Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Une soucoupe volante atterrit en pleine nuit près de Los Angeles. Quelques extraterrestres, envoyés sur Terre en mission d'exploration botanique, sortent de l'engin, mais un des leurs s'aventure au-delà de la clairière où se trouve la navette. Celui-ci se dirige alors vers la ville. C'est sa première découverte de la civilisation humaine. Bientôt traquée par des militaires et abandonnée par les siens, cette petite créature apeurée se nommant E.T. se réfugie dans une résidence de banlieue. Elliot, un garçon de dix ans, le découvre et lui construit un abri dans son armoire. Rapprochés par un échange télépathique, les deux êtres ne tardent pas à devenir amis. Aidé par sa soeur Gertie et son frère aîné Michael, Elliot va alors tenter de garder la présence d'E.T. secrète.
1982, une année dont de nombreux trentenaires se souviennent (parce que c’est celle de ma naissance, Gore ? - ndlr). La guerre des Malouines, la Coupe du Monde 1982 et la victoire belge contre l’Argentine (ben oui, ça on s’en souvient forcément), le suicide de Patrick Dewaere (photos à l’appui dans Paris Match), l’apparition de la Nintendo Game & Watch (et ses bip bip horripilants) ou encore le Thriller de Bamby (bon, apparemment, on s’en tape de ma naissance - ndlr). Mais 1982, c’est aussi et avant tout un film, LE film de l’année qui restera des semaines, voire des mois à l’affiche des salles de cinéma, faisant quelque peu concurrence au Ghandi d’Attenborough.
E. T. L’extraterrestre, puisque c’est de lui qu’il s’agit, survient un an après Les aventuriers de l’Arche perdue et permet à Spielberg de renouer avec la science-fiction après son très réussi Rencontres du troisième type (1977) où apparaissaient déjà des aliens pacifiques.
Un vaisseau spatial atterrit sur terre la nuit, en plein milieu d’une forêt. D’étranges créatures, à la démarche pataude, au cou démesuré et aux bras surdimensionnés sortent de l’engin et se lancent dans la cueillette de végétaux. Soudain, alertés par l’arrivée imminente d’agents du FBI, les aliens rejoignent rapidement le vaisseau et s’enfuient dans le ciel. Tous, sauf un. Apeuré, esseulé, l’extraterrestre se réfugie dans la maison du jeune Elliott qui va tout faire pour l’aider à retourner chez lui sous peine de voir son nouveau camarade de jeu mourir sur une planète qui ne lui convient pas.
Véritable conte fantastique, E. T. L’extraterrestre est un film qui
caresse inévitablement dans le sens du poil en utilisant à merveille la recette miracle qui vous fera crier, rigoler et pleurer au summum de vos émotions. Cette amitié inimaginable entre un gamin et un extraterrestre, alliés contre la sécurité nationale de tout un pays, est une ode à l’innocence et à l’enfance. Un appel à l’imaginaire et à la découverte de l’inconnu. Jamais un film n’avait osé montrer cette accessibilité surréaliste, ce contact extraordinaire avec un être venu de l’espace. Avec ses grands yeux émerveillés, ses longs doigts guérisseurs et sa voix de vieille sorcière, notre E. T. fascine comme un trésor jalousement préservé, comme un compagnon idéal, unique, celui que nous avons tous rêvé un jour d’avoir pour nous et rien que pour nous. Celui qui remplacerait ce nounours statique au regard crétin qui trône sur le bord du lit. Spielberg est un éternel gosse et se fait plaisir, ça se voit.
Une lumière superbe, des plans cultes, des effets spéciaux parfois désuets mais en rien préjudiciables sur l’œuvre elle-même et une trame narrative géniale, simple sans être simpliste, qui ne vous laisse que peu de répit et vous fait passer par de multiples émotions. E. T. est un grand film ! On se souvient tous de ces multiples scènes cultes : le « E. T. téléphone maison » lancé par l’alien, le doigt illuminé pointé vers le ciel, ou encore celui-ci costumé en vieille femme affublée d’une perruque ridicule, le vélo prenant son envol au-dessus de la ville sur une musique (une nouvelle fois) superbe de John Williams ou enfin cet adieu émouvant où Drew Barrymore, gamine de 7 ans, dépose un baiser sur le museau du sympathique extraterrestre.
Une époque qui renouait avec un fantastique grand public, enfants admis (nous sommes loin du Alien de Ridley Scott), et par là même l’intronisation définitive du génial réal comme un des nouveaux maîtres d’Hollywood et un des plus grands conteurs de l’histoire du cinéma. Le début aussi des premiers blockbusters mammouth qui ravageaient tout sur leur passage. Quoi de plus génial que de nous faire aimer une créature hideuse et inciter des milliers de gosses à travers le monde à se ruer vers la petite figurine en plastoche, en pleins balbutiements de l’ère marchandising, pour se consoler parce que tout ça, ce n’est que du cinéma ? Quoi de plus génial que d’arriver à faire dresser le visage de ces mêmes pisseux vers le ciel dans l’attente, eux aussi, d’une rencontre extraordinaire ? C’est ça la magie E. T., une magie qui ne semble pas s’émousser pour ces trentenaires. C’est un peu leur Madeleine de Proust…
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