Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Kyle Pratt prend part au vol inaugural Berlin-New-York d'un nouveau type d'avion de ligne dont elle est une des conceptrices. La jeune femme, qui se remet mal de la mort récente de son mari, est accompagnée de sa fillette Julia, à qui elle explique les nombreuses innovations techniques de l'appareil. Puis la nuit venue, toutes deux s'endorment sur leur siège. Mais à son réveil, Kyle constate que Julia n'est plus à ses côtés. La mère inquiète recherche sa fille partout dans l'avion, sans succès. Plus bizarre encore, les hôtesses prétendent que Julia n'apparaît pas sur la liste des passagers. Affolée, Kyle fait appel à un officier de bord et au pilote de l'avion pour élucider ce mystère. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises.
Le 11 septembre a marqué les esprits, c’est un fait. Depuis ces terribles attentats dont les images ont envahi les écrans durant des mois et des mois, le nombre de thrillers hollywoodiens se déroulant en plein air a considérablement augmenté. Du pseudo documentaire Vol 93 à Red eye en passant par Des serpents dans l’avion, le genre est désormais revenu à la mode. Changement considérable : les Wesley Snipes et autres Bruce Willis qui survolaient ce type d’œuvres lors de la décennie précédente sont ici rangés au placard et remplacés par des individus moins imposants, permettant dès lors au spectateur lambda une identification plus aisée censée l’acculer dans une situation de stress intense. Flight plan va plus loin en troquant les pantalons militaires des costauds de service pour les pantalons de toile taille 36. Pendant féminin des acteurs hulkesques, Jodie Foster reprend du service
dans le rôle de la mère affolée et téméraire qu’elle arborait si bien lors du Panic room de Fincher.
Or, s’il est une vérité que tend à prouver ce métrage, c’est que Schwentke n’est pas Fincher. Se bornant à traiter le suspense de manière efficace au sens hollywoodien du terme, le réalisateur balaie son sujet en surface et accumule les erreurs. Le contexte de l’action n’est qu’effleuré, la situation à peine esquissée pour atterrir sur un dénouement qui livre en vrac des tonnes d’informations autant tirées par les cheveux que prévisibles à souhait.
La première scène teintée d’une photographie terne accentue le côté dramatique de cette famille bicellulaire qui va tenter de se reconstruire après le tragique accident qui a frappé le père. Un couloir de métro vide, une identification à la morgue, une gamine qui n’ose pas sortir pour rejoindre le taxi : l’ouverture du film est brillante et installe un climat pesant. Climat… qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le film. L’embarquement dans l’appareil coïncide avec un nouveau style et une nouvelle intrigue. Faisant fi de sa magnifique ouverture, Schwentke parvient toutefois à intéresser en plantant assez rapidement le personnage principal (une mère davantage affolée que torturée) en la faisant gesticuler dans tous les sens. Alarmée, inquiète, Kyle veut tout
tenter pour retrouver Julia, sa fille de six ans. Peu à peu, la souffrance de la veuve et la peur pragmatique propre aux intellectuels de passer pour une folle sont balayées par une paranoïa assez fâcheuse. Le métrage prend alors l’apparence d’un tour de stade effectué par des conducteurs en plein délire : Kyle déambule au sein de l’engin, bouscule tout le monde, accuse des Arabes au passage (évocation lourdingue post-World Trade center) et emmerde aussi bien les passagers du vol que les spectateurs qui ont moins fait la queue certes mais méritaient tout de même mieux.
Tentant de se dégager de ce marasme affolant, le réal nous impose un dénouement rocambolesque qui anéantit une bonne fois pour toutes le peu d’estime portée à cette deuxième partie. Gangréné par l’hollywoodinite, Flight plan arbore une première partie passionnante qui s’étiolera au fur et à mesure pour ne plus devenir à la longue qu’un produit X sortant tout droit d’une usine à films. Passer d’une mise en scène fincherienne à une conclusion stéréotypée et dépressive, voilà le difficile pari relevé par ce métrage doux-amer.
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Le côté hitcockien est très bien réussi par Schwentke et le suspense demeure au plus haut du début à la fin. Jodie Foster nous livre encore une fois une bonne prestation et les autres acteurs sont au niveau. Flight Plan est un thriller de premier plan qui reprend une formule du cinéma classique, en revisitant un film de Hitchcock, mais qui se présente comme très moderne, que ce soit dans son style ou dans son message. Un film qui mérite plus d’attention.