Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Au coeur de New-York, un PDG, sa femme et leur garde du corps sont retrouvés sauvagement assassinés. Sur leurs cadavres, des poils... Dewey Wilson mène l'enquête.
Michael Wadleigh est sans doute l’un des réalisateurs les plus atypiques de sa génération. L’homme commença sa carrière en tant que directeur de la photographie en officiant sur les drames I call first et David Holzman’s Diary. Faisant étalage d’un génie certain de l’esthétique, Wadleigh ne tarde pas à se faire repérer par le monde de la musique pour qui il livrera, tant à la réalisation qu’à la photographie, bon nombre de chef-d’œuvres documentaires : Woodstock
(1970), Janis (1974), Woodstock : The Lost Performances (1990) et Jimi Hendrix : Live at Woodstock (1999). Entre-temps, en 1981, Wadleigh signa son seul film non-documentaire, Wolfen, qui tranche carrément avec l’idéologie défendue d’habitude par le cinéaste. De l’irrévérence et l’anarchie vantée par l’époque rock dont il se fit messager, le réal proposa avec sa seule fiction une histoire de loup empreinte de mysticisme et de tradition. C’est dans ces conditions que l’insoumis inspecteur Dewey Wilson doit mener l’enquête sur une vague de meurtres violents ayant tous pour point commun la découverte de poils d’animaux. Maniaque ou animal sauvage, le meurtrier, tapi dans l’ombre attend son heure.
A la manière dont on présente un spectacle, Wadleigh entame son film avec force travellings et plans-séquences détaillant, dans un style léger et aérien, la ville de New York qui sera bien vite le théâtre d’étranges événements. Ces derniers, rendus au mieux par le cinéaste, arrivent à toute vitesse pour proposer d’emblée la scène d’anthologie du métrage. Afin de tirer le meilleur parti d’une mise en scène et d’un décor savamment étudiés, Wadleigh use d’une caméra subjective pour figurer efficacement l’entrée en scène de ce qui s’avère être un animal, sans doute un loup. A l’inverse d’autres œuvres qui dévoilent bien vite un loup-garou souvent ridicule esthétiquement parlant, Wadleigh garde pour lui le mystère de l’animal (et si c’était un bigorneau tueur ?) en utilisant une foule de plans-séquences saccadés et agrémentés de filtres translucides.
Le niveau de cette entame figure dès lors parfaitement
la première partie d’une intrigue où la bête, et donc les plans-séquences, vont se multiplier à un rythme agréable, en alternance avec la présentation de l’enquêteur principal, campé par l’excellent Albert Finney qui n’est pas sans rappeler le sombre Inspecteur Harry incarné par Clint Eastwood, dix ans plus tôt. Malheureusement, cette forte personnalité va grappiller au fil du temps une aura plus grande, mettant sous l’éteignoir les éléments fantastiques du récit et, en particulier une créature que l’on eût espéré plus présente dans le final. Néanmoins, le mysticisme se développant au fur et à mesure de l’intrigue, la thématique finale abordée par Wadleigh paraît réellement novatrice. Sans pour autant être un modèle du genre, la séquence finale, assez intellectualiste et mystique, offre une belle justification à l’œuvre.
Le manque de rythme se faisant hélas sentir dans la deuxième partie avec, en point d’orgue, une clôture trop calme, Wolfen a du mal à s’ériger en véritable révolution du genre. Malgré cette déception, le film n’en demeure pas moins un bel exemple de réussite qui sort totalement des sentiers battus. Wadleigh aurait sans doute dû persévérer dans le fantastique plutôt que de rester enfermé dans le carcan documentariste.
Pas de news associées � ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
désolé pour le ripage d’avant ! lol... 4 étoiles car c’est une révolution.... Mystique le terme est bien choisi ! Mon film préfèré de loup garou même si le thème en est un peu détourné. Mais ça manque un peu de rythme pour être un chef d’oeuvre !