Critique de film

Jour où la Terre s'arrêta (Le)

"The Day the Earth stood still"
affiche du film

Une soucoupe volante atterrit sur Terre. Alors qu'on les croyait hostiles, les extraterrestres sont en fait porteurs d'un message de paix pour l'humanité…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le jour où la Terre s’arrêta - Pop Corn Movie
Par : Quentin Meignant
Tags : Extra-terrestres

1951-2008, cinquante-sept ans d’écart entre le modèle et son remake. Pourtant, la 20th Century Fox décida d’arrêter une nouvelle fois la Terre ce 10 décembre 2008, à grands renforts d’acteurs de renoms. Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Kathy Bates, Jaden Smith, autant d’artistes conviés, sous la houlette de l’excellent Scott Derrickson (L’exorcisme d’Emily Rose), à offrir un nouveau moment intense de SF à l’humanité toute entière. Pile un an après Je suis une légende, les producteurs, toujours avides de billets verts se devaient de proposer une nouvelle machine science-fictionnelle capable d’écraser le box-office. Au menu donc, un remake de l’œuvre de Robert Wise lorgnant tout de même vers une thématique plus contemporaine. Si l’arrivée de Klaatu, sauveur de la planète et non des humains, crée le tumulte dans les deux œuvres, le sujet abordé dans le métrage cuvée 2008 diffère quelque peu de celui des 50’s. C’est ainsi que Le jour où la Terre s’arrêta se place dans une optique écologique à l’heure où les bouleversements climatiques font plus que jamais la une de nos quotidiens.

D’emblée, le métrage tente de s’ancrer dans la SF pure et dure avec une séquence flash-back aux effets spéciaux véritablement impressionnants. Hélas, le manque d’utilité de cette scène semble criard, d’autant que l’ellipse qui s’ensuit place le récit… 80 ans plus tard sans qu’aucun lien avec ce qui précédait ne soit dévoilé. Malgré ce manque de clarté, Scott Derrickson reprend tant bien que mal les rennes de son œuvre, fixant doucement les codes SF nécessaires assez rapidement tout en procédant à la présentation des deux protagonistes humains principaux. Si Jennifer Connelly parvient à tirer admirablement son épingle du jeu, le petit Jaden Smith (fils de Will, décidément la famille est une grande habituée des films SF de fin d’année !) surjoue lamentablement offrant une bien pâle vision de l’enfant américain classique, fils de militaire fier de sa patrie. Convenu, son personnage est d’ailleurs assez comparable à un canevas dont Le jour où la Terre s’arrêta n’arrive pas à se dépêtrer !

Entre un spectacle, certes grandiose mais avant tout trop superficiel que pour réellement paraître un tant soit peu efficace, et une intrigue flirtant d’un peu trop près avec une facilité de mauvais aloi, le métrage sombre peu à peu dans une platitude déconcertante. Heureusement, des effets spéciaux exceptionnels viennent en aide à un ensemble trop bien-pensant que pour être vraiment honnête. Ressassant toujours les mêmes phrases moralisatrices, l’œuvre se mord la queue tandis qu’un spectacle de qualité s’impose petit à petit. Ce décalage entre le scénario et l’image trouvera son paroxysme dans un plan-séquence, figurant une véritable visite de la planète entière, d’une qualité hors du commun. L’esthétique prend alors le dessus sur les énormes tares du film et est une excuse toute trouvée aux « oublis » scénaristiques et autres facilitations d’usage.

Se dotant d’un happy end purement hollywoodien peuplé d’inepties en tous genres et surtout d’une idéologie catholique dérangeante (à la Je suis une légende), Le jour où la Terre s’arrêta pourrait paraître insupportable à une partie du public. Heureusement pour Derrickson, les effets spéciaux instillent au spectacle une certaine force qui sauve quelque peu l’ensemble. Loin d’être le renouveau de la SF, le film se contentera d’être un film grand public engrangeant un maximum de billets verts au box-office.


Critique de Le Jour où la Terre s’arrêta - Ca ne tourne plus rond à Hollywood
Par : Samuel Tubez

Le Jour où la Terre s’arrêta, le remake (ben ouais, je sais…) du classique de la science fiction réalisé en 1951 par Robert Wise débarque à grands renforts de spots publicitaires dans nos télés et d’affiches dans nos abribus. Rassurez-vous, ils sont venus en paix…ou presque.

Lorsque Klaatu, un extraterrestre d’apparence humaine, arrive sur la Terre, les autorités sont bouleversées. Tandis que tout le monde tente de percer son mystère, une scientifique parvient à nouer un contact avec lui et à comprendre le sens de sa mission : Klaatu est là pour sauver la Terre de ceux qui sont en train de la détruire : les humains.

