Critique de film

Deadly Spawn (The)

"Return of the Aliens"
affiche du film

Deux campeurs assistent à la chute d’une météorite. Arrivés au point d’impact, ils constatent qu’il s’agit d’une entité extraterrestre qui ne va pas tarder à les dévorer. La créature élit domicile dans le sous-sol d’une maison dont les habitants vont satisfaire son appétit vorace. Charles, un jeune garçon féru de cinéma fantastique, son frère Pete et ses amis vont devoir lutter contre cette monstruosité qui se multiplie rapidement…

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Deadly Spawn - Monstro-plante
Par : Damien Taymans
Tags : Extra-terrestres

Deux campeurs trébuchent sur les restes d’une météorite et se voient d’emblée attaqués par de jolies créatures extraterrestres peu amènes qui n’ont pour seule obsession que de leur pécorer le fion à coups de quenottes. Après s’être réfugié dans la cave d’une maison isolée, les aliens attendent patiemment de pouvoir passer au hors-d’œuvre made in Terre : des ados boutonneux…

Ah, les eighties ! Les rythmes psychédéliques qui inondent les dancings, les coupes improbables des jeunes mâles en quête de conquêtes et les pantalons pattes d’eph’ qui reviennent sur le devant de la scène. Et, surtout, sa production horrifique plus riche que jamais d’où émergent les premiers slashers, les comédies zombiesques et les délires maniaco-dépressifs de transalpins cannibales. En marge de cette résurrection horrifique subsistent des séries B tendance Z qui attendent un modèle pour s’en inspirer allègrement quitte à dissimuler sa médiocrité sous des labels mensongers. Deadly spawn est incontestablement de ceux-là. Création unique de Douglas McKeown qui calfeutra intelligemment sa production sous l’intitulé Return of the Aliens, drainant à lui pour le coup le public attiré par la popularité du chef-d’œuvre de Ridley Scott sorti quatre ans plus tôt, un métrage avec lequel il n’entretient pour seule comparaison que celle d’incorporer des humains en proie à un extraterrestre hostile. Entre pastiche assumé et parodie maladroite, le métrage surfe sur la vague que saisirent également une kyrielle d’oeuvrettes science-fictionnelles aux qualités relatives comme Inseminoïd de Norman J. Warren ou La Galaxie de la terreur de Bruce Clark.

En guise de référence extraterrestre, Deadly spawn s’attache plus particulièrement à La Chose d’un autre monde dont il semble être le remake foireux, sorte d’anti-produit carpentérien aux relents kitchs (les fringues et décors d’une ringardise sans pareil même pour les eighties, son monstre plasticiné). Comparaison plus fiable que celle évoquée par le titre de l’œuvre puisque le film de McKeown entretient de sérieux points communs avec l’œuvre de Hawks, narrant lui aussi les mésaventures d’humains dans un environnement resserré face à une créature galactique hostile aux descendants des Australopithèques. Ne s’encombrant pas des futilités scénaristiques (un alien course des hommes pour les bouffer, point barre), ni de la moindre préoccupation filmique (une photographie sombre qui camoufle un tant soit peu les plans inutiles), Deadly spawn fonce droit vers son sujet, à savoir la méchante bêbête qui a atterri inopinément dans la cave à vin d’une famille de dégénérés. Une créature improbable, réduite à son plus simple appareil (un œsophage et plein de têtes aux dents aussi nombreuses qu’inquiétantes préfigurant celles utilisées dans Les Langoliers de Tom Holland), dont les galbes subtilement caoutchouteux et les lèvres gonflées au silicone (à faire jalouser Lova Moor) suffisent à détendre des zygomatiques mis à rude épreuve durant les nombreuses déambulations du monstro-plante (La Petite boutique des horreurs n’est pas loin !) et de ses rejetons rampants au sein de la maison familiale. Des déplacements incessants qui rompent avec l’immobilisme de départ et amènent une salvatrice augmentation rythmique qui se décline en autant de situations cocasses (la dégustation des retraitées) contenant chacune son lot de meurtres graphiquement jouissifs.

Deadly spawn, pour amateur qu’il soit, n’en reste pas moins un métrage sympatoche qui contient en lui les germes de ces séries B des années 80 bricolées avec trois fois rien (pour le coup, 25 000 dollars) et distillées avec une telle franchise et une telle générosité que c’en devient admirable de maladresse.

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