Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Les forces de l'ombre et de la lumière se livrent bataille depuis des milliers d'années pour mettre la main une mystérieuse relique maléfique. Magnus Martel envoie ses enfants Jake et Mira la détruire pour éviter qu'elle ne tombe entre les mains des forces démoniaques.
Le richissime Magnus Martel persuade son fils de reprendre en main la mission qui fut la sienne pendant de nombreuses années : retrouver le Loculus, sorte de relique chrétienne dont le sort est étroitement lié au destin de l’Église et de l’humanité. Mais un descendant des Templiers va tout faire pour s’approprier la relique à des fins d’un tout autre genre...
Un an avant le Da Vinci Code de Dan Brown et 19 ans après le livre à scandale L’énigme Sacrée du trio Lincoln-Baigent-Leigh, Stuart Urban, épaulé par Frank Falco à l’écriture, nous présente une énième version condensée (mais pas simplifiée) de l’univers ésotérique et christique qui sévit donc depuis 1982. Amateurs de symboles religieux absconses, de vieilles églises décrépies, de l’abbé Saunière et de son trésor caché, des Templiers et leurs secrets, bref de tout ce ciment propice aux films à énigmes ce film devrait être pour vous pour autant que vous fassiez abstraction de tout le reste !
Bénéficiant d’une très belle brochette d’acteurs issu de la vieille garde (Terence Stamp, Udo Kier, Vernon Dobtcheff, Liam Cunningham, Derek Jacobi...), Revelation pourrait être comparé à un téléfilm gros budget programmé sur la BBC en deux parties. Mais non, l’ensemble du budget semble avoir été dégagé pour attirer uniquement du beau monde au détriment d’un réal de qualité ou encore de spécialistes en effets spéciaux dignes de ce nom. D’une platitude désolante, le film s’enlise dans une succession de références religieuses et historiques qui ont tôt fait de noyer le spectateur dans l’ennui ou l’incompréhension la plus totale. De la crucifixion au 18ème siècle d’Isaac Newton en passant par les premières églises chrétiennes en 45 après Jésus Christ ou l’apogée des Templiers en 1299, Revelation ressemble à une machine à remonter le temps permettant de voir l’ami Udo Kier avec une barbe, Udo Kier avec un casque romain, Udo Kier longs cheveux au vent ou encore Udo Kier en cardinal de Bricassart. Le Tout servi en sauce anglo-saxonne ne se souciant aucunement de la véracité des faits ou de la subtilité historique.
Le jeune Jake Martel (ça fait Tilt pour le nom ? Non ? 732, Poitiers ? Non ?
Bon...) accompagné de Mira, la spécialiste en alchimie (superbe Natasha Wightman !), doivent combattre une armée de fantômes mais aussi les autorités gouvernementales impliquées dans la recherche du Loculus. Cela nous vaut des scènes d’action ineptes, des prises de combat à la Julie Lescaut et un suspens inexistant le tout dommageable sur l’ensemble du film. Et pourtant, pourtant, Revelation arrive tout de même à captiver notre attention sans trop savoir pourquoi d’ailleurs. Est-ce le jolis minois de Mira (et son joli popotin) ? La scène hot et blasphématoire de nos deux tourtereaux ? Les beaux yeux d’Udo ? Les quelques effets gore distillés ci-et-là ? Ou encore le côté Indiana ? Allez savoir...
N’empêche que le twist scénaristique final est original et jamais exploité auparavant ce qui nous laisse une note agréable pour un film qui méritait mieux. Ambitieux, parfois mal interprété, le film aurait gagné à emprunter un angle plus humble avec pourquoi pas l’humour à l’anglaise qu’on aime tant. Naviguant entre La Neuvième Porte et Les aventuriers de l’Arche Perdue, Revelation n’arrive pas pour autant à la hauteur de ceux-ci mais n’a par contre rien à envier à un certain Da Vinci Code pourtant nanti d’un budget douze fois plus conséquent...

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