Les films de science-fiction étant plutôt rares sur nos écrans, on pourrait se réjouir de la présence de cette œuvre dans nos cinémas. En plus, dans celui-ci, les extra-terrestres ne veulent pas détruire la planète Terre mais la sauver. Hélas, l’idée n’est pas neuve et a déjà été racontée avec brio par le réalisateur de La maison du Diable. Pour cette nouvelle version, on a juste pris la peine de sensiblement réactualiser le propos (dans l’original, il s’agissait des armes de destruction massive, ici, il s’agit de non-respect de notre environnement puisque comme le dit si bien Klaatu : « Si la Terre meurt, vous mourrez, si vous mourrez, la terre survit. ») et on y a bien sûr ajouté des effets visuels numériques du plus bel effet (les apparitions de Gort, le robot géant, sont ainsi très réussies et s’avèrent tout à la fois inquiétantes et fascinantes). Les intentions narratives sont également louables, puisque le film de Scott Derickson (L’exorcisme d’Emily Rose mais aussi Hellraiser Inferno) annonce quelques sous-intrigues enthousiasmantes (le second extra-terrestre, la composition d’une arche,…) mais les abandonne malheureusement aussitôt. C’est d’autant plus dommage qu’on a droit à des interprétations tout à fait correctes de Keanu Reeves (dans la mesure où son rôle demande de ne laisser transparaître aucune émotion, ça le fait) et de la toujours délicieuse Jennifer Connelly.

L’intérêt de ce nouveau Jour où la Terre s’arrêta s’avère donc plus que limité pour toute personne connaissant le classique de Robert Wise. De plus, l’optimisme de plus en plus prégnant du film confirme cette désagréable sentence que l’on s’entend trop souvent dire : « ils nous ont encore pondu un remake bien fade et inutile, les cons ! »


PREVIEW CINE - Le Jour où la Terre s’arrêta
Par : Quentin Meignant

En 1951, Robert Wise marqua les esprits avec Le jour où la terre s’arrêta, aka The Day the Earth stood still, remportant au passage un Golden Globe. Bien plus qu’un simple chef-d’oeuvre, le métrage lança définitivement la vague SF régnant en maître aux States durant les 50’s et faisant la part belle aux productions de tous genres, de la plus crétine à la plus élaborée. Que serait en effet aujourd’hui le monde des geeks sans Le père noël contre les martiens, It conquered the world, La guerre des mondes, Les soucoupes volantes attaquent et autres joyeusetés du genre ?

Il faut dire que Robert Wise, se basant sur le scénario de Edmund North et d’Harry Bates, avait mis toutes les chances de son côté en se basant sur des phénomènes sociologiques dans l’air du temps. En effet, après une seconde guerre mondiale éprouvante pour les esprits, la paranoïa était de mise aux States. Sur fond de guerre froide, cette véritable psychose de l’inconnu (rouge de préférence, parfois vert concernant l’extragalactique) suscita un engouement pour les faits relatant la présence d’ovnis sur le territoire. A partir de là, Robert Wise n’eut qu’à exploiter les croyance populaires, jouant de la sorte sur la peur de l’autre. Mais, bien plus qu’un simple film d’envahisseurs martiens, c’est dans le traitement pacifique de son oeuvre que le réal frappe fort. Les extraterrestres sont à ce titre venus en amis pour prévenir les humains des dangers de l’arme atomique, autre grande préoccupation du moment (largement utilisée par un Roger Corman, faisant muer des animaux irradiés à toutes les sauces, pensons aux jolies sangsues gargantuesques). Prouvant par A+B la bêtise d’humains hargneux, Wise révolutionne complètement la SF qui avait, jusque-là, dépeint les extraterrestres comme des êtres hostiles assoiffés de pouvoir. En inversant les codes, le cinéaste entend mettre la société de l’époque à l’amende et lui rappeler les erreurs récentes qui ont failli conduire le monde à sa perte.

Ce chef-d’oeuvre de SF ayant provoqué une véritable révolution et ses droits appartenant toujours à la Twentieth Century Fox, on ne doit guère s’étonner de voir Le jour où la Terre s’arrêta revenir sur nos écrans quelque 57 ans après son original. Dans une SF post-Matrix qui peine désormais à étonner, laissant d’ailleurs le genre comme l’un des parents pauvres du cinéma moderne, Le jour où la Terre s’arrêta pourrait bien faire office de véritable épouvantail, en surfant à nouveau sur la vague des préoccupations de notre temps ! Exit donc le thème de l’arme nucléaire, qui paraît désormais surranné, la faute à une foule de productions répétitives et faites dans l’urgence. Le jour où la Terre s’arrêta version 2008 se rapprochera de nos préoccupations actuelles en exploitant le thème de la menace écologique. C’est ainsi que l’arrivée sur Terre de Klaatu (nom pas très éloigné de Kyoto...), un extraterrestre d’apparence humaine, provoquera de spectaculaires bouleversements. Tandis que les gouvernements et les scientifiques tentent désespérément de percer son mystère, une femme, le docteur Helen Benson, parvient à nouer un contact avec lui et à comprendre le sens de sa mission. Klaatu est là pour sauver la Terre... avec ou sans les humains !

