Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un couple fortuné, Mark English et Marianne Horn, assistent au spectacle du ventriloque et hypnotiseur Vorelli et de sa poupée Hugo. Durant la représentation, le public, complètement éberlué, voit la poupée se lever et remercier celui-ci sans aucune assistance de son maître. Sous le charme, le couple invite Vorelli pour une représentation chez eux. C’est à ce moment que Marianne Horn devient victime par envoûtement de l’hypnotiseur et tombe amoureuse de celui-ci. English décide alors de mener son enquête et découvre le passé effrayant de Vorelli
Deuxième long-métrage seulement pour Lindsay Shonteff qui se lance pour l’occasion dans le film d’horreur en reprenant le thème de la poupée vivante, un an après le magistral épisode de la Quatrième Dimension, Living Doll (1963) avec Telly Savalas. Un sujet porteur donc à l’époque, un artifice percutant que celui de ces marionnettes qui peuplent l’histoire des films d’horreur en passant par Chucky et jusqu’au très récent Dead Silence de James Wan.
Un artifice car il canalise l’attention du spectateur sur les traits énigmatiques, voire effrayants, d’une poupée forcément statique mais qui prend vie soudainement à l’écran par un simple déplacement de la tête ou de ses yeux sans vie. Ces zooms sur le visage du mannequin devenant gros plans qui s’attardent longuement dans l’attente d’un geste, d’un tressautement de paupières entretiennent un suspens captivant. Shonteff l’a très bien compris et en use quelques fois avec son Hugo aux cheveux hirsutes, au nez retroussé et aux grands yeux inquiétants, victime de la méchanceté de son maître, qui jouit d’un ascendant malsain.
Malheureusement, un artifice cache souvent une faiblesse générale. Plutôt que de développer de manière plus approfondie son personnage de carton, le réalisateur développe en parallèle une histoire d’envoûtement et de transposition d’âmes qui en fera sourire, ou pire, bâiller plus d’un. Faute de goût que ne fit heureusement pas Sarafian avec son Living Doll, préférant rester concentré sur son huit clos et sa poupée démoniaque, jouant beaucoup sur la suggestion au contraire d’un Hugo filmé en train de se mouvoir (joué par la minuscule Sadie Corre) et frapper du couteau. Des écarts scénaristiques préjudiciables donc au suspens pourtant présent mais trop occasionnel.
Cependant, jamais La Poupée diabolique (Devil Doll) ne sombre dans le ridicule grâce en partie à une photographie soignée et à la prestation de Bryant Haliday convainquant en hypnotiseur/ventriloque redoutable. Seuls, l’interprétation maniérée d’Yvonne Romain, agaçante en bourgeoise sainte-nitouche (un peu de chair que diable !), et un scénario trop disparate empêchent ce film d’être une parfaite réussite. Mais une fois encore, l’inquiétante apparence de la poupée sauve l’ensemble et nous offre au final un film agréable à regarder même si à choisir préférez définitivement le fabuleux Living Doll.
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c’est remarquable du point de vue photographique, il y a un sens de la caméra qui dépasse de loin la simple narration.