Critique de film

GMK - Giant Monsters Attack

"Gojira, Mosura, Kingu Gidorâ: Daikaijû sôkôgeki "
affiche du film

Cinquante ans après la première attaque de Godzilla sur le Japon, le gouvernement craint plus que jamais un nouvel assaut dévastateur du géant radioactif. Malgré les progrès technologiques, seules trois créatures mystiques, les « sacred beasts » (Mothra, Baragon et King Ghidorah) d'une vieille légende japonaise oubliée de tous, semblent pouvoir stopper la furie du titan. Quand une première créature pointe sa corne (en locurence Baragon), tous pensent que Godzilla est de retour. Seule une jeune jour-naliste fait la rapprochement avec la légende séculaire. Bientôt, c'est au tour de Mothra, puis de King Ghidorah d'apparaître. Mis en garde par un vieux sage mystérieux, ces signes ne trompent pas et God-zilla finit par surgir des fonds marins en rayant un village de la carte avec son puissant rayon radioactif. Godzilla va se mesurer tour à tour à chacune des sacred beasts dans des affrontements à couper le souffle.

Les critiques à propos de ce film

Critique de GMK - Giant Monsters all out Attack - S’il ne fallait voir qu’un Godzilla, que ce soit celui-là
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Asiatique, Monstres

Avec un titre pareil l’amateur de films de monstres japonais ne peut qu’exiger un véritable sommet dans la carrière de Godzilla. Et, heureusement, les promesses un peu pompeuses en apparence de ce titre seront tenues. Et de la plus belle des manières !

Après la destruction d’un sous-marin américain et diverses attaques mystérieuses, le Japon plonge dans l’inquiétude. Godzilla serait-il de retour ? Le général Tachibana, qui a perdu ses parents 50 ans plus tôt lors de la première attaque du lézard géant, en est persuadé. Mais pour la plupart des Japonais, Godzilla est une légende : le pays vit en paix depuis un demi-siècle et n’a plus entendu parler du monstre atomique disparu dans les profondeurs océanes. Yuri, la fille de Tachibana, mène cependant son enquête pour le compte d’une chaine de télévision. Elle découvre finalement un vieux « sage », Isayama, dont la théorie est que Godzilla n’est pas un simple monstre mais l’incarnation des âmes des soldats morts durant la Seconde Guerre Mondiale. Selon lui seuls les Trois Gardiens sont à même de combattre Godzilla et il faut donc éveiller Baragon, Mothra et King Ghidorah.

Shûsuke Kaneko fait table rase du passé et applique à Godzilla le traitement radical qu’il avait offert à Gamera quelques temps auparavant. Après avoir revitalisé complètement la célèbre Tortue atomique par une trilogie novatrice, il s’attaque à présent au Roi des Monstres en personne. Un défi à la mesure de son talent et de son amour du genre. GMK se veut donc la suite directe du Godzilla original de Honda, réalisé en 1954, et ne tient absolument pas compte des 20 (!) longs-métrages produits au cours des presque 50 précédentes années. Décidé à rendre à Big G sont aspect effrayant, perdu depuis plusieurs décennies, Kaneko n’hésite pas à montrer le lézard écraser des foules en fuite, détruire un hôpital d’un coup de queue ou désintégrer ses victimes en crachant son rayon de la mort. Face à ce Godzilla déchaîné, Kaneko place trois des plus fameux monstres du Kaiju Eiga (le film de monstres japonais) mais réinvente également leur mythologie respective. Baragon, Mothra et Ghidorah sont cette fois les gardiens de la Terre, des créatures « élémentales » symbolisant la terre, l’air et l’eau.

GMK se permet donc une relecture complète d’une légende que l’on pensait immuable, pour ne pas dire sclérosée. Sans se soucier des puristes, Kaneko redéfinit ainsi le back-ground de la saga mais ne néglige pas pour autant les personnages, beaucoup plus travaillés que de coutume et s’attarde particulièrement sur la relation entre le père (le général) et sa fille (la reporter courageuse). Car GMK se préoccupe d’offrir une véritable émotion sans négliger une dose d’humour et une quantité effarante de séquences spectaculaires. Les scènes de destruction se succèdent en effet à un rythme alerte, Kaneko ne perdant pas son temps en inutiles palabres (un travers de nombreux Godzilla beaucoup trop verbeux !) pour se concentrer sur l’action. N’en déplaise aux détracteurs, les effets spéciaux sont d’une qualité exceptionnelle : maquettes, monstres, effets visuels, animations,…GMK cultive l’excellence à tous niveaux.

Le monstre vedette, en particulier, paraît enfin vraiment menaçant : haut de soixante mètres, musculeux, le dos recouvert d’ailerons blanchâtres, il est capable d’expressions et crache son rayon de destruction à intervalles réguliers, pulvérisant de fort belle maquette avec une énergie rarement vue dans la série. Baragon, de son côté, n’est pas aussi populaires que le Lézard Géant puisqu’il est uniquement apparu dans Les lézards géants et dans Frankenstein conquers the world. Son retour attendu est intéressant, même si la créature à quatre pattes est battue assez rapidement. Beaucoup plus populaires, Mothra et King Ghidorah sont également de la partie et s’avèrent extrêmement réussis, en particulier le dragon tricéphale qui s’avère un adversaire redoutable pour Godzilla. Le combat final constitue sans hésiter le point d’orgue de ce métrage et, par extension, celui de toute la saga. La musique, enfin, est intéressante, mêlant l’électronique avec l’orchestral sans oublier de placer l’inévitable thème de Big G, témoignant de la volonté évidente de marier au mieux l’ancien et le moderne.

Réussite éclatante du Kaiju, GMK est très certainement un des tous meilleurs Godzilla jamais tournés et, pour la plupart des fans, il est tout simplement LE meilleur film consacré à Big G ! Un quasi sans faute pour un chef-d’œuvre du genre !

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