Critique de film

Fear itself - Eater

"Fear itself - Eater"
affiche du film

Mellor, serial killer efficace aux trente victimes dont certaines dévorées, est incarcéré dans un commissariat. Bannermann, jeune recrue, doit veiller le cannibale toute la nuit à ses risques et périls...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Eater (FI) - Terreur cannibale
Par : Damien Taymans
Tags : Cannibales, Possession, Serial killer

Les débuts de la première saison de Fear itself, pendant édulcoré politiquement correct des anciens Masters of Horror, disposent d’un bilan plus que mitigé. Dénuée de toute violence graphique en raison de préceptes commerciaux propres à la NBC, la série ne cesse de tournoyer maladroitement autour du genre horrifique pour ne finalement servir que des thrillers fantastiques hasardeux voire désincarnés.

Moment idyllique pour que Stuart Gordon, indétrônable des maîtres de l’horreur à qui l’on doit déjà deux contributions plus qu’honnêtes avec Le cauchemar de la sorcière et Le chat noir, ne livre son segment en guise de contribution à l’élévation du niveau de cette série pseudo-horrifique. Pour ce faire, Gordon met face à face deux personnages atypiques : une jeune recrue policière, fan d’horreur, et un serial killer cannibale qui compte une trentaine de meurtres à son actif. Deux êtres que tout oppose qui vont devoir s’affronter lors de nombreux face-à-face se révélant malheureusement peu réjouissants en raison des multiples intermèdes corporels qui séparent les deux protagonistes principaux.

Possession, sorcellerie, cannibalisme, serial-killer, le segment gordonien surfe sur plusieurs sous-genres, se brûlant au passage en évitant de s’immiscer dans l’une ou l’autre catégorie. Dès lors, beaucoup de tâtonnements et peu d’effroi. La promiscuité imposée par les lieux resserrés ne constitue jamais pour Gordon un terrain propice à l’instauration d’une ambiance anxiogène. Les personnages traités de surface amènent plus d’antipathie que d’empathie, défaut majeur d’un épisode qui se veut atmosphérique et s’avère au final être un jeu de piste parfois ennuyeux parce qu’aisément prédictible.

Néanmoins, on ne peut que saluer l’alternative artistique pour laquelle Gordon a opté, nous offrant un épisode certes clichesque, baigné dans son influence de l’œuvre de Jonathan Demme et dans de multiples autres références horrifiques (prouvant par-là même l’amour que nourrit le réalisateur pour le genre), mais qui évite la banale aspiration au sempiternel twist pour retourner à une trame plus classique mais plus efficace.

Eater ne constitue pas un revirement salvateur pour les Fear itself mais il présente l’avantage considérable d’être un produit manufacturé par un vrai représentant du genre qui ne prend pas les spectateurs pour des twistophages décérébrés.

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