Cette version 2008, qui s’annonce beaucoup plus intimiste que la version de Robert Wise, devrait néanmoins reprendre les éléments qui ont fait le succès de l’original en mettant en scène une nouvelle forme de psychose et aussi un Klaatu, vision archétypale du Christ (il est prêt à se sacrifier pour la sauvegarde de l’humanité, il arrive du ciel, ...) dans l’oeuvre de 1952. Ce personnage sera ici incarné par un Keanu Reeves dont on attend beaucoup, lui qui, jusqu’à présent, est resté le Monsieur Matrix dans l’esprit de beaucoup. Se dépêtrer de cette image de Neo sera sans doute la chose la plus compliquée pour celui qui, depuis Matrix Revolutions, a évité la SF comme la peste. Néanmoins, le fait de le voir à l’affiche d’une super-production comme Le jour où la Terre s’arrêta n’est sans doute pas innocent, étant donné que l’acteur est considéré comme l’icône de la science-fiction actuelle. De ce fait, bien plus que pour n’importe quel autre acteur, on s’attend à une prestation cinq étoiles de la part d’un Reeves que l’on espère toujours aussi mystérieux et charismatique.

L’acteur sera aidé dans sa tâche par Jennifer Connelly qui incarne le Docteur Helen Benson, seule être humain capable de comprendre Klaatu. Ce personnage fut incarné dans la version originale par la grande Patricia Neal, actrice en général dévouée aux séries télé. L’actrice de Requiem for a dream, A beautiful mind Blood Diamond et Dark Water aura donc fort à faire pour égaler la prestation de son modèle, mais on peut compter sur son immense talent pour venir titiller le coeur des cinéphiles de tous bords. Aux côtés de ce duo de rêve (qui doit coûter quelques belles grosses liasses de billets verts à la production), on retrouve des acteurs confirmés tels que John Hamm (The Unit, Providence), le vétéran John Cleese (Silverado, Le Monde ne suffit pas,Frankenstein), Kathy Bates (Misery, Le tour du monde en 80 jours, Titanic) ou encore Roger R. Cross (24h chrono). Tout ce beau monde a été dirigé par le réalisateur Scott Derrickson, qui s’était signalé en 2005 par l’excellent Exorcisme d’Emily Rose.

Le cinéaste, qui s’essaie ici pour la première fois à la SF, devra donc se surpasser pour tenter d’égaler le chef-d’oeuvre de Robert Wise, mais, au vu de son talent et de la belle brochette d’acteurs dont il dispose, on peut espérer qu’il livrera une péloche puissante qui pourrait bien marquer les esprits en vue des tous prochains Oscars. Car, en plus d’être une redoutable machine commerciale, la production de la Twentieth Century Fox pourrait bien viser beaucoup plus haut et s’octroyer l’honneur de quelques prix. A ce titre d’ailleurs, on peut compter sur la volonté d’aller de l’avant de Scott Derrickson qui, tout en respectant l’oeuvre originale, entend bien libérer son oeuvre de toute influence trop pesante du passé, comme il l’a déclaré voici peu : "Cela m’a pris du temps pour explorer cette possibilité que nous avions pour nous démarquer de l’original. J’ai travaillé sur différentes pistes pour essayer de me débarrasser de ce poids trop lourd. Finalement, j’ai renoncé. J’aimais cette histoire d’alien qui décide de prendre une apparence humaine. J’ai un respect sans borne pour l’adaptation de Robert Wise qui est pour moi l’un des plus grands films de science-fiction de ces 50 dernières années. Le film que nous avons conçu rend hommage au film original mais aussi à ses personnages, en particulier Gort qu’il était hors de question de retirer ou de modifier à notre guise."

Le jour où la terre s’arrêta devrait donc être l’un des événements ciné de cette fin d’année et, peut-être bien, marquer le renouveau d’une science-fiction post-Matrix dont les contours ont pour l’instant du mal à se dessiner. Bien plus qu’un simple film, le métrage symbolise sans doute l’un des grands tournants du genre. La Terre s’arrêtera donc dès ce mercredi 10 décembre, jour de la sortie d’un métrage très attendu, tant par le grand public que par les cinéphiles avertis.

BANDE-ANNONCE :

PHOTOS :

Commentaires sur le film

wendy wu
0 etoiles

18 décembre 2008 à 09:12
Le jour ou hollywood s’arrêtera de se croire supérieur .
2 etoiles

Inutile de résumer ce qui a été très bien développé dans les critiques, je voulais juste signaler un détail insuportable, c’est cette hypocrisie qui rêgne dans le métrage. Le film génère dès le début un discour pessimiste, une annonce de fin du monde, la on se dit, il va dévellopper son propos pour mieux mettre en avant la bêtise humaine. Non non, il faut rester consensuel, c’est un spectacle familial, on a droit à toutes les erreurs et ça nous sauvera. Donc comprennez que les extra terrestes nous envie nôtre humanité (bête et gentil à la Homer) et nous laisse donc continuez à rester nous même. Un discour formaté qui empeste le foutage de g....

27 mars 2009 à 12:03 | Par Isokilla

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