Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un groupe de jeunes militants écologistes deviennent des zombis contagieux, affamés et implacables lorsqu’une expérience génétique effectuée par une compagnie forestière tourne au désastre. Toute l’adrénaline produite par la terreur pure ne sera pas suffisante pour leur permettre de s’enfuir de cette forêt isolée dans ce récit d’horreur troublant.
Le Canada offre régulièrement des films d’horreur de qualité c’est connu. Outre leur plus digne représentant, David Cronenberg himself, le pays nous a déjà offert quelques pépites comme Ginger Snaps, The Changeling, Pin ou encore le très dérangeant Black Christmas. Rarement ils avaient abordé le genre zombie, c’est chose faite depuis grâce à Severed du méconnu outre-Atlantique Carl Bessai.
Des bûcherons se transforment soudainement en zombies assoiffés de sang après avoir tronçonné et mélangé par accident leur sang à la sève d’arbres modifiés génétiquement.
Les suivants se voient dans l’obligation de s’allier avec des écologistes terroristes pour survivre face à une contamination et invasion de masse.
Film écolo donc où défenseurs de l’environnement s’opposent à des exploitants forestiers sans scrupules avant de combattre ensemble un nouveau fléau. Une œuvre qui s’inscrit à travers son propos dans ce renouveau du film naturaliste, militant contre les manipulations génétiques à l’instar d’un Isolation ou encore d’un Black Sheep. Tout en rendant hommage aux classiques du genre (Romero & cie), Bessai a la bonne idée de le faire intelligemment, efficacement et non dans un panégyrique naïf et manquant de culot.
Dans un savoureux cocktail de références, Severed fait indéniablement peur et nous plonge dans un scénario noir, pessimiste et anxieux. Tous les protagonistes, agissant chacun par intérêt, se retrouvent dans un cauchemar sans fin, harcelés par des zombies aussi rapides et effrayants que ceux d’un Danny Boyle. La mise en scène saccadée et l’utilisation récurrente mais parfois agaçante (le tournis guette) de la caméra subjective rendent nerveux ce film où le sang gicle à profusion dans des scènes d’un gore réjouissant.
Un décor de rêve (les magnifiques forêts du nord canadien) et un bon casting (mise à part un Paul Campbell insipide) viennent compléter une œuvre intéressante et réellement captivante.
Malgré des incompréhensions scénaristiques (le héros risquant sa vie
pour sauver la crapule de service… too much !), on peut dire que le scénario est original, naviguant sur deux tableaux avec d’un côté des zombies terrifiants combattus par des héros-malgré-eux craignant de perdre petit à petit toute humanité et d’un autre côté des rednecks à peine plus civilisés que les morts-vivants eux-mêmes, un peu comparables aux militaires de Day of the Dead.
Film méconnu outre-Atlantique, Severed est une oeuvre de son temps qui fait la part belle à l’action, au romantisme et au gore sans oublier pour autant d’apporter une petite touche de réflexion humaniste. Rien d’innovant mais une œuvre solide, efficace et qui réussit le pari de nous faire peur…
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