Critique de film

Malédiction du pendu (La)

"Hangman's Curse"
affiche du film

Able Frye, une jeune lycéenne qui s'est suicidée par pendaison dans son lycée, hante les esprits de tous les étudiants. Lorsqu'une étrange maladie touche plusieurs étudiants, ceux-ci pensent être touchés par la malédiction du pendu. Pour faire face à ces événements, le proviseur du lycée fait appel à la famille Springfield, grande spécialiste des événements paranormaux.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Malédiction du pendu - Haut et court
Par : Damien Taymans
Tags : Insectes

Depuis le suicide par pendaison d’Able Frye dans son lycéé, une terrible malédiction frappe les étudiants de celui-ci. Les joueurs de l’équipe de football américain (des castards sans cervelles, mais que c’est original !) tombent comme des mouches et, par facilité ou par complaisance, l’on accuse volontiers les gothiques du coin de s’adonner à des rituels de magie noire pour provoquer ces morts inopinées. La famille Springfield (Les Siiimpsons…) débarque sur place pour tenter de faire éclater la vérité vraie…

Le Canadien Rafal Zielinski, auteur du nauséabond Reality check, essai manqué qui s’escrimait à surfer sur la vague des reality massacre shows du moment, revient à la charge dans le genre avec cette Malédiction du pendu. Comme l’indique son titre originel (Franck Peretti’s Hangman’s Curse), le métrage est adapté d’un roman du prolifique mais soporifique écrivain à suspense Peretti. En guise de transposition, le roman éponyme reçoit les mérites d’un PG 13 profondément ancré dans la farce familiale pro-adolescente dont il n’arrivera jamais réellement à se défaire. Il faut dire que les pérégrinations des Springfield, famille hors du commun qui ne passe son temps qu’à investir les lieux du crime pour en résoudre les mystères, prête à sourire. Sous le couvert d’une prétendue association gouvernementale nommée Veritas (de la racine latine signifiant vérité), la terrible équipée, ersatz des amis du chien Scoubidou, débarque sur les lieux du crime, se répartissant les rôles à-qui-mieux-mieux (toi, tu seras étudiant, toi, tu seras… aussi étudiant et toi, laveur de chiottes) pour tenter d’élucider le mystère. Mélange improbable entre les Spy kids (en moins drôles) et Les experts (en nettement moins efficaces), les Springfield deviennent rapidement un pendant irréaliste aux Indestructibles de Disney (un comble !) qui finit par lasser.

Parti pour être un récit à suspense aux relents surnaturels, l’œuvre se trouve édulcorée par un sentimentalisme lourdingue mis à mal par les peintures limitatives de cette équipée hors du commun et des autres cohortes lycéennes (les clans rébarbatifs des djeunz branchés, des sportifs écervelés, des gothiques reclus et des intellos amoureux des animaux et de la science). Des caractérisations tellement grossières qu’elles virent d’emblée à la caricature grotesque et entravent les potentialités anxiogènes de l’intrigue. Dès lors, les débordements arachnophobiques qui pointent leur nez en bout de métrage tombent à plat, incapables seuls de reprendre en main les dérives scénaristiques dont le réal nous a abreuvé jusque-là. Une tension tuée dans l’œuf par le manque de prise de risques d’un réal trop préoccupé par son estampillage pro-acnéens pour se soucier un tant soit peu de son climax prétendument morbide. Zielinski n’encourrait-il aucun risque alors ? Si, un seul. Celui de suivre à la lettre une histoire aux mille et une élucubrations illogiques en phase avec le peu d’investissement de chacun des acteurs de ce produit filmique aussi divertissant que capillotracté. Pourquoi le lycée ne ferme-t-il pas ? Pourquoi aucune analyse toxicologique n’est faite sur les trois victimes ? Pourquoi les parents ne retirent-ils pas leurs mômes ? Autant de questions qui ne trouveront aucune réponse, à l’instar d’un dénouement aussi abscons que rapidement expédié (grâce à Peretti lui-même dans le rôle casse-bonbons du scientifique toqué).

De son entame obscure à son dénouement abscons, La Malédiction du pendu jette dans un désarroi aussi désagréable que vivifiant (faut quand même admettre qu’on ne s’ennuie que très peu). Une expérience indigeste dont on ressort heureux. La patte Zalinski ? Rien n’est moins sûr...

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