Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Sixième épisode des aventures cauchemardesques de Freddy. Après avoir tué tous les enfants de sa ville natale, il cherche à aller dans un nouveau territoire pour y trouver de nouvelles proies...
Pas trop tôt. Freddy Krueger a fait son temps, le boogeyman ayant essuyé ses griffes avec plus ou moins de brio (souvent moins) sur tous les moutards de la rue des Ormes. Brûlé vivant, ramené dans le monde réel pour y être dézingué, aspergé à l’eau bénite, enterré dans un cimetière de voitures, éparpillé façon puzzle, le croque-mitaine au gant d’acier et à la main de velours n’aura eu de cesse, épisode après épisode, de revenir d’outre-tombe pour défier encore
et encore les lois de la vraisemblance. En théorie, parce qu’il est le maître des cauchemars, son invincibilité est évidente. Mais si les voies du saigneur sont impénétrables, celles qui régissent l’industrie américaine le sont nettement moins. Et les pontes de New Line, conscients du ralentissement qu’accuse leur poule aux œufs d’or, décident d’offrir à Krueger son ultime show, une apothéose façon Broadway.
Aux commandes de cet ultime navet en puissance, Rachel Talalay qui connaît bien la maison pour avoir co-produit les troisième et quatrième épisodes. A la fois fidèle au précédent épisode focalisé sur le passé du croque-mitaine et à l’esprit de la franchise dans son entièreté, La fin de Freddy opte pour un dénouement cohérent permettant à l’affreux Krueger de ne plus jamais se relever. Les noces funèbres de Krueger s’effectueront aux côtés de sa fille : la boucle ouverte par Craven qui abordait des thématiques telles que les peurs enfantines et la délicate transition entre l’adolescence et l’âge adulte est en passe d’être bouclée. De façon nette et définitive.
Séduisant sur la papier, le projet l’est nettement moins à l’écran. L’entreprise de Talalay, également scénariste, prend d’emblée du plomb dans l’aile en s’attardant une fois de trop sur les origines du vilain brûlé : des images parcellaires de sa vie sont ainsi fournies en pâture
aux spectateurs qui découvrent l’enfance tourmentée du croque-mitaine qui, pour effectuer le raccourci outrancier du scénario, reproduira dans sa vie d’adulte un schéma de violence inculqué dès son plus jeune âge par un père adepte du martinet. En guise de vengeance, Krueger se plie à l’outrance visuelle et sonore de mauvais goût pour chacune de ses exécutions : des "pump-up the volume" assénés par le doux-dingue à un jeune sourdingue aux aventures vidéoludiques façon Looney Tunes, le croque-mitaine n’épargne rien ni personne, agrémentant même chacune de ses exactions d’un rock alternatif confinant à la nausée.
Pour ne rien arranger, les dernières minutes de l’œuvre se parent de la technologie 3D, histoire d’en mettre plein les yeux à une assistance qui en a déjà plein les oreilles. Louable à l’origine, cet ultime cauchemar sonne comme des adieux ratés pour le boogeyman le plus plébiscité et vénéré des eighties. Celui-ci devra patienter encore quelques années avant que le retour providentiel de son géniteur ne lui permette de quitter le monde du septième art en grandes pompes...
Pas de news associées � ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
Donnez votre avis sur le film !