Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
La découverte des corps atrocement mutilés de deux adolescents, victimes d'un tueur psychopathe, plonge une petite ville des Etats-Unis en état de choc. Et tandis que la presse, toujours avide de faits divers sanglants, investit les lieux, le shérif Burke et son adjoint, Dewey, interrogent les camarades de classe de l'une des victimes. Parmi eux, Sidney, dont la mère a été assassinée un an plus tôt. Le soir même, son père étant en voyage d'affaires, cette dernière se retrouve une fois encore seule chez elle. Une proie rêvée pour le tueur...
Par Dante
Raz-de-marée dans le milieu du film d’horreur dans les années 90, dans tous les sens du terme, Scream a fait beaucoup de bruit, bombardé film culte par certains, pompe à fric par d’autres, Craven aura au moins eu le mérite de faire encore parler de lui.
Il faut dire que Scream a fait couler beaucoup d’encre à sa sortie, derrière son pitch ultra simpliste et racoleur (un tueur terrorise un campus en tuant les jeunes demoiselles et leurs copains de façon
horrible), Craven ne semble vouloir faire aucun effort pour améliorer le concept ultra rôdé du slasher banal. Bien sûr nombre de personnes l’ont vu comme tel, tremblant dans les moments d’angoisse et sursautant à chaque apparition du tueur, en suivant, captivés, une enquête bateau. Bien entendu, ces gens-là ne connaissent pas Halloween et consort, et Craven s’offre de les éduquer, à grands coups de clins d’œil très appuyés (Halloween de Carpenter ponctue la scène finale) ou de dialogues les présentant (dès la première scène d’ailleurs). Scream est donc une illustration parfaite du film commercial, on en montre toujours un peu mais jamais trop, on ne penche jamais dans le malsain et on censure quand ça devient trop hot ou gore. Les acteurs quant à eux, sont piochés ici et là, icônes de la jeunesse télévisuelle, Neve Campbell, David Arquette, Courtney Cox. Et des inconnus très énervants, je pense à Matthew Lillard, imbuvable dans son rôle d’adolescent un peu cinglé.
Films pour adolescents ok, mais Scream est pourtant bien plus que cela, sinon son parcours n’aurait pas été aussi fulgurant. Car si les non initiés ont tremblé de peur devant ce film, les fans du genre aussi ont tremblé, mais pour d’autres raisons. Sous ses côtés funs et second degré, jouant des clins d’oeil comme on jongle avec des quilles, Craven ne sait pas trop où il va et hésite à donner à son film une étiquette précise. Premier ou second degré ? On ne sait pas vraiment. Mais au risque de passer pour un fanatique du genre, je dirais aucun des deux. Craven s’amuse à revisiter les codes du slasher qui avait fait les beaux jours du cinéma horrifique des années 80, accouchant de perles comme Halloween et d’un tas de série B qui avaient au moins le mérite d’être sincères et parfois vraiment funs. Mais ici Craven veut se démarquer de tous ces films old school, qui se prenaient au sérieux et veut y insuffler de la dérision (cf les combats entre le tueur et ses victimes, ridicules à l’extrême tant les cascades sont nulles, de même pour les poursuites qui tournent au ralenti, sans effet bien sûr). Les meurtres en sont aussi un parfait exemple. Dans un slasher, ils sont généralement le point d’orgue du film, le final d’un suspense intenable, et où l’on mise sur de la surenchère d’hémoglobine et de cri, mais ici ils se résument à quelques gouttes de sang versées et quelques plans hasardeux qui ne laissent pas voir grand-chose. Excepté la scène finale, légèrement dérangée, qui laisse enfin libre court à la violence qui hantait
le film.
Les acteurs eux-mêmes, sont les caricatures des slashers d’antan, de la scream queen (Drew Barrymore), à l’amazone (Neve Campbell), en passant par la copine sympa (Rose McGowan) et au geek allumé (Matthew Lillard), ils y sont tous, mais si peu travaillés que ce ne sont rien que des personnages sans profondeur.
Scream est donc un détournement des codes du genre du slasher qui, j’avoue, étaient stéréotypés et très stricts, mais qui avaient le mérite de se prendre au sérieux et de transpirer la sincérité. Scream est dénué de tout ça, film dénaturalisé, marchandisé, qui fait de l’horreur sans vraiment en avoir l’air de peur de choquer les bonnes mœurs. Il sonna le glas sur un genre prolifique en bandes cradingues et subversives, pour donner naissance au néo-slasher pour adolescents en quête de sueurs froides, je parle bien sûr des Souviens-toi …, des Urban Legend et consort.
Un film qui fait date dans le cinéma de genre mais pas vraiment pour les bonnes raisons.
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