Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu'il découvre à l'intérieur du véhicule, il n'a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer... Moss a déclenché une réaction en chaîne d'une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir...
Décidément ! Ce début d’année 2008 s’avère fructueux ! Après la quasi résurrection de Tim Burton avec Sweeney Todd, c’est
au tour des frères Joel et Ethan Coen de signer leur come-back, 4 ans après Ladykillers (et 2 ans après le sketch de Paris, Je t’aime), et pour l’occasion, revenir à un genre qui a fait leur renommée : le polar noir.
Il y a du Fargo et du Miller’s Crossing dans cette sombre histoire de poursuites. En chassant, Llewelyn (l’excellent Josh Brolin, qui revient en force également ces derniers temps) trouve malgré lui les cadavres de dealers mexicains, et une malette remplie de deux millions de dollars. Comme chacun ferait, et parce que Llewelyn n’est pas vraiment un saint, il embarque le fric, et voilà que 2 secondes plus tard, des tueurs sont à sa poursuite ! Des mexicains d’abord, et ensuite Anton Chigurh, un imposant psychopathe sans pitié, aussi résistant et impassible qu’un Terminator, incroyablement incarné par Javier Bardem, qui se balade toujours avec des armes dangereuses (comme une bonbonne d’air comprimé, voui voui...). Et se joint alors à ce jeu du chat et de la souris le toujours génial Tommy Lee Jones, sheriff vieillissant dont l’affaire va quelque peu bouleverser son univers.
Et voilà que durant deux heures nous suivons ce trio de personnages passionants, à travers le Texas et le Mexique, dans une atmosphère que
seul les Coen savent créer : un savoureux mélange entre la terreur (Bardem est un boogeyman, un vrai !), l’émotion, et l’humour noir. Tout ces élements aux services d’un objet de contemplation passionnant et éprouvant, un voyage tout en lenteur dans un paysage inconnu peuplés de marginaux, sur la musique envoûtante du fidèle Carter Burwell.
C’est ce que l’on appelle un chef-d’oeuvre, un vrai, et qui promet une nouvelle perception de l’univers des deux frêres, signant leur meilleur film depuis Barton Fink... Mais que nous reserveront-ils avec Burn After Reading ?
Chaque film des frères Coen est un évènement, c’est certain. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les frangins vont livrer à chaque fois un merveilleux ovni cinématographique ou un chef d’œuvre à ne rater sous aucun prétexte. Mais No country for old men a été suivi par une traînée d’éloges et par une présence en compétition au dernier festival de Cannes.
No country for old men était donc annoncé comme l’un de ces nouveaux bijoux des frères Coen. Un film fabriqué par deux hommes en forme, et c’est peu de le dire.
Drôlement violent et tranquillement rythmé, cette petite perle d’humour noir livre à la fois un joli spectacle et une belle morale. En effet, en plus d’être un divertissement de haute qualité, No country for old men délivre aussi un message sous-jacent. En surface, l’objet est beau et en plus il a du coffre.
Armé de quatre gueules (Javier Bardem, Josh Brolin, Tommy Lee Jones et Woody Harrelson), le film roule en plein désert sur la route de l’originalité et de l’excellence. L’ouverture est brillante et donne largement le ton. Au milieu de nulle part, perdu dans l’immensité du Texas, un homme, froid et méthodique, inhumain et machiavélique tue à l’aide d’une arme tout à fait spécial. Javier Bardem avec sa coupe de cheveux si ridicule ne fait pourtant pas rire. Ou plutôt, il provoque un rire froid à demi étouffé. Sans humour, sans chaleur, il s’impose toujours à celui qui croise sa route. Charismatique et inquiétant, il ne semble laisser aucune chance au pauvre quidam qui devient sa proie.
Josh Brolin joue un homme normal (comme vous et moi) qui voit l’opportunité de devenir riche. Trop sur de lui, de ses compétences et de son intelligence, il croit pouvoir tromper tout le monde et filer avec le magot. Une grossière erreur qui lui coûtera bien du sang. Son apparence d’homme dur n’amène jamais le spectateur à douter de lui. Mais le
danger se faisait toujours plus pressant, l’attachant qui lui est porté grandit. Il est notre héros.
Tommy Lee Jones, lui, même s’il n’apparaît qu’un temps limité à l’écran le crève littéralement. Il joue un rôle à contre-courant. Habitué à jouer les hommes forts et impitoyables. Il n’est pas ici le flic qu’on craint. Il est ce vieil officier dépasser par les évènements et par une époque qu’il ne comprend plus. Enraciné dans les traditions et les légendes de cette région désertique, il est hors jeu et baisse volontairement les bras. Enfin, Woody Harrelson nous offre une jolie composition d’un tueur qui, il faut le dire, pète plus haut que son cul. Avec son chapeau bien vissé sur la tête, sa tenue impeccable et son regard foudroyant, il est ce tueur trop confiant qui devrait apprendre à la fermer.
Avec cette pléiade de gueules, les frères Coen offre ce qu’on pourrait qualifier de road-movie, ou de courses poursuites. C’est bien simple, un homme trouve 2 millions de dollars dans une mallette et s’enfuit avec. Il est poursuivi par un terrible vilain qui veut récupérer le pognon. Tout tient dans les personnages, dans leur composition et leurs agissements.
Josh Brolin ne cesse de ruser pour s’en sortir et Javier Bardem (« l’étoile » du film), lui, incarne le personnage le plus coenien du film. Une véritable perle ! Il est l’humour noir du film. Sans attache et au look si original, il pourrait presque s’inscrire dans la légende.
Les dialogues sont fins et cocasses, les répliques de Bardem notamment, ou de Tommy Lee Jones avec son employé, sont savoureux. L’humour
des frères Coen est authentique et brille de mille éclats.
Les lieux de l’action sont superbes. Et l’on se rend compte que les frères Coen auront traversé les Etats-Unis en long et en large.
Avec No country for old men, les deux frères filment des hommes qui sont sûrs d’eux. Dans leurs vieilles terres qu’ils connaissent par cœur, ils se croient intouchables et plus fort que les autres. Ils pensent que la route qui s’ouvre devant eux ne leur présentera aucun obstacle. No country for old men vient bousculer cette certitude car tout change. Le film se fait le témoin d’une évolution. Une évolution déjà annoncée par son titre.
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