Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Six jeunes adolescents sont attirés dans une cabane isolée et entourée d’un champ de force infranchissable. Finalement, ils découvrent dans un cimetière proche un monument de pierre ressemblant étrangement à un totem tribal. Ils se retrouvent alors soudainement manipulés par des forces maléfiques. Par des sacrifices sanglants, ils commencent à s’entretuer afin de libérer les seigneurs démoniaques enfermés dans le totem.
Il n’est jamais évident d’écrire sur un film de David DeCoteau, réalisateur du Pacte du sang, de Witchouse ou encore de Leeches, les sangsues mutantes. Parler de la médiocrité n’est jamais chose aisée. D’autant que celle-ci en l’occurrence mine le genre cinématographique que j’aime dans le seul but d’empiler des liasses de billets en reposant sur de bien réels gains d’exploitation DVD.
Doté d’un casting composé d’acteurs inexpérimentés et d’interprètes vétérans estampillés Full Moon (Marissa Tait, Jason Faunt), Totem offre une galerie de personnages inintéressants et interchangeables. Sauf peut-être celui incarné par Faunt qui parvient à tirer son épingle du jeu en arborant un ton plus intellectuel que les autres renégats sortant tout droit de plateaux télévisés pour décérébrés congénitaux.
Côté effets spéciaux, John R. Ellis, David Lange et Jerrod Cornish se sont employés à doter le métrage de poupées totemisées aussi ridiculement effrayantes que terriblement risibles. Ces espèces de pantins faits de pierre ne font, heureusement, que de bien brèves apparitions, juste de quoi mettre en exergue des yeux clignotants ou des déplacements furtifs. Ces fétiches démoniaques déambulent dans un univers sombre à souhait, preuve que Full Moon n’a même plus de quoi honorer la facture d’électricité qui lui incombe. Alors, on se rattrape comme on peut côté flashs en incluant toutes les dix secondes des éclairs, procédé ingénieux pour propulser le spectateur au summum de la terreur…
Mais on peut tout pardonner à David DeCoteau et son équipe de bras cassés. On est même prêt à effacer l’ardoise des 1h06 de film (durée réglementaire ?) comblés avec dix minutes de générique. Oui, je veux bien me damner pour les productions Full Moon quand je constate, les zygomatiques pas encore relâchés, que les bougres tentent de doter leur œuvre d’une morale de collégiens. Ultime luxe de Totem. Et DeCoteau de nous imposer sa lancinante explication sur le caractère tragique du destin inévitable, ce petit muret sur lequel nous sommes tous destinés à foncer. Et impossible d’implorer la grâce divine pour échapper à ce qui nous est réservé…
Si Dieu a inscrit dans ma ligne de vie que je louerais Totem, c’est que franchement il doit m’en vouloir. C’est pas tout ça, je retourne à confesse, histoire d’éviter le prochain Charles Band…
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