Critique de film

Trucks

"Trucks"
affiche du film

Pour oublier la mort accidentelle de sa femme, Ray emménage avec son fils dans la petite ville de Lunar. Là, il se lie d'amitié avec Hope, jeune femme divorcée, propriétaire d'un hôtel. Alors qu'elle rentre chez elle accompagnée de touristes, un camion sans chauffeur les oblige à quitter la route. Ray arrive à leur secours mais l'enfer ne fait que commencer...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Trucks - Maximum undershit !
Par : Quentin Meignant
Tags : Stephen King, Objets tueurs

Mais pour qui se prend donc Chris Thomson ? Ce réalisateur de seconde zone, essentiellement auteur de mini-séries TV minables, décida en 1997 de remettre au goût du jour le Maximum Overdrive de Stephen King, basé sur la nouvelle Trucks du Maître de l’Horreur.

Ce film, datant de 1986, est le seul film tourné par l’écrivain et ce fut donc d’une grande surprise de voir un autre cinéaste s’attaquer au projet. Certes, Maximum Overdrive restait un produit plutôt imparfait mais l’on pensait que King avait largement fait le tour du sujet et que l’on en serait quitte avec cette histoire d’objets tueurs.

Chris Thomson en décida autrement et se lança dans une aventure qui le dépassait complètement. On comprend cela dès la première où… rien ne se passe ! Là où King avait su manier l’humour afin d’accrocher certains spectateurs, il est vrai, peu exigeants, Thomson ne parvient même pas à captiver dès l’entame.

Bien sûr, le réalisateur ne peut pas compter sur le budget astronomique qui avait été dévolu au métrage de King (10 millions de Dollars !) et ne jouit pas de l’immense plus que fut la bande originale d’ACDC pour l’œuvre kingienne.

Néanmoins, avec ses petits moyens, Thomson aurait mieux fait de s’appliquer car, après tout, il ne coûte pas cher d’au moins nous expliquer le pourquoi des choses. Or, dans cette œuvre, les camions (et juste eux !) pètent directement les plombs sans aucune explication.

Pas de queue de comète (explication déjà fort limite !), pas de liens entre les machines, juste des camions qui se rebiffent, enferment les gens, se crashent et massacrent à tout va… Enfin, on croit qu’ils le font en tout cas car la mise en scène ne nous permet pas de le dire.

La mollesse de cette dernière donne lieu à des séquence mémorables de médiocrités aussi passionnantes qu’une course d’escargots un soir d’hiver. Le tout est appuyé par un montage incroyablement mauvais qui nous empêche systématiquement de voir le dénouement d’une des rares scènes d’action.

En plus de nuire à l’image, ce montage déflore également l’aspect sonore de l’ensemble en provoquant d’énormes coupures musicales entre chaque scène… ce qui, après tout, n’est pas plus mal tant la bande originale paraît médiocre.

A mi-chemin entre les tambours d’un film de guerre et la musique de L’agence tous risques, cette B.O. devient excessivement pénible à supporter, prenant parfois même le pas sur certains dialogues.

Ceux-ci sont loin d’être au top bien entendu, nous dépeignant une Amérique profonde où les gens sont visiblement dotés de deux neurones (quant ils ne les ont pas perdus en chemin) et où les histoires d’amour florissent à grande vitesse.

On se retrouve donc très vite avec non pas un (comme dans Maximum Overdrive) mais deux couples ! Thomson est donc parvenu à multiplier par deux la plus grosse erreur de King dans son métrage, nous ne lui en demandions évidemment pas tant… Le côté fleur bleue du film prend alors complètement le pas sur une action déjà quasiment inexistante et l’on ne peut que se douter du côté inéluctable de l’œuvre : on va s’ennuyer ferme jusqu’au bout !

Ce ne sont pas les quelques scènes pseudo-rythmées qui vont relever l’ensemble puisque la scène la plus « haletante » est le meurtre d’un facteur par un… gros camion-jouet jaune ! Effectuant une cascade hilarante pour casser une vitre et sortir du magasin, le mini-poids-lourd met à mort l’employé des postes… en lui fonçant dix fois dans le front !

Cette scène hors du commun résume à elle seule la nullité de l’ensemble et, malgré ce caractère déjà exécrable, Thomson se permet encore de couper la fin de la scène (histoire de ne pas choquer sans doute !), on se prend à se demander comment les producteurs ont pu laisser commettre autant de méfaits au réalisateur…

Trucks touche donc véritablement le fond. Reprenant les moins bons éléments de Maximum Overdrive et y ajoutant des scènes ridicules, Thomson prouve juste qu’il est un réalisateur à deux sous et que son film est juste bon à mettre à la poubelle…


Oeuvres liées :

Maximum overdrive (1986)

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