Critique de film

Sorcières d'Eastwick, Les

"Witches of Eastwick, The"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 1987
  • Scénaristes : John Updike, Michael Cristofer
  • Acteurs : Jack Nicholson, Michelle Pfeiffer, Susan Sarandon, Veronica Cartwright, Cher
  • Réalisateurs : George Miller
  • Pays d'origine : Etats-Unis
  • Durée : 1h58
  • Musique : John Williams
  • Bande annonce
  • Récompenses : Saturn Award pour le meilleur acteur (Jack Nicholson) en 1988
    BAFTA Award pour les meilleurs effets spéciaux en 1988
    Nominé au Oscars pour la meilleure musique (John Williams) en 1988
    Nominé au Oscars pour le meilleur son en 1988
    Nominé aux Saturn Awards pour la meilleure actrice (Susan Sarandon) en 1988
    Nominé aux Saturn Awards pour le meilleur film fantastique en 1988
    Nominé aux Saturn Awards pour la meilleure musique (John Williams) en 1988
    Nominé aux Saturn Awards pour le meilleur second rôle (Veronica Cartwright) en 1988
    Nominé aux Saturn Awards pour le meilleur scénario (Michael Cristofer) en 1988

Trois jeunes femmes espiègles et indépendantes se morfondent dans la très puritaine petite ville d'Eastwick ou jadis furent brûlées maintes sorcières accusées de commerce avec le Diable. Nos trois belles se réunissent tous les week-ends et babillent gaiement à bâtons rompus de tous et sur tout. Jusqu'au jour où un extravagant personnage, un certain Daryl van Horne, s'installe dans la demeure la plus somptueuse de la ville...

Les critiques à propos de ce film

Critique des Sorcières d’Eastwick - Un lubrique petit diable...
Par : Gore Sliclez

Dans une petite ville de la Nouvelle Angleterre, trois femmes célibataires, belles et désirables, s’ennuient de ne pas pouvoir vivre leur vie. Effacées dans une communauté bourgeoise et protestante, Alex, Jane et Sukie revendiquent la liberté de leurs choix au risque de choquer les conservateurs de la petite bourgade. Alors quand Daryl Van Horne arrive un beau jour et décide de s’installer dans la plus grosse propriété de la ville, les trois amies se prennent à rêver de cet homme mystérieux, au charme et à la gouaille irrévérencieux. Et quand celui-ci se décide enfin à leur rendre visite, elles tombent toutes les trois sous le charme démoniaque de cet étrange personnage au risque de faire scandale.

Deux ans après son troisième et dernier opus consacré au sombre héros Mad Max, George Miller décide d’entamer un virage à 180 degrés en abandonnant la violence pour la légèreté tout en adaptant le livre de John Updike, Les Sorcières d’Eastwick (1987). Visiblement charmé pas cette satire des petites villes protestantes et bourgeoises des Etats-Unis vues par Updike, il décide alors de s’entourer d’une somptueuse brochette d’acteurs : Jack Nicholson, la Brune Cher, la Rousse Susan Sarandon et la Blonde Michelle Pfeiffer. Quatre tempéraments, quatre personnalités…

Et ce quatuor va littéralement éclabousser l’écran de leur talent mais aussi d’une complicité qui fait mouche. Nicholson en Daryl Van Horne, sorte de lutin démoniaque aux vêtements démesurément grotesques, se retrouve ainsi en nabab provocateur au milieu de son harem de femmes devenues fatales, tel le « lubrique petit diable » de ces dames. Face à ces bacchanales improvisées, la communauté s’inquiète à l’instar de sa figure de proue, Felicia Alden (fabuleuse Veronica Cartwright en bigote qui pète les plombs !), souffre-douleur de Van Horne, bien décidée à mener la guerre contre la subversion et le Mal.

Les Sorcières d’Eastwick est une œuvre légère, virevoltante que la musique de John Williams transcende une nouvelle fois ponctuant des scènes hilarantes, érotiques et devenues cultes pour certaines. La leçon de musique de Daryl offerte à Jane, véritable orgasme musical pour la plus coincée des trois apprenties sorcières, est une scène d’une drôlerie impertinente et jouissive. Et que dire de ces centaines de noyaux de cerises vomis par la pauvre Felicia en pleine église, le visage marqué par la folie voire la démence. Même les passages fantastiques sont remarquablement dirigés pour un néophyte en la matière à l’instar de cette course effrénée du diable Van Horne, conscient d’avoir été trahi, et s’élançant en voiture, le visage terrifiant, la main et le pied griffus, dans des cascades impressionnantes.

Souvent taxés d’anti-féministes par une certaine presse de l’époque, les dialogues sont tout le contraire et se révèlent savoureux de malice et d’impertinence, piquant au vif les préjugés de la société bien-pensante. La photographie et les décors burlesques participent astucieusement à cette bouffonnerie géniale, drôle à souhait et au suspens final haletant. Une fable inconvenante qui n’a pas pris une ride depuis près de vingt ans et qui ravit encore et toujours les amateurs du second degré, burlesque et provocateur.

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