Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
En 1988, un train allant de Séoul à Yeosu a été impliqué dans un accident mystérieux qui a coûté la vie de 100 personnes. La cause de l'accident n'a jamais été découverte. 16 ans après, le train fait son dernier voyage. Peu de temps après le début du trajet, les passagers commencent à remarquer des choses étranges. Les fantômes des victimes de l'accident de 1988 font peu à peu ressentir leur présence...
Dernier blockbuster sud-coréen en date, Red eye n’a pas dérogé à la règle de la redondance ennuyeuse dont sont souvent estampillés les nouvelles productions asiatiques bien avant leur sortie. Sous-produit post-Ring (d’autant que le film est réalisé par Dong-bin Kim, auteur de Ring Virus), le métrage tente d’insuffler une nouvelle âme aux ghost stories asiatiques désincarnées. Ne respectant pas le contrat fixé, le réalisateur passe le plus clair de son temps à distiller ici et là des petits
spectres aux cheveux de jais filmés de manière clippesque, signant par là même l’arrêt de mort de son propre métrage.
L’intrigue de Red eye tourne autour de Mi-Sun, jeune femme qui entame sa première nuit dans un train réputé fantomatique en raison d’un crash survenu quelques années plus tôt. L’hôtesse connaît bien le train pour y avoir été une des passagères lors du terrible accident causé par … son propre père.
Entrant vulgairement dans la grande tradition contemporaine du film à twists, Red eye devient plutôt un modèle du genre en matière de danse puisqu’il enchaîne tellement d’effets de surprise qu’on en vient à seriner de manière lancinante : « Oh, a twist again ! ». Plus sérieusement, fidèle à la fameuse loi des séries, le métrage empile des twists qui ne consistent en réalité qu’en un amas insensé de coïncidences convenues. Mi-Sun entame la fameuse nuit le soir de son anniversaire (oh ben tiens !), se trouve à bord du train du crash (dont c’est également la date anniversaire) conduit par son père, responsable de l’accident : ça fait un peu beaucoup pour un seul film ! Mais ce n’est pas fini : le collègue de nuitée de Mi-Sun se trouve être
l’un des membres de l’équipage d’antan qui était le petit ami de l’hôtesse qui hante désormais le train. Alors, je pose la question qui est sur toutes les lèvres : Est-ce qu’on se foutrait pas un peu de notre poire ?
En sus du flagrant manque de crédibilité, le métrage ne brille pas par le côté horrifique pourtant clairement affiché. Malgré une tension installée assez tôt, les scènes de trouille sont carrément inexistantes. Certes, les spectres apparaissent ici ou là (bien qu’il ne vaut mieux pas cligner des yeux sans quoi ils pourraient bien échapper à votre regard) mais sans jamais amener une once de terreur.
En somme, les néophytes apprécieront Red eye pour son atmosphère fantomatique assez bien installée. En revanche, les habitués conspueront cette œuvre qui s’entête bien trop souvent à reproduire les schémas classiques des ghost stories imposées par les Asiats depuis quelques années…
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