Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
1936. Parti à la recherche d'une idole sacrée en pleine jungle péruvienne, l'aventurier Indiana Jones échappe de justesse à une embuscade tendue par son plus coriace adversaire : le Français René Belloq. Revenu à la vie civile à son poste de professeur universitaire d'archéologie, il est mandaté par les services secrets et par son ami Marcus Brody, conservateur du National Museum de Washington, pour mettre la main sur le Médaillon de Râ, en possession de son ancienne amante Marion Ravenwood, désormais tenancière d'un bar au Tibet. Cet artefact égyptien serait en effet un premier pas sur le chemin de l'Arche d'Alliance, celle-là même où Moïse conserva les Dix Commandements. Une pièce historique aux pouvoir inimaginables dont Hitler cherche à s'emparer...
Ahhhh... Ca fait près de 27 ans que l’on a découvert Indiana Jones et depuis, on ne s’en lasse toujours pas. La preuve, c’est que le 4ème opus de la saga de Steven Spielberg et George Lucas débarque dans nos salles, et que la moitié de la planète Terre (et peut-être même Pluton) trépigne d’impatience. L’occasion pour nous de revenir sur les origines du mythe, à savoir l’inoubliable Les Aventuriers de l’Arche Perdue.
C’est en septembre 1981 (soit pile-poil 10 ans avant ma naissance, mais qu’est-ce qu’on s’en fout !) que les écrans français ont rencontré Indy, un drôle de personnage qui, quand il ne part pas à la quête d’un trésor inestimable (au risque de se faire découper, empaler, écraser, comme le prouvait une introduction cultissime), s’occupe de ses cours d’archéologie peu passionnants. C’est évidemment lorsqu’il est aventurier que l’on préfère admirer ses exploits.
Dans ce premier opus, Indiana part à la recherche de l’Arche Perdue, symbole biblique qui contiendrait les tables de la Loi de Dieu, qu’il doit trouver avant les Nazis. Ces derniers ont embauché le pire ennemi de l’archéologue : Bellocq (l’incroyable Paul Freeman, récemment revu dans Hot Fuzz... et dire qu’on aurait dû voir Jacques Dutronc dans le rôle !), un Français sans pitié lui aussi prêt à tout. Sont au programme : une course-poursuite culte dans un marché oriental, de la bagarre, des fusillades, des serpents (bien entendu) et des évènements paranormaux.
Ce sont là les ingrédients qui ont fait les charmes de l’épisode (et de la saga), mené tambour battant par un Spielby en grande forme, usant d’une mise en scène terriblement inventive, de décors tout simplement magnifiques, d’une bande-originale géniale (John Williams, inépuisable) et on en passe. On pourrait chanter des louanges jusqu’à la fin de notre vie tant ce pur divertissement semble ne posséder aucun défaut, lui qui a su marquer les esprits dès sa sortie. Ce fut l’occasion aussi de redécouvrir Harrison Ford, le Han Solo de Star Wars qui accédera au rang de star avec ce rôle sur mesure d’aventurier sans peur et sans reproche, bourré d’humour et d’audace, qui lui collera toujours à la peau. A ses côtés se tenait Karen Allen, jolie brune dont on a malheureusement eu peu de nouvelles avant l’annonce de sa présence dans le quatrième volet. Et enfin, signalons la présence de l’excellent Jonathan Rhys-Davis, autant connu pour son rôle de l’acolyte Sallah que pour son rôle de Gimli dans une autre saga très célèbre.
Les Aventuriers... ou l’un des meilleurs échantillons de ce que l’on aime appeler "la magie du cinéma", 2 heures de pur bonheur qui fonctionnent toujours même au bout du 100ème visionnage, un plaisir immense dû aux talents de ces cinéastes et acteurs d’exception dont Spielberg et Ford font partie. Et que claque le fouet !
On a déjà tout dit et tout écrit sur cette icône légendaire du cinéma d’aventure. De nos héros romanesques qui oeuvraient courageusement dans le monde entier comme Bob Morane, Allan Quatermain ou encore Tintin, tous partis à la découverte de reliques, de trésors ou encore de mondes disparus, le trio magique Spielberg-Lucas-Kaufman nous a offert leur matérialisation sur grand écran en la personne d’Indiana Jones. Plus qu’une icône encore, l’aventurier est devenu mythe à l’image immuable et éternelle d’un homme au sourire sexy, la barbe de trois jours, recouvert d’un chapeau mou, d’une veste de cuire usée jusqu’à la corde et muni d’un fouet attaché à la ceinture.
Et bien avant les trois épisodes (et plus ?) qui suivront, Spielberg va s’appliquer constamment dans Les Aventuriers de l’Arche perdue à mythifier son héros via un travail de style sur la lumière absolument splendide. Focus sur le regard d’Indiana ou bien son ombre caractéristique qui apparaît sur un mur, la silhouette entre déjà dans toutes les mémoires et n’en sortira plus.
Dès les premières minutes du film, ce grand spectacle visuel, d’une virtuosité sans égale, démarre et impressionne par ses effets spéciaux innovants signés ILM (Star Wars). Point de CGI ici, il faudra tout faire à la main comme au bon vieux temps via de nombreuses maquettes et des tonnes de carton pâte. Un pari fou entrepris par deux réalisateurs culottés et terriblement doués.
Et nous voilà embarqués d’un continent à l’autre, débutant en Amérique
du Sud, revenant aux Etats-Unis et repartant au Moyen Orient en passant par le Tibet. Un tour du monde qui nous fait découvrir une galerie de personnages haut en couleurs, avec des gueules inoubliables (Ronald Lacey et John Rhys-Davies) et parmi ces figures, une femme libérée, à l’image des années 30 : Karen Allen. Elle boit et frappe du poing comme un mec, cette nana-là au joli minois, et l’alchimie avec l’aventurier nous offre des dialogues savoureux faits de réparties hilarantes mais cinglantes.
Un humour qui ne quitte d’ailleurs jamais le film de bout en bout malgré quelques passages (à la fin surtout) qui frôlèrent la classification PG-13 voire R. Mais aussi une musique omniprésente… Quelques notes cuivrées inoubliables et désormais reconnues dans le monde entier signées John Williams, certainement le plus grand compositeur de musiques de film de l’histoire avec, à son actif, des films comme Jaws, Star Wars ou encore dernièrement les Harry Potter. Fortune est faite pour ce vieux briscard…
Les aventuriers de l’Arche perdue est un chef d’œuvre à n’en point douter. Exemplaire en tous points, collectionnant les prouesses techniques devenues des références et œuvre multi récompensée, le film est une invitation à l’aventure. Pas celle d’un Jack London, animale, réaliste et nietzschéenne, mais plutôt romanesque et fantastique voire mythologique. C’est le fouet qui claque, les serpents qui crachent et les mitraillettes qui pétaradent à tout va. Indiana Jones c’est tout simplement du grand cinéma d’action, celui qui attire les foules avides de revivre par procuration les aventures et les péripéties des héros qui peuplèrent jadis leurs rêves d’enfants…
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