Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Après avoir été ressuscité, Freddy Krueger entreprend de décimer les jeunes survivants de ses précédentes attaques. Alors que ses amis succombent tous, un à un, sous les assauts répétés du croquemitaine, Kristen décide de s'embarquer dans une dangereuse mission : douée de pouvoirs télékinésiques, elle se doit de détruire le Maître des Rêves et libérer les âmes tourmentées de ses victimes...
"Hollywood, ton univers impitoya-a-ble." Entonnée à l’unisson par des meutes de jeunes cinéastes migrants venus se casser les dents à StarStruck Town, la mélodie pourrait presque passer pour une rengaine des plus barbante. Le Finlandais Renny Harlin, déjà signataire d’un film américain avec Prison, découvre sur le quatrième opus de la franchise d’A nightmare on Elm street tous les rouages de l’industrialisation cinématographique ricaine. Entrée en fonction en février, bouclage dans les mois qui suivent pour une sortie fixée au mois d’août. Soit une demi-année pour réaliser l’une des suites les plus attendues érigée à partir de
bouts d’un écheveau de ficelles scénaristiques élimées émanant d’une kyrielle de scripteurs différents. Un premier jet de Brian Helgeland sera bientôt rejoint par des versions de William Kotzwinkle et des frères Wheat (non-crédités) enrôlés sur le tard et contraints de bosser dans l’ombre depuis que la grève des scénaristes sévit à Hollywood. Pour démêler le tout, Harlin apporte sa propre vision et storyboarde à l’emporte-pièces des séquences au mieux grossièrement détaillées, au pire esquissées sur un coin de table pendant une pause déjeuner.
De cette genèse chaotique découle une œuvre bancale et lacunaire. La traduction sur une heure et demie de la tournure blockbusterienne que prend la saga depuis l’original de Wes Craven. La créativité est désormais mise en berne au profit de la pure et simple accumulation de biftons. Sacrifiée sur l’autel du merchandising, la parure artistique n’existe ici que grâce à l’inventivité fofolle du Finlandais engagé au seul motif (dixit le producteur Bob Shaye) qu’il semble suffisamment bâti pour résister à un planning de
tournage intensif. Résultat : le show de Freddy Krueger se transforme en hallebardes d’effets spéciaux prosthétiques mi-cartoonesques (la pizza géante composée de têtes de ses victimes, le gavage de la top model) mi-effrayantes (la mutation en cafard) tous marqués par la griffe du croque-mitaine qui prend son panard dans ce one-man show géant, comme l’illustrent ces multiples répliques pataudes ("Bienvenue au pays des merveilles, Alice") qui désacralisent encore un peu davantage ce monstre mythique miné par la coolitude dont l’affublent ses paternels successifs.
Episode le plus lucratif de la série avant la clôture signée par Wes Craven, Freddy 4 n’usurpe pas son titre français. Cauchemardesque, la bande se transforme, sitôt les survivants du troisième opus expédiés ad patres, en une pantalonnade souvent excessive (voire les multiples tentatives avortées du couple de héros de sauver leur pote Debbie). S’embourbant dans les marais du précédent épisode (le pouvoir de convier les autres dans ses rêves est confié à Alice qui devient le passeur de cauchemars) et négligeant l’esprit "épouvante" de la franchise, le film d’Harlin ne brille au final que par les effets spéciaux et maquillages surréels mis en place par John Carl Buechler et Howard Berger qui donnent un certain cachet à des rêveries souvent trop fantaisistes.
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