sa timidité et de transgresser les limites de ses rêveries pour s’amuser avec d’autres enfants, Amy est attirée au détour d’une rue par la voix d’une femme qui lui offre une bague magique. Persuadée des possibilités que lui offre l’anneau, la petite fille formule un souhait : trouver une amie. Irena, l’ex-épouse défunte de son père, l’accompagne désormais dans ses jeux…
Le succès financier de La Féline qui permit à la RKO de se remettre à flots entraîne irrémédiablement une
séquelle produite par l’indécrottable Val Lewton qui compte redonner vie à la splendide Irena. L’équipe technique du premier film rassemblée en grande partie (DeWitt Bodeen au scénar’, Nicolas Musuraca à la photo et Roy Webb à la musique) à laquelle viennent se greffer les noms de Kent Smith, Jane Randolph et de la splendide Simone Simon qui éblouit à nouveau de son joli minois la pellicule noir et blanc, ne reste plus au producteur qu’à se mettre en quête d’un metteur en scène, Jacques Tourneur se consacrant de son côté à échafauder les second et troisième volets de sa trilogie. Son dévolu se porte successivement sur Mark Robson, monteur de La féline, qui est occupé à réaliser son premier métrage The seventh victim, et sur Gunther Von Fritsch, dont le documentaire This is the Bowery a séduit Lewton. La durée de tournage officielle terminée, le cinéaste n’a cependant mis en image que 40 pourcents du script et se voit finalement remplacé par Robert Wise qui dut déjà œuvré de la sorte en tournant quelques séquences additionnelles pour The Magnificent Ambersons d’Orson Welles dont les plateaux et décors vont être réinvestis pour l’heure afin de contrebalancer un budget fortement aminci par le retardataire Von Fritsch.
En neuf jours, Wise, prodigieux monteur de la RKO (pour Citizen Kane notamment), boucle le tournage et permet à la production de ne pas perdre trop de plumes. Particulièrement homogène, le métrage ne permet aucunement de distinguer les shoots de Wise de ceux de son prédécesseur, au point que l’affiche s’entichera provisoirement d’un troisième nom tout aussi probant, celui de Val Lewton qui était à l’origine du projet et a sans nul doute eu son mot à dire sur l’ensemble de la production, même si le titre de l’œuvre Amy and her friend dont il avait convenu au départ avec DeWitt Bodeen ne sera pas retenu par les pontes de la RKO qui lui préféreront une affiliation patente avec le Cat people de Tourneur. La malédiction des hommes-chats renvoie donc davantage à une tentative
publicitaire via un rattachement douteux qu’il n’évoque l’intrigue mise en place. A l’univers angoissant et dramatique de La féline se substitue un monde fantasmé où s’entremêlent rêve et réalité, un délicat amalgame dont le personnage d’Irena est un porte-étendard obscur, les circonstances de ses interventions entraînant l’éternelle posture dubitative quant à la tangibilité de la figure protectrice. Processus similaire pour le triangle maudit Mme Farren/sa fille/Amy, source de conflits majeure reposant sur l’équivocité de la liaison parentale entre la vieille dame qui renie sa fille et affirme que la sienne est décédée à un âge infantile tandis que ladite fille tente de la persuader du contraire. Une dramatisation à dominante psychologique qui se berce de faux-fuyants et de révélations fallacieuses tout en cultivant une dichotomie fantasmagorico-réelle qui enveloppe les évasions imaginaires de coton pour asséner plus profondément la dure et triste réalité.
Tantôt féérique tantôt dramatique, La malédiction des hommes-chats s’appuie essentiellement sur la poésie photographique de Musuraca pour calfeutrer les brèches d’une intrigue parfois confuse voltigeant incessamment d’une situation à une autre, quitte à s’engoncer dans un diptyque aux peintures souvent effleurées dont on ne peut que regretter le manque d’approfondissement.
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