Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Deux cents ans après la mort de l'officier Ripley, une équipe de généticiens ressuscite la jeune femme en croisant son ADN avec celui d'un Alien. Le cauchemar reprend. A bord de la station Auriga, Ripley donne naissance à un fils qui lui est aussitot enlevé. Prisonnière, elle s'efforce de renouer avec son lointain passé humain. Bientôt un autre vaisseau rejoint l'Auriga. Parmi l'équipage composé de brutes et de mercenaires, Ripley decouvre une belle jeune femme, Call, avec laquelle elle ne tarde pas a se lier d'amitié.
Ce qui devait arriver est arrivé, les hommes détiennent maintenant des Aliens à des fins scientifiques et dans le but malheureux de créer une race parfaite et apprivoisée. Le général Martin Perez transporte dans son vaisseau plusieurs Xenomorphs sujets à des expérimentations douteuses dont l’une d’entre elles concerne Ellen Ripley. Disparue il y a deux cents ans dans la forge de la planète Fiorina 161, son sang fut miraculeusement conservé afin de pratiquer des clones de celle-ci permettant d’enfanter des Aliens. Mais ceux-ci, plus agressifs et plus malins encore, parviennent à s’échapper à bord de la navette. Et c’est reparti pour un tour…
Après le troisième épisode de la saga signé David Fincher, on pensait la série définitivement close avec la mort d’Ellen Ripley. Mais c’était sans compter sur le talent de Joss Whedon, scénariste des géniaux Toy Story (1995) et Serenity (2005) pour nous proposer une des résurrections les plus attendues du cinéma. Pourquoi ne pas se servir de ce sujet hautement contemporain et réaliste qu’est le clonage humain se dit le scénariste et redonner ainsi vie à l’héroïne mythique et par la même occasion à la série tout court.
Le choix de Jean-Pierre Jeunet à la réalisation (Danny Boyle et David Cronenberg furent pressentis tout un temps) ne constitua pas une réelle surprise compte tenu de son univers décalé, quelque part entre Terry Gilliam et Tim Burton, et tout à fait adaptable à celui imaginé par O’Bannon. Dès les premières minutes on reconnaît d’ailleurs l’humour, l’atmosphère et les gueules chers au réalisateur français comme l’inénarrable Ron Perlman, le grincheux Dominique Pinon ou encore l’inquiétant Brad Dourif. Un casting de rêve (Winona Ryder et Sigourney Weaver en tête) pour un scénario en béton parsemé de répliques hilarantes qui font souvent mouche. De toute évidence le cadrage nerveux et tout en gros plans des visages ainsi que la lumière superbe de Christopher C. Strong (Zodiac, Se7en) tranchent avec la réalisation plus classique des œuvres antérieures.
Une œuvre qui se veut comme une remise à zéro du mythe en
bouleversant l’histoire et en proposant de nouvelles pistes exploitables comme ce clone de Ripley à la force démesurée et au sang acidifié d’Alien, cette nouvelle faculté aquatique des extraterrestres ou encore et surtout ce monstre hybride, résultat de clonages entre l’humain et le Xenomorph. Une bête affreuse (possédant des yeux cette fois) d’une violence et d’une cruauté plus terrible encore. Certaines scènes sont devenues cultes à l’instar de la poursuite dans l’eau où nos héros se rendent compte avec horreur que les aliens y évoluent très vite et très bien. La galerie des horreurs aussi avec ses multiples essais abjects de clonage et cette évolution morphologique jusqu’à l’avant-dernière phase découvrant une Ripley mi-humaine, mi-alien dans un tableau très freak. À 48 ans, Sigourney est plus belle encore, plus énigmatique et toujours autant investie dans son rôle fétiche surtout avec 11 millions de dollars de salaire.
Malgré le refus initial de David Giler (un des maîtres producteurs de la série) de réaliser un quatrième opus, Alien, la résurrection fait plus qu’honneur aux pionniers de la quadrilogie (Scott, Cameron). Mieux, ce film d’un gore soutenu et d’une virtuosité technique édifiante, devait marquer la résurrection de la saga. Le retour sur terre initié à la fin du film incite un cinquième épisode intéressant. Jean-Pierre Jeunet, tout en apportant son univers déjanté et très personnel, nous offre ici un excellent Alien, certes moins réussi dans l’atmosphère latente et inquiétante qui faisait la force des précédents opus, mais plus moderne dans la technique et plus impertinent dans un scénario magistral. Ici se clôture la quadrilogie, à vous la Terre…


Ce que le succès d’Alien nous a trop fait oublier avec le temps, c’est que la vraie star, celle sans laquelle le film ne vaudrait rien, celle sans laquelle il n’y aurait aucune quadrilogie, ce n’est pas Sigourney Weaver, c’est la créature issue de l’imagination de Giger. On a même était jusqu’à nous en faire une vulgaire grosse fourmi avec laquelle aime jouer le prédator (il est loin le temps de la fascination d’Ash pour le prédateur absolu). Et pourtant, dira-t’on, la star, c’est aussi Sigourney. Que cela ne tienne, Jeunet réconcilie tout ce petit monde par croisement génétique. Il fallait oser. Magistral. Sigourney est plus sexy que jamais, et Jeunet remarquablement respectueux du seul vrai maître indispensable dans cette affaire de réalisation visuelle et esthétique de l’idée de Van Vogt : Mr Giger. Amen.
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