Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Deux frères retournent dans leur ville natale après des années d'absence. Ils sont proches, mais très différents : Richard, l'aîné, est solide et déterminé. Son cadet Anthony, plus irrésolu et légèrement attardé, imite innocemment ses moindres faits et gestes. Les deux frères s'installent sur les collines qui surplombent la ville et se remémorent le passé. Mais si Richard est là, c'est pour se venger. La ville qu'il a quittée huit ans plus tôt est en effet toujours aux mains de la même bande de petits dealers minables, et il saura où les trouver. La menace de sa présence suffit à provoquer soupçons et paranoïa. Pourquoi est-il revenu, que veut-il et surtout après qui en a-t-il ? Richard traque ses ennemis un à un, distille la peur dans leurs esprits et les monte les uns contre les autres. Au fur et à mesure que le clan se divise, la vérité éclate sur les faits terribles qui se sont déroulés par le passé...
Par Dante
Après des chocs comme The descent, Eden lake, le fun Doomsday, les hilarants Shaun of the dead ou Severance, le cinéma anglais vient d’accoucher d’une nouvelle perle et pas la moindre : l’inédit en France (c’est une véritable honte) : Dead man’s shoes. Nouveau film, pas de façon chronologique, de Shane Meadows, à qui l’on doit le très intéressant This is England, qui nous réconciliait avec la chronique sociale devenue depuis quelques temps un peu trop intellectuelle.
Dead man’s shoes peut apparaître comme une énième variation sur le thème de la vengeance qui, comme nous le savons, a donné le pire comme le meilleur. Le métrage narre l’histoire de Richard, ancien soldat,
revenu dans sa ville d’origine pour venger son frère attardé victime des mauvais traitements infligés par un groupe de délinquants notoires. Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous, mais dès les premières images, Meadows se démarque rapidement de ses prédécesseurs. Prenant le parti de filmer son histoire d’un point de vue documentaire, ce qui donne des images brutes et dénuées de toute artifice visuel, ce qui peut nous rappeler le Bloody Sunday de Greengrass ou son This is england déjà mentionné ci-avant. Cette approche propose donc une violence frontale et toujours réaliste, qui évite la surenchère et reste d’une simplicité choquante. Ce réalisme est accentué par un casting impressionnant, avec bien entendu la révélation du film et le coscénariste, Paddy Considine, complètement habité dans son rôle de anti-héros aussi antipathique que touchant. Aidé par le quelque peu sous-exploité Toby Kepell (vu dans Wilderness) et toute une galerie de sales gueules plus vraies que nature loin des habituelles caricatures. Un film pris sur le vif, que la limite des moyens ne vient jamais enrayer. Charge émotionnelle
surpuissante, l’oeuvre vous prendra aux tripes pour ne vous lâcher que lors d’un final percutant qui renvoie aux oubliettes tous les twists du cinéma contemporain.
Car le force du film réside ici, Meadows prenant le parti de filmer un morceau de vie pris sur le vif, son film est d’une noirceur abyssale, jamais soulagée par une note d’espoir, et servie par un humour très noir qui fera grincer les dents de certains et quelques touches pathétiques au sens littéraire du terme comme on n’en avait plus vu au cinéma depuis des années.
On pourrait longuement disserter sur l’impact de ce film, mais c’est avant tout une expérience cinématographique à vivre, plus troublant qu’un Martyrs et plus intelligent que la plupart des vigilantes. Un chef-d’œuvre, sûrement l’œuvre la plus forte de la décennie. Une véritable leçon de cinéma, qui nous rappelle que celui est encore un art et n’est pas encore totalement enchaîné sur l’autel des profits.
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