Critique de film

MR 73

"MR 73"
affiche du film

Un tueur en série ensanglante Marseille. Louis Schneider, flic au SRPJ, mène l'enquête malgré l'alcool et les fantômes de son passé. Le passé resurgit aussi pour Justine. 25 ans plus tôt, ses parents ont été sauvagement assassinés par Charles Subra. Schneider l'avait alors arrêté. Mais aujourd'hui, par le jeu des remises de peine et pour bonne conduite, Subra sort de prison. Cette libération anticipée va alors réunir Schneider et Justine, deux êtres qui tentent de survivre au drame de leur vie.

Les critiques à propos de ce film

Critique de MR 73 - Une histoire de flic tout simplement...
Par : Gore Sliclez

Six ans après Gangsters (2002) et quatre ans après 36, Quai des Orfèvres (2004), Olivier Marchal nous revient avec un autre polar labellisé. C’est que quand on aborde un film du réalisateur français il ne faut pas s’attendre à un énième épisode insipide de l’inspecteur Navarro ou bien encore d’un Cordier. Non, ici on entre dans la réalité du terrain, dans un univers glauque et sans compromis où règne la face sombre de la nature humaine. MR 73 c’est d’abord et avant tout une descente aux Enfers d’un flic qui a perdu sa fille et rend visite chaque semaine à sa femme plongée dans un état végétatif à la suite d’un accident de la route. Parce qu’il n’était pas là ce jour là mais chez une Autre, il tente de survivre rongé par le remord et par l’alcool.

Incarnation parfaite du sombre policier en proie à ses démons, le personnage de Schneider s’inscrit donc dans la lignée de ces polars américains qui montrent la réalité insoupçonnée de ces travailleurs de l’ombre confrontés aux horreurs de la société. Via des dialogues crus (c’est pas du Audiard ça non) et poignants, Olivier Marchal nous fait admirablement ressentir ce côté désabusé et fataliste de ces témoins de l’innommable. Une œuvre virile à l’esthétisme soigné, léché, balançant entre couleurs saturées et sombres et qui semble sentir le tabac froid, les relents d’alcool et la poudre. MR 73 rend hommage visuellement aux flics movies d’un de Palma ou plus encore d’un Michael Mann.

Rien ne fait sourire mais tout fait réfléchir dans ce film vérité où seule la fin nous apporte une touche d’espoir dans cette nature humaine mise à mal par Marchal mais qui nous donne encore par soubresauts des élans d’amitié, de respect voire d’amour. Les flics de la criminelle c’est une grande famille nous rappelle le réalisateur girondin où rien ne se fait, ne se dit sans l’aval de son collègue ami ou d’une direction allergique aux scandales. Pour représenter ce mal absolu, Philippe Nahon qui avait pourtant à la sortie du film Haute Tension promis qu’on ne l’y reprendrait plus à interpréter un salop. Mais sans bon salop pas de bon film c’est connu… Tout comme la présence d’une bonne victime et là Olivia Bonamy (qui ne tourne malheureusement pas souvent), une nouvelle fois, nous émeut tout simplement.

Enfin, comment ne pas revenir sur celui qui, actuellement, règne sur le cinéma français de son talent. Daniel Auteuil EST Schneider et c’est justement cet investissement vital qui nous convainc, nous interpelle dans ce drame. Sans lui pas de MR 73 c’est clair. Malgré une intrigue policière trop vite prévisible dans son développement, le film, en digne film de genre, nous broie de l’intérieur et nous oblige à affronter une vision hardcore, underground du mal humain et non celle aseptisée de l’omnipotente télévision via ses téléfilms ridicules.

Un film comme MR 73 est une œuvre salutaire qu’il faut voir comme le miroir de notre société décidément peu ouverte à la réalité autre que celle qu’on lui dessert quotidiennement. Si ce n’est déjà fait foncez le voir….

Commentaires sur le film

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Une réussite indéniable malgré quelques infimes faiblesses scénaristiques… Mais ce dont souffre le film ne vient pas de lui-même, mais du fait que la télévision s’est tellement approprié les codes du polar qu’ils sont désormais affadis. Du coup, certaines scènes irréprochables per se (la rivalité entre deux flics) en semblent presque réchauffées… Dommage ! Il suffit de comparer ce film au pitoyable "Contre-enquête" (qui d’ailleurs n’était, hem, pas vraiment une grande œuvre progressiste) pour voir la différence…

7 octobre 2008 à 16:10 | Par Thomas

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