Critique de film

Voyeur

"Eye of the beholder"
affiche du film

L'Oeil, un des agents secrets les plus efficaces de Grande-Bretagne, est aussi un grand solitaire, qui rumine ses échecs passés. Lorsqu'une de ses missions l'entraîne sur les traces de Joanna, une jeune femme aussi belle qu'étrange, il est immédiatement fasciné. L'Oeil ne la quitte plus d'une semelle, devenant le spectateur silencieux de ses crimes.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Voyeur - Une intimité pompante...
Par : Damien Taymans

Quatrième film du réalisateur Stephan Elliott, cinq ans après Priscilla, folle du désert, Voyeur est une adaptation du roman de Marc Behm qui avait déjà connu pareille aventure avec la réécriture de Michel et Jacques Audiard pour Mortelle randonnée de Claude Miller en 1983.

Le tandem Serrault-Adjani est remplacé dans le métrage d’Elliott par deux acteurs au talent indéniables : Ewan McGregor et Ashley Judd. Le métrage met en scène deux personnages torturés, frappés en plein cœur par des événements douloureux. The eye (Ewan McGregor) a perdu sa fille et lutte contre le fantôme de celle-ci qui ne cesse de le hanter. Il tend doucement à l’abandon de ce spectre lui rappelant un moment tragique de sa vie et une culpabilité omniprésente. Son exutoire est Joanna Eris (Ashley Judd) en qui il voit la femme parfaite, jusque dans ses hésitations et les crimes qu’elle commet. Joanna, femme torturée par la mort précoce de son père, n’a de cesse que de se dissimuler derrière des fausses identités, changeant de postiche comme on change de chemise.

Qu’importe si Joanna fuit, Stephen la suit. Le réalisateur poursuit sans cesse cette femme épiée dans ses moindres mouvements par The eye, amoureux fou de cet être inépuisable, capable de se libérer de ses péchés en fuyant. En somme, Joanna est le modèle de Stephen. Elle lui permet d’oublier ses soucis mais également lui apprend sans le savoir à transgresser ceux-ci. Un homme de l’ombre et une femme qui est constamment en pleine lumière, un père sans fille et une fille sans père, deux êtres traumatisés qui se suivent et s’évitent.

Thriller aux accents de romantisme, Voyeur plonge souvent dans la mélancolie et la nostalgie. Nostalgie de ces êtres perdus à jamais, nostalgie de ne pouvoir approcher celui qui nous suit ou celle qu’on suit. Deux âmes perdues qui ne sont plus reconnues par leurs pairs et tenteront de se reconnaître mutuellement en évoluant dans un cadre tantôt réaliste tantôt onirique. Empruntant l’essentiel de son esthétique à Brian De Palma et Alfred Hitchcock, Stephan Elliott signe une œuvre esthétiquement grandiose, jouant avec les lumières et les images d’une manière inventive et inspirée, présentant des séquences formidablement rôdées (Stephen caresse le mur de la salle de bains où se trouve Joanna) grâce à une musique envoutante.

Seulement, au-delà de son traitement psychanalytique et technique irréprochables, Voyeur manque cruellement de matière. Le spectateur risque de s’ennuyer bien rapidement face à ce grand mystère expliqué à un moment très tardif. Entre temps, nous suivons les mésaventures de l’un et de l’autre en espérant un rapprochement quelconque qui n’aboutira finalement qu’en toute fin de métrage. En attendant, nous nous trouvons enfermés dans l’objectif de The eye, retranchés dans ses planques miteuses, cloisonnés dans son enquête mal rôdée. Cette subjectivité imposée est l’une des plus grandes forces du métrage (ne dévoilant rien de l’intrigue) en même temps qu’elle est son point faible le plus imposant (cloîtrés dans cet objectif restreint, on n’aspire qu’à l’ouverture du mystère). A force, le mystère perd toute sa force et le discours en devient abscons, ce qui est fortement dommageable pour ce film qu’on aura tôt fait de classer parmi les œuvres d’art à la symbolique amphigourique.

En conclusion, Voyeur fait partie de cette catégorie de films qu’on peut apprécier pour l’approche artistique mais point pour son traitement narratif trop obstrué. Deux possibilités vous sont offertes : soit vous laisser bercer par la douceur cotonneuse du cocon d’Elliott, soit haïr ces réalisateurs qui complexifient (ouh, le beau néologisme !) toujours tout sous prétexte d’une jouissance artistique…

Commentaires sur le film

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

J¨ai adoree....il est super beau.

5 juin 2009 à 16:06 | Par JO
0 etoiles

Je voulais juste savoir comment c’était terminé le film car je n’ai pas pu voir la fin ? merci

5 juin 2009 à 20:06 | Par sarah29270

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