Critique de film

Massacre dans la vallée des dinosaures

"Nudo e selvaggio"
affiche du film

Un avion s'écrase en pleine jungle amazonienne. Les survivants vont alors devoir combattre cannibales, marchands d'esclaves, animaux sauvages et piranhas pour s'en sortir...

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Critique de Massacre dans la vallée des dinosaures - A la poursuite du diamant vert
Par : Damien Taymans
Tags : Cannibales, Aventure

A San Sebastiano, petite village à l’orée de l’Amazonie, débarquent le professeur Ibanez et sa fille Eva. Ils y croisent Kevin Hall, jeune Newyorkais dont la profession est de vendre aux musées des os et des fossiles préhistoriques, qui loue le paléontologue pour avoir le droit de les accompagner dans une expédition les menant au cœur de la vallée des Dinosaures. Accompagnés par un ex-guerrier du Vietnam et son ex-épouse ainsi que d’un photographe pervers qui emmène avec lui deux canons quelque peu dénudés, ils se retrouvent bientôt, suite au crash de leur avion, au milieu d’une jungle hostile peuplée de cannibales et de piranhas…

Michele Massimo Tarantini, d’abord assistant de Sergio Martino sur des films comme Cugini carnali ou I Corpi presentano tracce di violenza carnale, prend finalement son envol vers la fin des seventies pour s’illustrer principalement dans le domaine de la comédie, polissonne si possible (La Prof connaît la musique). Après son émigration en terre brésilienne en plein coeur des eighties, le cinéaste décide de joindre l’utile à l’agréable en pondant coup sur coup deux œuvres autant empreintes de l’univers amérindien qu’elles ne participent à une tendance très transalpine, celle de l’aventure aux accents anthropophages. En 1985, suivant la voie de nombre de réalisateurs bisseux (Deodato et Lenzi en sont les porte-étendard avec Cannibal holocaust et Le Dernier monde cannibale pour le premier et La secte des cannibales et Cannibal ferox pour le second) qui s’aventurent sur le terrain (souvent glissant) des cannibal movies, Tarantini s’immisce dans le genre en signant Massacre dans la vallée des dinosaures, dans un premier temps intitulé Cannibal ferox 2, titre qui lui permet de s’infiltrer dans une brèche déjà exploitée auparavant par le délirant Lenzi, arnaqueur de première qui n’hésite pas à reprendre les mêmes images pour créer deux oeuvres.

Pourtant, si le pitch de départ s’apparente fortement à un film de cannibales italiens (des Occidentaux coincés dans une jungle amazonienne peuplée de piranhas, de crocodiles et d’Indiens anthropophages), le métrage, après avoir soigneusement régalé le spectateur en s’adonnant à l’étalage insipide des poncifs du genre, s’écarte quelque peu de sa ligne de conduite pour effectuer un revirement à 180 degrés et s’aventurer sur le terrain plus grand public du film d’aventures traditionnel. Dès lors, le personnage campé par l’Amerloque Michael Sopkiw (vu dans Apocalypse dans l’océan rouge et Blastfighter, deux œuvres de Lamberto Bava) se transforme-t-il de plus en plus en un ersatz amazonien de l’Indiana Jones de Spielby auquel il emprunte charme, flegme et amour de la rixe qui lui permettent de faire autant tourner la tête des femmes qu’il ne brise celle de ses assaillants. Des tortionnaires symbolisés, contre toute attente, par une troupe d’Occidentaux plus sauvages que les sauvages (l’inversion des rôles, elle, est commune à ce type de productions) qui nourrissent comme dessein de recruter de force leurs nouvelles proies pour combler les manques sexuels de leur crétin en chef China (le cabotineur Andy Silas dont ça restera le seul rôle au cinoche, à raison) et pour aider une main d’oeuvre servile déjà nombreuse pour extraire des émeraudes de leurs mines diamantifères. De quoi sacraliser dans un dernier élan notre sauveur en herbe en le transformant en vengeur de la veuve et de l’orphelin.

Se distinguant fondamentalement du genre cannibale (aucune scène de torture d’animaux et une toute petite séquence de cannibalisme), Massacre dans la vallée des dinosaures se présente en fin de compte comme un mélange plutôt réussi d’aventures et de comédie (la bagarre du bar) sur toile de fond exotique. Une œuvre surannée qui pâtit beaucoup du poids des années mais rattrape assurément en plans nichons (des tas de paires comme l’indique le titre originel, Nudo e selvaggio !) ce qu’il perd en intérêt scénaristique.

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