Critique de film

August Underground's Mordum

"August Underground's Mordum"
affiche du film

Trois tueurs périodiques (2 hommes et une femme) qui s'autofilment essentiellement lors de leurs séances de tortures.

Les critiques à propos de ce film

Critique de August Underground’s mordum - Le meilleur du trash
Par : Chroniqueurs

Par Nicore

Après son déjà terriblement déviant, glauque et immoral August underground, le réalisateur Fred Vogel remet le couvert pour ce August Underground’s mordum en restant fidèle à ce qui fit le succès de sa première oeuvre, à savoir l’apparence d’un "snuff movie". Le réalisateur affiche en outre la volonté d’aller encore plus loin dans l’abject et la provocation. Alors, mission accomplie ? Oui et non !

Le script met cette fois-ci en scène non plus deux mais trois assassins (ndlr : vive la surenchère !) ignobles passant leur temps à martyriser et à humilier leurs victimes au cours de "jeux" bien évidemment pervers et sanglants.

D’entrée, le métrage s’approprie à nouveau ce côté amateur qui faisait en partie la réussite du premier film. Vogel nous donne par ce biais l’impression de réellement suivre les personnages filmant leur vécu, pour ainsi découvrir que nous allons avoir à faire à une demoiselle n’hésitant pas un instant à s’automutiler en se scarifiant le ventre suite à une dispute avec le caméraman. Juste après, nous suivrons les deux personnages se rendant chez une tierce personne pour un premier meurtre brutal mais soft car pratiqué en hors champ. Cet amuse-gueule passé, le film ne s’aventure véritablement dans son sujet scabreux et glauque au travers de séquences nous invitant à partager les brimades et humiliations subies par des victimes séquestrées par les trois compères, tout en laissant libre cours à ce triangle amoureux des plus bizarre et bien entendu amoral.

Dans sa volonté provocatrice avérée, le réalisateur Fred Vogel pousse ici le bouchon très, très loin en multipliant les actes de barbarie innommables : nécrophilie bien répugnante (le plus fou des trois personnages se livre à un acte sexuel dans la plaie béante ventrale d’un cadavre), humiliations vomitives (la demoiselle du trio s’amuse à vomir copieusement sur deux jeunes femmes kidnappées), autres sévices sexuels (cette auto-castration au but inavouable filmée en gros plan) et autres débordements sanglants qui viennent également se mêler à l’ensemble, avec égorgements et autres supplices prodigués sur les corps des malheureuses victimes, masculines et féminines.

Mais hélas, ces actions profondément dérangeantes seront quelque peu noyées dans des séquences certes donnant véritablement l’impression d’être réelles en étant tournées en de longs plans-séquences, mais justement s’étirant bien souvent en longueur au point de presque lasser le spectateur. Pensons notamment à la scène du "vomi" qui semble se répéter à l’infini, diminuant de la sorte considérablement son impact. Et, même si le réalisateur aura bien pris soin de diversifier la palette des les sévices montrés, on aura quand même l’impression d’assister à la même séquence plusieurs fois.

En plus, certains événements viennent parasiter le propos du film de façon complètement inutile (la coupe de cheveux notamment, ainsi que la séquence de concert, par ailleurs définitivement inaudible) et l’aspect sexuel, bien plus mis en avant que dans le premier August underground, donne parfois l’impression d’assister à un vulgaire porno déviant. Ces apports parasitaires diminuent considérablement l’ambiance glauque et malsaine, même si la bonne humeur régnant entre les différents protagonistes a toujours de quoi incommoder le spectateur et que l’aspect repoussant des certains décors, atrocement putrides et sales, est également de la partie pour déstabiliser un peu plus.

Mais cette orientation suspecte et l’exacerbation de l’utilisation de cette caméra plus que virevoltante donnant parfois l’impression que Fred Vogel en fait trop ne diminuent que partiellement l’impact du métrage qui reste quand même extrêmement transgressif et méchant (même si la violence sèche semble elle aussi avoir quasiment disparue, passé le premier meurtre). Le réal repousse encore un peu plus loin les limites de l’acceptable pour se livrer aux pires abominations, en laissant une nouvelle fois le spectateur seul face à ce trio de dégénérés complètement dépravés et inhumains. Mieux, Vogel permet même de rencontrer au passage un quatrième larron tout aussi détraqué avec ses cadavres putréfiés, sans apporter le moindre jugement et surtout sans les condamner le moins du monde avec un quelconque retournement de situation.

L’interprétation est largement convaincante puisque les différents acteurs se laissent aller aux pires méfaits naturellement et la mise en scène de Fred Vogel, si elle peut finir par donner le tournis à grands renforts de mouvements de caméra, sait donner à l’ensemble un aspect "réel" parfaitement bluffant et troublant, surtout du fait de la longueur des séquences, au cours desquelles se succèdent parfois des effets spéciaux parfaitement réalisés.

Justement, les effets spéciaux du film sont incroyablement réussis et participent ainsi activement à la réussite du métrage. Avançant un gore généreux mais loin d’être expansif en se voulant le plus crédible possible (l’éventration répugnante d’une des victimes et cette terrible castration aux ciseaux), les fx ainsi que les maquillages sont royalement exécutés.

En conclusion, ce August underground’s mordum n’atteint que partiellement son objectif, en étant parfois trop orienté vers ce côté sexuel vulgaire. Cependant, le métrage ne semble ne pas connaître de limites et offre quand même à son spectateur ce qui se fait de pire dans l’abject. A réserver à un public majeur, adulte et largement endurci !


Oeuvres liées :

August Underground (2001) August Underground's Penance (2007)

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