Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Dans une région sauvage et isolée du Royaume-Uni au XIXe siècle, le docteur Tompson appelle à l’aide son ancien professeur d’université Sir James Forbes. Une mystérieuse épidémie décime le village. Alice Tompson, une amie d’enfance de Sylvia, la fille de Forbes, est sa victime désignée. Le « squire » Hamilton et son escouade font en outre régner la peur et l’injustice sur les habitants…
Les films de zombies comptent à peu près cinq cents réalisations à ce jour, dispersées aux quatre coins du globe qui est sphérique (l’incohérence de cette expression me frappera toujours). Les Mexicains, les Argentins, les Espagnols, les Asiatiques, les Italiens, les Américains, les Français même se
sont lancés dans l’aventure. Lors de l’explosion cinématographique du genre en Angleterre sous l’égide de la Hammer, le thème eut droit lui aussi à quelques réalisations assez sympathiques.
L’invasion des morts-vivants de John Gilling en est de celles-là. Réalisateur renommé de la Hammer pour ses réalisations comme Dans les griffes de la momie ou encore La femme reptile, Gilling est représentatif de l’ensemble des productions hammeriennes, dotant son film d’un scénario extrêmement complet mais non complexe (signé ici par Peter Bryan) et réalisant un petit joyau d’horreur avec une âme baroque très présente.
Sans tomber dans les frasques d’une monstration dérangeante, Gilling retourne aux sources zombiesques introduites par le White zombie de Victor Halperin. Déplaçant quelque peu son intrigue (en Angleterre), Gilling renoue toutefois avec la conception vaudou du mythe des morts-vivants sans pour autant livrer un film plat au niveau horrifique comme pouvait l’être son modèle. L’invasion des morts-vivants mise sur la suggestion particulière mais brille également par la mise en scène ténébreuse et réaliste de certaines scènes monstratives comme le réveil des morts dans le cimetière, vision cauchemardesque. On sent ici et là les influences de l’œuvre d’Halperin comme ce travail de forcené auquel sont condamnés les zombies par le maître terrifiant qu’est John Carson. Une influence directe remaniée par le biais d’une intrigue totale et de scènes marquantes pour coller aux besoins plus générationnels du cinéma d’alors.
L’incroyable force du métrage, outre sa mise en scène et le jeu de ses acteurs, est incontestablement ce scénario qui semble alambiqué au départ mais qui va s’éclaircir au fil du temps. Un réseau fragmenté composé d’une pléiade de personnages et de sous-intrigues (la maladie des villageois, le
sort du médecin, la personnalité effacée d’Alice, l’omnipotence du seigneur Hamilton) qui vont toutes se rejoindre finalement dans un tuyau étriqué, leur permettant de communier et de récupérer toute l’attention du spectateur par le biais d’images fortes et de rappels constants.
L’invasion des morts-vivants est une excellente variation sur le thème des zombies qui, tout en restant dans l’esprit de la Hammer, s’en démarque assez bien par l’utilisation parfaite de sa couleur et sa violence graphique épatante.
Pas de news associées � ce film actuellement
/B_news>Ce site compte actuellement :
L’invasion des morts-vivants est un film de très bonne qualité, fidèle aux habitudes du studio. L’image est belle et les couleurs ressortent d’une manière propre à la Hammer. Un film qui ferait plaisir à n’importe quel fan d’horreur et de zombies.