Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
En général, pour tout ado normalement constitué, le bal de fin d’année est l’occasion de faire la fête, de boire plus que de raison et de conclure avec son cavalier ou sa cavalière d’un soir. Dans cette petite ville, l’édition de cette année risque d’être un peu particulière. En effet, suite à une fuite toxique provenant d’une usine nucléaire voisine, les morts qui reposent dans le cimetière local vont retrouver une nouvelle jeunesse et se rappeler au bon souvenir des vivants...
Par Colqhoun
Lors de la nuit du Bal de Promotion, des morts sortent de leurs tombes et s’en prennent à tout ce qui vit. Seuls les quelques geeks interdits de bal seront à même de limiter les dégâts en tentant de stopper l’invasion de zombies. En somme, le parfait petit film de morts-vivants du samedi soir à regarder entre potes en bouffant de la pizza et en se descendant quelques bières (enfin, je dis ça, moi je bois que du thé froid).
Enfin, ça c’est ce que l’on pourrait penser en lisant ce résumé. Mais Dance of the Dead se vautre en beauté sur quasiment toute la ligne. Il est devenu difficile à l’heure actuelle de réaliser des comédies horrifiques qui soient vraiment drôles et vraiment horrifiques. Et Dance of the Dead fait partie de cette catégorie de films qui se reposent un peu facilement sur leurs acquis, ici en s’imaginant que zombies + nerds, ça fera l’affaire. On pourra penser que le budget apparemment famélique puisse être mis en cause. En effet, dans l’ensemble, la réalisation manque cruellement d’énergie et un certain nombre de séquences donnent l’impression d’avoir été entièrement tournées avec l’éclairage à disposition sur les lieux (comme cette scène -longue et chiante- dans le funérarium, sous-exposée d’un bout à l’autre). Peut-être peut-on y voir la volonté d’un certain réalisme via l’utilisation de l’image numérique, mais en l’état c’est surtout très moche. Mais avec un peu de conviction, nous pourrions occulter cet aspect-là et nous dire qu’un film, tout fauché soit-il, s’il est pourvu de bonnes idées et d’un réalisateur qui sait ce qu’il veut (Peter Jackson sur Bad Taste, par exemple), peut donner un résultat réjouissant. Là aussi Gregg Bishop
loupe le coche et se laisse aller aux grosses ficelles, enquillant les péripéties sur une voie plus balisée que le périf’ parisien. La plupart des blagues tombent à plat, les personnages ne sont jamais attachants et, comble du comble, le film reste passablement avare en gore (allez voir le dernier Romero qui, sur ce point précis réussit au moins à être salement impressionnant).
Ne vous méprenez pas, Dance of the Dead reste, au fond, un film sympathique. Tout raté qu’il puisse être, on sent une certaine passion derrière sa confection et jamais le réalisateur ne donne l’impression de vouloir révolutionner le genre (contrairement au dernier Romero qui, pour le coup, est vraiment gonflant dans son discours pachydermique), se contentant de nous offrir une série B peu ambitieuse qui n’a pas d’autre but que d’amuser les adolescents bouffeurs de pop-corns. Ce qui en soit est déjà honorable.
Véritable pierre angulaire institutionnelle outre-Atlantique et vulgaires débauches fêtardes chez nous (sauf quand Sophie Marceau s’en mêle), les bals estudiantins ne sont nullement délaissés dans le cinéma de genre comme en témoignent les opus de De Palma (Carrie au bal du diable) et de Nelson McCormick (l’infâme relecture Prom Night). Reprenant à leur sauce (les piteux souvenirs du tandem semblent encore prégnants) cette fameuse étape transitoire censée consacrer
l’accession à un stade adulte précoce, le scénariste Joe Ballarini et le réal Gregg Bishop livrent une œuvre scénaristiquement innovante (des zombiards qui investissent un bal de promo, jamais fait encore) et aussi efficace que rock’n’roll.
Un mélange entre les comédies légèrement grivoises délestées dernièrement chez l’oncle Sam et les zombie movies ? Le peu rafraichissant essai teuton La nuit des loosers vivants l’avait déjà tenté, disséminant au gré de blagues salaces à répétition quelques séquences prétendument louangeuses à l’égard d’un bestiaire qui n’était esquissé qu’en-dessous de la ceinture. Adoptant un rythme effréné, Bishop livre au contraire une œuvre légèrement décalée dont la qualité des poncifs se mesure à l’aune de la déformation offerte en son temps par O’Bannon avec son Retour des morts-vivants. Baigné de figures caricaturales (la pom-pom girl, le délinquant proche de la trentaine, le cancre, le geek président des réunions SF, le blagueur un peu gauche, le premier de classe, le prof tyrannique et le proviseur corrompu), le métrage suit dans les situations les plus représentatives de la vie quotidienne un aréopage aux traits grossièrement ciselés. Tous ces personnages, diamétralement opposés se retrouvent coincés ensemble suite à quelque événement fâcheux. L’amuseur s’est fait plaquer à la veille du bal par une girlfriend lassée de son manque de sérieux, les groupe de rock est mis au ban au profit d’un obscur groupuscule, les tarés science-fictionnels préfèrent visiter le cimetière que de s’humilier en public, le casseur snobe cette minable réunion de têtards sur le déclin. Un ostracisme volontaire ou non qui mène chacun vers un funérarium, antre de leur improbable communautarisation. Progressivement, chacun gagne en épaisseur face au séisme qui les frappe. La situation acquiert tout son sens et la distribution des rôles investit chaque élément individuellement d’une fonction pour le bien du groupe.
Ce qui n’empêche nullement les zombies d’être de la partie. Admirateurs depuis leur plus jeune âge des péloches de Romero dans lesquels les morts-vivants avancent en traînant la patte, les deux compères
décident de coller plutôt à la récente vague entamée par Snyder qui dope considérablement les undeads et leur prête une vélocité sans pareil. A l’image de la sortie des tombes (moment d’anthologie dans l’immense diaspora zombiesque), Dance of the dead opte pour des créatures plus menaçantes tout en répondant à une règle intéressante : la vitesse de déplacement des morts dépend du laps de temps qui s’est écoulé depuis leur trépas. Les morts récents peuvent se projeter hors des tombes et courir tel des guépards, et ceux qui sont décédés depuis un bout de temps correspondent à l’idée stéréotypée des zombies, à savoir qu’ils trainent les talons sur le sol et avancent lentement. Coexistent ainsi des ennemis survitaminés et d’autres extrêmement proches des pèpères rigolards romériens, comme se plaisait à le dire notre bon Jess Franco.
Aux antipodes des créations humoristico-horrifiques qui sortent à la pelle et tentent de revigorer le genre zombiesque, Dance of the Dead, malgré un budget famélique au possible, parvient à concilier ton rafraichissant et conventions antédiluviennes (parsemées d’un zeste d’innovation) sans que l’ensemble soit totalement dégueulasse (la photo parfois sursaturée et baveuse).

Une petite série B dont la durée réduite permet un bon rythme, de l’humour, des personnages assez développés, quelques idées sympa et une bonne humeur assez communicative. Dommage que cela manque un peu de gore quand même :-)
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Faut que je le revois car les maquillages et les zombies sauteurs m’avaient un peu défrisé. Sinon le traitement des ados est formidable...