Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
En Géorgie, dans la petite ville de Brixton, Annie Wilson a le don de lire l'avenir des gens dans les cartes. Du fait de ses prédictions, certains s'imaginent qu'elle est une sorcière. Mais Annie n'a pas l'intention d'abandonner ses activités de diseuse de bonne aventure. Cette situation dure depuis un an, date à laquelle son mari est mort. L'une des clientes d'Annie est Valerie Barksdale, une femme qui ne se résigne pas à quitter Donnie, son mari violent. Annie lui suggère fortement de rompre avec lui, conseil que n'apprécie guère le mari en question qui se met à les menacer, elle et ses fils. La vie d'Annie bascule et sa confiance en ses visions s'ébranle avec la disparition prolongée de Jessica King, une fille de la haute bourgeoisie à la vie sentimentale mouvementée. La police n'a aucune piste concrète qui lui permettrait de retrouver sa trace. Annie dit avoir "vu" ce qui est arrivé.
Ce retour au fantastique de Sam Raimi, les fans les plus acharnés l’ont attendu quelques années. C’est que le prodigieux réalisateur des Evil Dead,
créateur d’un univers qui n’appartient qu’à lui seul, a voulu entre temps s’essayer à d’autres genres, ratisser plus large pour acquérir une filmographie éclectique digne du gratin hollywoodien. Ainsi, Raimi a-t-il diversifié ses pratiques en s’insérant dans les genres dramatique (Un plan simple), romantique (Pour l’amour du jeu) et spaghettique (Mort ou vif). Mais comment oublier ses premières amours ? Impossible d’échapper à ce qui a fait ce que nous sommes. Et le grand Sam d’entonner avec Brassens sa sérénade à l’égard des premières filles qu’il a connues…
Intuitions (The Gift en anglais dans le texte) est un excellent moyen pour le réalisateur de renouer avec le genre qui l’a vu naître. Basé sur un scénario rédigé par Tom Epperson et Billy Bob Thornton, Intuitions ne brille pas par son originalité et renvoie à tout un pan du cinéma de genre qui s’est entêté à décrire les tourments d’un personnage torturé par des dons paranormaux dont il n’a que faire. A l’instar de cette figure immuable, Annie Wilson, formidablement rendue par l’Australienne Cate Blanchett, vit assez mal ses capacités surnaturelles qui lui valent d’amener à elle autant d’amitiés que d’inimitiés au sein de la communauté citadine. Vivant bien difficilement de l’utilisation de son don, Annie reçoit chez elle des personnes en mal-être qui tentent de trouver dans les jeux de la cartomancienne une échappatoire à leurs tourments quotidiens. Comme toute bonne science inexacte, les phénomènes
parapsychologiques (à l’instar de l’astrologie et autres Teissieries) n’attirent que des désaxés incapables de se conformer à la vie du citoyen moyen et n’attisent que les cartésiens qui ne mettent leur foi qu’au service de ce qui est démontrable, le reste appartenant au domaine du charlatanisme ou pire du satanisme.
La force du métrage de Raimi se situe dans cette peinture sociologique dotant le film d’un ton dramatique qui vient renforcer le suspense introduit à de rares moments par les événements fantastiques. En réalité, le paranormal n’est qu’un leurre bien mal orchestré destiné à tromper les amateurs du genre et les aficionados sensibles au retour du réalisateur vers son nid originel. Intuitions possède une trame dramatique articulée autour des descriptions de la faune qui peuple la petite ville de Brixton. Quant aux apparitions et rêves d’Annie, ils ne servent l’intrigue que de façon bien secondaire et ne consistent qu’en une redite de ce thème déjà largement fouillé dans bien d’autres œuvres.
Néanmoins, le film, même s’il s’éloigne complètement des sentiers qu’il s’était bâtis, reste cohérent du début à la fin et offre un spectacle assez réjouissant bien que parfois un peu long. Ainsi, la brochette de talents qui composent le casting fera sans doute oublier ces quelques baisses
rythmiques bien fâcheuses. Pensez donc : Keanu Reeves, Cate Blanchett, Katie Holmes, Greg Kinnear, Hilary Swank… Autant dire que le réal sait faire confiance aux bonnes personnes : acteurs talentueux qui interprètent magistralement tous ces personnages torturés aux maladresses omniprésentes. Car, au travers de son œuvre, Raimi dresse un portrait fidèle de l’homme en général. Les gaucheries et défauts de chaque personnage éclatent au plein jour, nous les rendant sympathiques et touchants : en somme, le panel d’individualités renvoie à l’homme dans tout ce qu’il a de plus universel.
En définitive, Intuitions peut être taxé de nombreuses étiquettes en matière cinématographique : film dramatique, thriller, film sociologique aussi. Il touche à de nombreux genres et réussit grâce à ses qualités formelles et sémantiques à oublier les regrets formulés à l’égard de cette dimension fantastique trop absente.
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le film très touchant, la critique bidon :" le paranormal, un leurre..." je ne tire pas les cartes mais je connais l’enfer des rêves qui rendent si malades parce que la mort, vous frôle et que les rêves funestes se réalisent, alors on ne dors plus mais les sens reviennent toujours et il est facile d’être détestée, prise pour une sorcière, une dérangée...mais le sentiment d’impuissance et de culpabilité sont bien réel. Cate Blanchett est merveilleuse et très crédible dans le rôle d’Annie, je trouve le film très juste et sensible, les personnages vrais, l’intrigue prenante...